L’hôte principal, elle ne pouvait l’éviter, puisqu’elle était très souvent la plus jeune des femmes présentes. Et elle était très entourée, en général. Elle voyait bien que son mari fulminait dans son coin, lorsqu’il avait été éloigné de son épouse. Elle était très belle, elle était très jeune. Elle était évidemment la plus courtisée. Alice avait été élevée dans le respect de ses parents et de la parole donnée. Puisqu’elle était mariée, elle serait fidèle. Par moments, les invitations se faisaient plus rares, Alice n’en était même pas mécontente, elle n’avait plus à feindre et à faire attention à tout ce qu’elle disait, à tout ce qu’elle faisait. Les sorties reprirent lentement, mais ils n’allaient plus chez certaines personnes, pourtant en vue dans le canton. La plupart des soirées se déroulaient chez le notaire, Maître Aubert. C’était un vieux monsieur très gentil, très affable. Sa femme aussi était vraiment sympathique et elle aimait beaucoup parler avec le mari d’Alice. Ce qui laissait souvent la jeune femme seule avec le notaire. C’était un homme sûr de lui, de sa prestance, de son pouvoir. Il n’hésitait pas à féliciter Alice sur sa tenue, sa beauté. Alice aimait les compliments, évidemment, et elle était troublée par la voix suave de son interlocuteur. Mais elle gardait une tenue correcte, genoux serrés, ses mains posées dessus. Elle regardait souvent son époux, espérant qu’il vienne la délivrer de ce tourbillon dans lequel elle était entraînée bien malgré elle. Mais lui, il était de plus en plus fasciné par le décolleté de Mme Aubert. Et je pense qu’elle jouait à le séduire. Sachant qu’il n’oserait jamais la toucher.
Au fil des soirées passées chez eux, Alice voyait à quel point ce couple pouvait jouer de perversité. Madame attirait l’homme, le gardant sous pression, tandis que Monsieur tentait désespérément de séduire la jeune femme. Il avait déjà plusieurs fois posé ses mains sur les siennes. Il les avait caressées très tendrement. Puis, il avait tenté les genoux, qu’il essayait de forcer, gentiment. Alice résistait toujours. Un soir, il y a seulement quelques semaines, il l’a entraînée vers le balcon. La porte-fenêtre était ouverte et elle pouvait apercevoir son mari sur le canapé. Elle tentait vainement de capter son attention. Elle n’a pas réagi immédiatement lorsque Maître Aubert a posé sa main dans son dos. C’était un geste amical, au début. Il était placé légèrement sur le côté, si bien que personne ne pouvait deviner ce que sa main pouvait faire. La main glissa d’une hanche à l’autre. Alice savait qu’elle était piégée. Mais, en même temps, elle avait très envie de voir jusqu’où il pourrait aller. Et puis, c’est toujours agréable de se sentir aimée, désirée. Il avait trouvé le rebord de sa culotte, preuve qu’elle en avait bien une. Elle tenta tout de même un geste pour se dégager. Il mit son autre main sur le ventre, alors elle recula aussitôt. Derrière, la main était désormais sur ses fesses qu’elle caressait tendrement. Alice n’était pas vraiment inquiète, elle portait une robe suffisamment longue pour qu’il ne puisse passer sa main dessous. Mais il ne se gênait plus pour peloter ses fesses, maintenant qu’elle avait accepté. Il passa sa main entre ses fesses, faisant entrer le tissu entre les deux globes. Quand la main, devant son ventre, s’approchait trop près, elle se reculait, lui offrant encore plus sa croupe appétissante. Il lui demanda, ordonna serait plus juste, de le regarder, droit dans les yeux, pendant qu’il continuait à la peloter. Son regard chavirait, elle était au bord de l’orgasme, enfin presque. Il lui aurait suffi d’insister un peu et elle jouissait devant lui. Il la raccompagna jusqu’au canapé, gardant en permanence sa main plaquée sur ses fesses et, au moment de se rasseoir, il lui dit.
« Je sens que nous allons faire de grandes choses, vous et moi. Vous ne pensez pas ? »
Inutile de répondre à cela, il savait qu’il avait gagné et que, lors d’un prochain dîner, il réussirait à la faire aller plus loin. Et c’est évidemment ce qui arriva lors des dîners qui suivirent. Mais nous y reviendrons plus en détail ultérieurement. Alice, la jeune fille que Catherine avait connue il y a six ans, avait toujours été gaie et très enjouée. Son entrée « brutale » dans le monde des adultes l’avait poussée à beaucoup plus de modération dans ses gestes, dans ses paroles et même dans ses pensées. Toute sa vie était désormais consacrée au bien-être de l’homme qu’elle avait choisi d’épouser. Elle avait fait ce choix en pleine conscience, pour le bonheur de sa famille, ses parents et ses frères et sœurs. Elle n’avait évidemment pas eu la possibilité d’analyser toutes les conséquences de sa décision. Quatre années avaient passé et elle était devenue effacée, presque invisible derrière son mari. Et là, avec Catherine assise près d’elle sur ce même canapé, elle redevenait la jeune fille exubérante qu’elle avait été. Catherine l’écoutait, attentivement. Elle la regardait comme il y a six ans, lorsque souvent elle restait dîner chez eux. Catherine remarqua soudain un changement. Elle la fixa intensément avant de comprendre. Alice s’était changée, elle portait une jupe et un corsage. En y regardant de plus près, Catherine fut persuadée qu’elle ne portait pas de soutien-gorge sous son corsage. Quand Alice bougeait, sa poitrine dansait librement sous le tissu. Sans réellement s’en apercevoir, Catherine se mit à fixer cette partie de ce corps qu’elle convoitait. Elle écoutait toujours sa voisine, mais d’une oreille bien plus distraite. Elle ne comprit pas immédiatement la question que la jeune femme venait de lui poser. Elle la regarda enfin, sans savoir ce qu’elle devait répondre. Alice savait et elle n’hésita pas à reformuler sa demande.
« Tu veux les voir ? »
Catherine avait entendu, mais elle ne comprenait pas, elle ne voulait pas comprendre. Elle qui était persuadée avoir été discrète, elle se retrouvait prise à son propre jeu. Sans réponse de sa part, Alice commença à déboutonner son corsage, en débutant par le bas. Catherine observait attentivement les petits doigts agiles qui s’apprêtaient à lui révéler un tableau irréel. D’abord le ventre, par intermittence. Alice arriva au dernier bouton sans avoir écarté les deux pans de son corsage.
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