Qui s’ouvrit alors que j’étais toute proche. Le vieil homme était là. Il me demanda d’entrer, qu’on ne devait surtout pas savoir qu’il squattait ce logement de fortune. J’aurais pu me méfier mais quelque chose me disait que je pouvais lui faire confiance. Il me demanda avant de ne rien dire à personne. Et il m’expliqua pourquoi. Il se présenta tout d’abord. Henri. Après un long silence, il m’avoua qu’il était le père de Jean-Marc, et donc le mari disparu de Viviane. J’étais stupéfaite de cet aveu. Puisqu’il était revenu, pourquoi n’allait-il pas voir Viviane pour lui demander pardon ? Il me raconta alors une partie de sa vie. Il était tombé, petit à petit, dans l’enfer du jeu. Dépensant tout ce qu’il gagnait, prêt à tout tenter pour essayer de se refaire. Un tourbillon sans fin qui vous entraîne dans les bas-fonds de la ville. Il y a toujours un prêteur sur gage, prêt à parier sur vous. Il avait perdu tout ce qu’il possédait. On lui avait même proposé de mettre sa femme sur le tapis. Il avait refusé, évidemment. Et c’est en voyant que son fils prenait le même chemin que lui qu’il a réagi. Il a essayé de le détourner des tables de jeu, quelles qu’elles soient. Sans grand succès. Il a dû abandonner, une fois de plus. Il avait tout perdu. Sa vie était détruite et il entraînait son fils dans sa chute. C’était insoutenable pour lui. Alors, il a fui. Lâchement. Il est parti sur les routes, sans but précis, juste s’éloigner des personnes qu’il aimait le plus pour les protéger de sa mauvaise influence. Son plan avait marché, enfin presque.
Il avait parcouru les routes de France avant de revenir en ville. Méconnaissable. Il avait tout perdu, principalement sa passion pour le jeu. Quel qu’il soit. Il souhaitait revoir sa famille, savoir s’ils s’en sortaient bien sans lui. Il était repassé devant le casino, bien sûr. Il avait perdu toute envie d’y entrer à nouveau. De toute façon, on ne l’aurait certainement pas laissé entrer dans sa façon qu’il était habillé. Une chose l’avait profondément choqué. Voir son fils ressortir du casino, les poches vides. Tout, dans sa façon de marcher, exprimait son grand désarroi d’avoir, une nouvelle fois, tout perdu. C’est uniquement pour parler avec son fils qu’il était resté à traîner près de la maison. J’ai assisté, de loin, à la rencontre entre le père et le fils. J’ai vu l’air effaré de Jean-Marc lorsqu’il a compris que c’était son père qui était devant lui. Henri avait voulu lui porter un grand coup. Pour ce que j’en sais, cela a plutôt bien marché. Il ne se rend plus au casino, et il a repris sa vie en mains. J’appris de sa bouche même que c’était Jean-Marc lui-même qui lui avait donné la clé de la porte des lilas. Pour qu’il puisse trouver refuge dans cette dépendance, oubliée de tous. Il restera là jusqu’à ce que son fils revienne, pour qu’il soit enfin rassuré sur son avenir. Je lui demandais alors pourquoi, lui, il ne faisait pas comme son fils pour apprendre un nouveau métier. Il se chercha des excuses, évidemment, mais aucune d’elles n’était vraiment convaincante. L’âge n’était pas une excuse et tout le monde peut reprendre sa vie en mains, s’il le souhaite vraiment. Il me regarda bizarrement, presque convaincu que je pouvais avoir raison. Moi, une jeune fille de 15 ans. Presque 15.
Je regagnais la maison pour m’occuper d’Augustin, puisque j’étais là pour ça, principalement. Je l’ai habillé, après sa toilette, et je suis allée le promener dans ce même parc. Pauline et Viviane prenaient leur douche. Ensemble ? Henri fut évidemment très heureux de pouvoir revoir son petit-fils, de très près. Et même le toucher. Il était pourtant pressé de repartir. Il avait reçu un appel de Jean-Marc et il devait se rendre à la mairie de la commune. Ce matin. Augustin semblait émerveillé par la cime des arbres, que l’on devinait, là-haut dans le ciel. Pauline était prête à rentrer chez elle pour retrouver son mari. Je ne parlais à personne de ma rencontre avec Henri. J’aidais Viviane à la cuisine, tout en préparant le biberon de son petit-fils. Celui-ci avait très faim, je le voyais à sa façon de gigoter. Mais lorsque je lui proposais la tétine du biberon, il la refusa. C’était bien sûr le sein de sa mère qu’il désirait. Mais elle n’était plus là. J’eus alors une idée un peu saugrenue. Nous n’étions que tous les trois dans la maison, alors je dégageais mon sein pour le lui offrir. Il sauta immédiatement sur l’occasion. Il tétait ce qu’il pouvait mais rien ne sortait, évidemment. J’approchais doucement le biberon, collant les deux tétines l’une contre l’autre. Il trouva enfin la nourriture dont il avait besoin. Viviane me regardait, attendrie. Et sûrement que des idées lui venaient en tête en voyant de nouveau ma grosse poitrine exposée. Nous avons mangé léger afin de pouvoir aller sur la plage le plus tôt possible. Avec Augustin. J’avais pris l’habitude de le porter contre moi, à l’aide du porte-bébé. Ce jour-là, Augustin s’endormit sur moi, la tête entre mes seins.
Nous avons posé nos affaires près de la buvette, sur un transat, et nous avons continué à nous promener sur la plage, jusqu’au réveil de l’enfant. De retour à notre emplacement, je protégeais la peau nue du bébé, puis la mienne. J’avais ôté mon tee-shirt. Viviane avait enlevé son paréo. Elle ôta son haut de maillot en même temps que moi. Je reprenais Augustin dans mes bras et nous sommes allées dans l’eau. Elle était super bonne, à la bonne température. Augustin était très heureux de batifoler dans l’eau, même si je ne le lâchais pas. Viviane avait emmené son téléphone portable pour prendre des vidéos de son petit-fils, découvrant les plaisirs de la mer. J’ai pu voir les vidéos, avant qu’elle ne les envoie à Pauline. On y voyait bien Augustin, mais on voyait aussi ma grosse poitrine dénudée.