Et pan ! (11/17)

Alban devenait un spécialiste en la matière. Il repérait ce qui faisait frémir son partenaire, ce qui le faisait débander. Quand il n’était pas très attentif et que ses dents frottaient sur le sexe, par exemple. Il savait aussi quand il pouvait accélérer, et quand il devait laisser la pression retomber. Pour que cela dure plus longtemps. Lorsqu’ils avaient le temps. Seuls, dans les vestiaires, ils avaient tout le temps qu’ils voulaient. Alban le savait et il en profita exagérément. Soudain, David repoussa le jeune homme en arrière. Il passa une serviette autour de sa taille avant de se précipiter vers la porte du vestiaire. Il avait entendu les pas du gardien et le bruit du trousseau de clés qu’il portait toujours à la taille. Lorsque celui-ci ouvrit la porte, il se trouva nez-à-nez avec David. Il maintint la porte juste entrouverte pour signaler au gardien qu’il avait presque fini et qu’il le préviendrait dès son départ. David referma la porte, rassuré. Alban s’était approché et il tira sur la serviette qui protégeait le bas-ventre de David. À genoux devant son maitre de stage, il reprit sa fellation là où il l’avait interrompue et il ne s’arrêta que lorsque David lui offrit enfin sa semence. Celui-ci avait le dos plaqué contre la porte, car ses jambes avaient du mal à le porter, après cet ultime orgasme. Plus cette aventure se prolongeait, plus grand était le plaisir à chaque fois. Il se demanda une nouvelle fois jusqu’où cela pourrait aller. Sans pouvoir évidemment répondre à cette question fondamentale. Ils se rhabillèrent très vite après cela, afin de ne pas alerter le gardien. Alban repartit en vélo. Il passait le portail au moment où David prévenait le gardien. Et, heureusement, il ne vit que David. Chacun rentra chez soi, avec la perspective de se revoir seulement quelques heures plus tard. Pour cette nouvelle journée, David avait prévu le chantier le plus éloigné, mais avec la certitude de faire l’aller-retour dans la journée.

Et cette journée commençait parfaitement bien avec un beau soleil d’automne. Dès que cela fut possible, à l’abri des regards, Alban reposait systématiquement sa main sur la cuisse de David, très près de la bosse qui se développait doucement. David était déjà impatient qu’arrive l’heure du déjeuner, et ce qui se passait généralement juste après. Malheureusement pour les deux compères, ce qui débutait comme une journée idyllique se transforma rapidement en un véritable cauchemar. Dès en arrivant sur le chantier, David remarqua immédiatement que les principales règles de sécurité n’étaient pas respectées. Alors qu’il mettait un point d’honneur à ce qu’elles le soient. Il remarqua aussi très vite que la plupart des ouvriers étaient des émigrés qui ne semblaient même pas parler correctement le français. Il y avait évidemment une personne qui faisait la traduction mais David soupçonna que tous n’étaient pas en situation régulière. Seconde règle que le chef de chantier se devait de respecter. David fut obligé de le menacer de fermer lui-même le chantier si les sans-papiers n’étaient pas renvoyés chez eux. Si l’inspection du travail avait fait une visite surprise, le chantier aurait été arrêté pour plusieurs mois, avec amendes à la clef. Il était presque onze heures lorsque David put enfin se mettre au travail, véritablement, et commencer à consulter les plans de l’ouvrage. Il lui fallut moins de quinze minutes pour déceler plusieurs anomalies. Qui mettaient en danger la structure même de l’ouvrage. Vu que la plupart des ouvriers avaient quitté le site, David exigea que tous les autres en fassent de même. Il ne lui faudrait pas moins de toute l’après-midi pour tout contrôler. Et ce sera bien plus aisé sans personne sur le site. Il prévint les responsables qu’il serait là le lendemain matin pour ouvrir, ou non, le chantier. Certains chefs d’équipe et artisans, qui avaient déjà travaillé avec lui sur d’autres chantiers, se firent la réflexion que, jamais, ils ne l’avaient vu énervé comme ça. Il était presque midi et le chantier se vida presque entièrement. Seuls restaient quelques ouvriers qui nettoyaient leurs outils. David était vraiment trop sur les nerfs pour réfléchir convenablement. Il décida de quitter la cabane de chantier et il emmena Alban au restaurant.

Une fois assis, il commença à se calmer. Il téléphona à son entreprise pour faire les signalements qui s’imposaient. Puis, il appela sa femme pour la prévenir qu’il ne rentrerait pas le soir. C’était très rare mais cela arrivait parfois. Il demanda à son jeune alternant d’en faire de même avec sa maman, qu’elle ne s’inquiète pas de ne pas le voir revenir. Il lui précisa qu’il n’avait aucune crainte à avoir, tout serait pris en charge intégralement. Par contre, il lui fallait l’autorisation de la maman pour ce dépassement d’horaire. Alban parvint à discuter avec sa maman, Anita, qui accepta évidemment. Elle le savait avec David et cela la rassurait amplement. Alban passa son téléphone à David pour avoir cette confirmation de vive voix. Au moment de payer l’addition, David réserva une chambre pour la nuit. Il avait demandé deux chambres mais l’hôtel était complet. Il ne restait qu’une seule chambre avec un grand lit. En plaisantant, le patron lui fit remarquer qu’il pouvait bien dormir dans le même lit que son « fiston ». Il avait dit cela de son air le plus jovial et David accepta. Il n’avait pas envie de courir après un autre hôtel. Ce n’est que plus tard, en retournant vers le véhicule qu’il se rendit compte véritablement de la situation. Il allait dormir avec Alban. Dans la même chambre. Dans le même lit. Il allait partager la même salle de bain. Il n’avait jamais pensé que cela pourrait arriver. Et il n’avait rien fait pour se retrouver dans cette situation. Maintenant, il allait devoir assumer ses choix. Affirmer ses envies. Il tourna la tête vers Alban qui, lui aussi, avait compris la situation. Il avait déjà son regard suppliant, que David reconnaissait bien. Il n’osait pas demander, mais ses yeux parlaient pour lui. Il avait vu comment David était contrarié après les événements sur le chantier. Il l’avait vu énervé pour la première fois.