Tous, ils se retrouvèrent dans la grande salle commune, garçons et filles réunis, pour des jeux de société. Pour la plupart des garçons, c’était le football qui les intéressait et c’est dehors qu’ils demandèrent à aller. Marguerite accéda à leur demande et c’est Bastien qui les accompagna. Jocelyn resta à l’intérieur avec les plus jeunes des garçons qui préféraient rester au calme. Charline resta avec la plus grande partie des fillettes, juste deux ou trois avaient envie de sortir. Clara et Flora étaient évidemment de celles-là. Les jeux de société, ce n’était pas vraiment à leur goût. Clara s’est découvert une véritable passion pour la domination, depuis quelques temps. Ce qui était relativement simple avec ses camarades de classe serait bien sûr moins aisé sur des adultes. Luana avait été sa première victoire. Elle aspirait à d’autres combats, maintenant. Flora lui était soumise, et dévouée. Grâce à elle, elle avait commencé à prendre un certain ascendant sur Tonton Robert. Et, aujourd’hui, c’est Bastien qu’elle voulait tester. Elle s’arrangeait toujours pour être très près de lui, pour le toucher, le frôler par inadvertance. Flora, qui était toujours près d’elle, en faisait autant et elle participait activement aux jeux de sa complice. Bastien était plus grand qu’elles, plus âgé et responsable de leur sécurité. Il veillait donc toujours à les éviter lorsqu’il devait bouger. Mais, plusieurs fois, Flora réussit à poser sa petite main sur le sexe du garçon, par-dessus son short. Elle ouvrait à chaque fois de grands yeux, en regardant Clara, pour lui signifier que ce qu’elle touchait semblait hors norme. Et finalement, Clara parvint elle aussi à caresser ce monstre qui commençait à se réveiller dans la culotte de Bastien. Il se dégagea habilement, sans bousculer les jeunes filles, et il resta éloigné d’elles le plus possible. Bastien pensait évidemment que ce n’était pas fait exprès. Il ne pouvait imaginer que deux petites filles soient aussi perverses que cela.
Victoire donc une nouvelle fois pour Clara. Elle n’imagina pas les conséquences de cette caresse furtive. Le reste de la journée se passa sans encombre jusqu’à l’heure du dîner. Tout le monde rentra dans la grande salle commune où les tables était dressées. Clara passa une nouvelle fois près de Bastien qui était bloqué par la porte d’entrée et il ne la vit pas arriver. Très calmement, collée à lui, elle caressa de nouveau ce serpent qu’elle sentait revivre sous le tissu. Bastien ne pouvait même pas se défendre, sans créer un scandale, il laissa faire la jeune fille qui repartit satisfaite. Lui était évidemment très perturbé par ces attouchements plus que précis. Tous les enfants étaient rentrés, il se tourna pour rejoindre la grande salle. Que se passa-t-il alors ? Il trébucha et il faillit tomber en avant. Il avait eu le réflexe de mettre ses mains devant lui pour se réceptionner. Mais Charline était justement devant lui et les mains du jeune homme attrapèrent la généreuse poitrine de sa bienfaitrice. Il aurait dû ôter ses mains immédiatement mais il était dans un tel état d’excitation que cela lui était impossible. Ses doigts malaxaient les seins de Charline, qui n’arrivait pas à le raisonner. Personne ne pouvait les voir, là où ils étaient. Pour finalement réussir à le faire lâcher prise, Charline dut recourir à une méthode très peu orthodoxe. Elle envoya sa main entre les cuisses du garçon pour saisir ce qu’elle pouvait. Et serrer très fort. Bien sûr que le garçon lâcha aussitôt sa prise. Il courut tout de suite après vers les toilettes. Charline n’en revenait pas de ce qu’elle avait osé faire. Mais, surtout, elle restait encore toute chose pour ce qu’elle avait tenu entre ses doigts. Elle en était encore toute bouleversée lorsqu’elle prit place à côté de Marguerite. Elle ne pouvait évidemment pas lui expliquer ce qui s’était passé entre Bastien et elle. Pas immédiatement. Mais elle lui fit la promesse de lui expliquer tout, dès que cela serait possible. Ce que Marguerite ne voyait pas, ce qu’elle ne pouvait même pas imaginer, c’est qu’elle était observée de loin par une personne dont les intentions étaient inconcevables pour une femme comme elle, avec son éducation, sa foi en l’autre. Chacun de ses gestes, de ses regards, était analysé. Et Clara, puisque c’est bien d’elle qu’il s’agit, avait acquis la certitude qu’il se passait quelque chose de particulier entre Marguerite et Charline.
La première soirée au camp de vacances. Pour l’occasion, Jocelyn avait préparé un feu de camp, derrière la maison. Avec toutes les précautions d’usage. Les enfants étaient assis en cercle, autour du feu, et Bastien avait sorti sa guitare. Il accompagnait les chants de certains volontaires. Michel Fugain, Maxime Le Forestier, Georges Brassens, Jacques Brel ou Édith Piaf. Toutes ces chansons bien connues étaient répertoriées dans un livret avec les paroles. C’était principalement des jeunes filles qui chantaient, les garçons préféraient, eux, faire des blagues, raconter des histoires drôles ou bien faire des imitations. La journée avait été longue, et riche en émotions pour la plupart des enfants et l’heure du coucher arriva très vite. Tout le monde, ici, respectait l’autorité de Marguerite, personne n’osait aller contre ses décisions. Qui, d’ailleurs, étaient souvent justes et judicieuses. Quand tout le monde fut couché, qu’il n’y avait plus aucun bruit, Flora se leva pour rejoindre le lit de Clara. Et c’est en chuchotant que celle-ci lui expliqua son plan, même si tout n’était pas encore optimal. Il y avait des questions auxquelles elles devaient trouver des réponses. Des certitudes à confirmer. Le lendemain, dimanche, un prêtre arriva pour le petit déjeuner. Marguerite avait obtenu, de la part du diocèse, de pouvoir célébrer un office religieux chaque dimanche du mois d’août. Pour les enfants. Cela se passait évidemment dans la grande salle commune, après le nettoyage. Seules les personnes qui avaient une tâche à accomplir étaient dispensées. Michèle, la cuisinière, puisqu’elle devait préparer le repas, et les trois garçons qui s’étaient de nouveau proposés à l’aider. Michèle était une femme plutôt futée, et elle connaissait bien Marguerite, depuis plusieurs années.