Clara, Maîtresse diabolique (28/28)

Et, tout ça, dans un silence total. Presque inquiétant. Terriblement angoissant. Une sorcière, toute de noir vêtue, et sa « victime », nue, immobilisée. Impuissante. Mais comblée. La séance de domination ultime pouvait débuter. Dehors, en plein soleil, une volée de jeunes enfants sortait en piaillant joyeusement, prêts à retourner près de l’étang pour patauger gaiement dans l’eau. Encadrés par les adultes, tout ce petit monde se retrouva sur la plage, puis dans l’eau. La joie et la bonne humeur régnait sur cette toute partie du monde. Marguerite était différente. Quelque chose avait changé en elle, dans sa façon d’être, de penser. Et dans son comportement vis-à-vis des autres. Elle qui n’était plus jamais retournée se baigner, depuis la noyade de son fils, trouva la force et le courage de s’approcher du bord de l’eau. Elle avança prudemment, l’eau lui arrivait au niveau des mollets. Mis à part Jocelyn, personne ne savait que c’était une grande première, depuis bien des années. Mis à part la délivrance de Charline, qu’elle avait dû sauver des griffes de deux petites pestes, jamais elle n’était revenue se baigner dans le « lac » qui lui avait pris son fils bien-aimé. À un moment, son pied dut se poser sur une pierre et elle faillit trébucher. Bastien se rapprocha d’elle pour l’aider, la soutenir. Il lui tendit sa main que Marguerite saisit comme une branche salvatrice. Elle ne voulait plus la lâcher et ils arrivèrent au point où Marguerite avait de l’eau jusqu’à la taille, juste en dessous de sa poitrine. Elle tenait toujours la main de Bastien lorsqu’elle osa, enfin, mettre sa tête, et tout son corps, sous l’eau. Quand elle émergea de l’eau, son regard avait changé. Bastien tenta vainement de récupérer sa main, mais Marguerite la garda près de son corps. Elle se confia alors au jeune homme.

« Bastien. Pouvez-vous rester quelques instants auprès de moi. Je dois vous parler. Vous expliquer ce que j’attends de vous, si vous le voulez bien.  »

Il ne bougeait plus, portant un regard attendri sur cette femme qui semblait bien plus fragile qu’il n’y paraissait auparavant.

« Comme vous le savez déjà, c’est ici, dans cet étang que mon fils s’est noyé, il y a presque dix ans. Depuis ce drame, je n’ai jamais pu revenir me baigner ici. Aujourd’hui, c’est une grande première.  »

« Dans quelques jours, il y aura une messe, en la mémoire de mon fils disparu. J’aimerais que vous soyez auprès de moi, durant cette cérémonie. Ce que vous ne savez sans doute pas, c’est que mon fils aurait sensiblement votre âge, s’il avait vécu. Votre présence auprès de moi me sera d’un très grand secours.  »

« Vous acceptez ?  »

Marguerite avait lâché la main de Bastien. Il était libre et il lui répondit que, évidemment, il acceptait de l’accompagner dans ce moment difficile. Marguerite se rapprocha de lui, posant une main sur le torse du jeune homme. Elle l’embrassa tendrement sur la joue pour le remercier de son soutien. Mais Marguerite n’avait pas oublié ce qu’elle lui avait demandé, il y a peu de temps. Sa main glissa du torse vers l’entrejambe du garçon. Il resta inerte, incapable de réagir. Il savait ce qu’elle voulait. Il n’était pas contre, surtout que personne ne pouvait voir ce qui se passait sous la surface de l’eau. Contrairement à la dernière fois, où ses doigts s’étaient contentés de caresser son sexe à travers le tissu, la main pénétra sous le maillot de bain pour saisir le sexe bandé du jeune homme. Marguerite lui rappela.

« Et n’oubliez pas que vous devrez aussi me présenter ce que je tiens dans ma main. Vous êtes toujours d’accord ?  »

Comment voulez-vous répondre non à une telle invitation ? Elle laissa le jeune homme repartir vers les enfants qui l’attendaient pour jouer. Il fit très attention de rester dans l’eau, bien au-dessus de la taille, pour cacher si possible sa queue bien dure. Marguerite resta seule un moment, nagea quelques brasses avant de revenir là où elle avait pied. Jocelyn surveillait la plage de loin, il restait le plus souvent sur la terre ferme, prêt à intervenir à la première occasion. C’était heureusement très rare qu’on ait besoin de lui, pour cette raison. Il avait suivi la progression de Marguerite dans l’eau. Elle était évidemment de dos et Bastien était à ses côtés pour l’assister. Il n’avait pas vraiment compris ce qui s’était passé après, quand ils étaient tout proches, tous les deux. Il surveilla attentivement la femme qui nageait plutôt bien. Il savait, lui, que cela faisait très longtemps que cela n’était plus arrivé. Et, comme s’il s’y attendait, Marguerite leva les bras vers lui. Après plusieurs années, elle n’avait plus vraiment la force de revenir en lieu sûr. Elle n’avait pas crié, pour ne pas alerter les enfants. Elle n’était pas vraiment en grand danger, mais elle avait besoin d’être secourue. Jocelyn se leva et il entra dans l’eau sans se précipiter. Il gardait les yeux vers son objectif, Marguerite. Plus il s’approchait, plus ses yeux se portaient sur la poitrine de la femme mûre. Il était enfin tout près d’elle. Il passa son bras derrière son dos et il l’agrippa solidement. Ensemble, ils parcoururent les quelques mètres jusqu’à la terre ferme. Il resta très près d’elle jusqu’à son transat. Sa main était positionnée juste dessous le sein droit de Marguerite. Lorsqu’elle voulut s’asseoir, elle fit un mouvement involontaire et les doigts de Jocelyn emprisonnèrent son sein, juste quelques secondes. Instant magique pour lui qui en rêvait depuis des années. La femme inaccessible venait de montrer une faille. Marguerite ne fit aucune remarque, aucun reproche. En prenant place sur son transat, elle se trouvait juste à la bonne hauteur pour voir les effets que ce simple attouchement avait provoqué chez l’homme. Elle pouvait distinguer nettement le sexe qui se développait sous le tissu, heureusement extensible, de son maillot de bain. Le genre de maillot très moulant, pour un homme. Vous pouvez désormais comprendre son léger désarroi en voyant ce qu’elle avait provoqué, bien involontairement. Elle prit ses lunettes de soleil, pour cacher ses yeux, mais elle observait toujours cette protubérance qui l’impressionnait. Lui, il retourna à son poste d’observation. Serein.