La Comtesse d’Orgemont deux (04/10)

Et c’est dans mon cul qu’il s’est vidé pour la première fois. J’étais comblée, vous l’imaginez bien, Joël l’était aussi, semble-t-il. Mais même Christiane paraissait prête à renouveler l’expérience, sans se cacher. Elle voyait parfaitement à quel point son mari était satisfait de cette expérience. Une seule petite ombre à ce tableau idyllique.

La porte de la chambre était de nouveau entrouverte mais personne, à part moi, ne sembla s’en préoccuper. Ludivine, la fille cadette de Christiane et Joël, vint nous rejoindre au moment où nous passions à table. Vu qu’elle était la seule autre personne présente dans la maison, j’étais persuadée que c’était elle que j’avais aperçue une première fois, derrière la porte. Et qu’elle nous avait vus également pendant la partie à trois.

Elle ne laissa rien paraitre mais j’ai surpris des reflets bizarres dans ses yeux à diverses reprises. Ce n’est qu’en montant dans le 4X4 de Joël, qui avait proposé de me raccompagner chez moi, que je trouvais un petit mot dans la poche de mon manteau. Celui-ci disait.

« J’ai tout vu ».

Accompagné d’un numéro de téléphone portable. Je ne pouvais tout de même pas en parler à Joël, qui était là près de moi. Il me semblait que je devais d’abord attendre et savoir ce qu’elle voulait. Il était clair qu’elle souhaitait me parler, à moi et pas à ses parents. Voilà pourquoi elle avait inscrit son numéro de téléphone.

Avant que je ne descende de voiture, il glissa sa main inquisitrice entre mes cuisses. Il savait très bien que j’étais nue dessous. J’avais pris une douche chez eux et je n’avais pas retrouvé ma culotte. Ou plutôt si, je l’ai aperçue entre les doigts de Joël. Qui, bien évidemment, n’a pas voulu me la rendre avant de partir. Il avait sans doute espéré que nous ne soyons que nous trois à table pour continuer à jouer avec mon corps.

L’arrivée de Ludivine avait chamboulé tous ses plans. Tant mieux pour moi. Mais cela n’avait pas arrêter ses ardeurs. Si j’avais été dans sa situation, j’en aurais fait de même. Il me caressa longuement, cessant dès que j’étais prête à jouir, pour recommencer presque aussitôt. Il m’a finalement laissée jouir entre ses doigts qu’il a léché ensuite.

Rentrée enfin chez moi, je repensais au petit mot de Ludivine. Devais-je la rappeler maintenant ? Ou bien attendre demain ? Je me souvenais soudain d’une phrase de mon père : « Il faut battre le fer quand il est encore chaud ». Je me décidais donc à l’appeler. Je tombais sur sa messagerie. Je ne laissais pas de message car je préférais rappeler dix minutes plus tard. Là seulement, j’aurais laissé un message vocal pour m’identifier.

Mais, surprise, elle répondit dès la seconde sonnerie. Elle venait de quitter le salon où étaient ses parents et était maintenant dans sa chambre. Elle me dit simplement qu’elle voulait me parler, de ce qu’elle avait vu, entendu. Je lui répondis que j’étais tout à fait disposée à la rencontrer, où elle voulait. Elle me donna rendez-vous dans un bar, le Murphy’s. Je connaissais déjà ce bar, pour y avoir passé quelques soirées en compagnie d’autres étudiants.

J’arrivais bien avant l’heure du rendez-vous fixé, pour m’imprégner de nouveau de cette ambiance festive et conviviale. Je m’étais placée dans un coin de la grande salle, ayant un œil sur la porte d’entrée. Je la vis arriver, me chercher du regard immédiatement. La voilà qui se dirige enfin vers moi d’un pas décidé. Il me semblait à cet instant que je voyais sa mère, en plus jeune évidemment. Cette façon d’être, dominatrice, conquérante.

En y réfléchissant bien, c’était le cas de toute la famille. Léandre le premier qui avait osé glisser sa main sous ma robe, sans que je ne dise quoi que ce soit. Sa mère ensuite, après nous avoir surpris, qui a profité elle aussi de la situation. Et Joël, le père, à qui j’avais dû faire une fellation, avant qu’il ne me surprenne dans le lit avec sa femme.

Elle prit place près de moi, commanda une pression et attendit d’être servie pour commencer à me parler. Au-dessus de nos têtes, le haut-parleur diffusait de la musique. Ajoutez à cela le brouhaha des conversations, elle dut se coller à moi pour que je puisse la comprendre. Avec beaucoup d’assurance, elle me demanda qui avait commencé à draguer l’autre, entre sa mère et moi.

Je ne souhaitais pas entrer dans les détails et je fis semblant de n’avoir pas compris. J’approchais mon oreille plus près, tout en posant ma main sur sa cuisse, juste à la limite de sa minijupe. Elle avait du coup beaucoup moins d’assurance lorsqu’elle tenta de me reposer la même question. Ma main glissait sous sa jupe, elle n’était plus qu’à quelques millimètres de son intimité.

Elle restait sans voix, incapable d’articuler. Cette fois, c’est moi qui me penchais vers son oreille pour lui murmurer.

« Personne ne nous voit, personne ne nous entend. Nous sommes seules au monde ».

Elle posa sa tête sur mon épaule et se laissa doigter. Elle avait desserré ses cuisses pour me laisser le champ libre mais elle les resserra lorsque l’orgasme arriva. Elle s’abandonna totalement à son plaisir. Elle avait perdu de sa superbe, elle, si sûre d’elle en entrant dans ce bar, était redevenue une petite fille qui avait besoin d’attentions, de protection. De câlins aussi.

Je n’avais sans doute pas vraiment répondu à sa question. Mais était-ce véritablement le fond du problème ? Je continuais à la serrer dans mes bras en tentant de lui expliquer ce qui lui arrivait. Ce qui arrivait à de nombreuses femmes. Elle se découvrait à elle-même et ce n’était que craintes pour le futur. Elle avait peur de ce qu’elle avait découvert, même si elle n’avait encore aucune certitude. Mais son attirance pour les femmes grandissait depuis déjà pas mal de temps. Là était sa crainte.

Le jugement des autres.

Elle ne voulait nullement être cataloguée. Elle ignorait totalement comment ses amies étudiantes allait prendre cette nouvelle, si cela était su. J’essayais habilement de la rassurer. Pourrait-elle rester amie avec une personne raciste, racontant sans arrêt des blagues racistes ? Et se comportant de la même manière avec des personnes d’Afrique, ou d’extrême Orient ? Pourrait-elle rester amie avec une personne qui maltraite les animaux, et qui s’en vante allègrement ?

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