Mariage moderne (03/27)

Il avait beaucoup de tendresse pour elle et il souhaitait vraiment qu’elle reste sa femme et la mère de leurs enfants. Simon et Constance avait déjà une petite fille de quatre ans, Aurore. C’est au cours d’un week-end, l’été dernier, qu’ils annoncèrent qu’elle était de nouveau enceinte. Après l’avoir appris, Cédric s’était mis à la regarder plus attentivement. Il est vrai que c’était une très jolie femme de 32 ans maintenant. Au cours de la soirée, il a pu remarquer que, elle aussi, le regardait avec attention. Rien de pervers d’un côté ou de l’autre, simplement deux personnes qui étaient connectées ensemble. Par les yeux. Il avait fait très chaud, la nuit suivante. Cédric s’était levé pour aller boire un verre d’eau fraîche dans la cuisine. En sortant de sa chambre, il était tombé nez-à-nez avec Constance qui revenait des toilettes. Cela faisait longtemps qu’ils ne s’étaient plus croisés dans ce couloir. Il resta là, à l’observer. Elle aussi semblait attendre quelque chose. Un mot. Un geste. Elle était vraiment splendide dans cette nuisette transparente. Cédric fit un pas en avant, posa une main sur sa hanche. Devant son manque de réaction, il continua en posant sa seconde main sur la hanche de sa belle-sœur. Puis, lentement, très lentement, il remonta ses mains, entraînant la nuisette dans le mouvement.

Constance ne bougeait plus, elle le laissait faire. Il arriva aux aisselles. Elle leva alors les bras gracieusement et elle finit elle-même par ôter son vêtement. Cédric restait là, admirant le corps parfait de cette femme. Qu’il ne pouvait toucher. Il avait juste obéi à un instinct primaire en dévoilant sa poitrine. Il ne voulait rien d’autre que l’admirer, sans fard. Il avait la gorge sèche, un peu plus qu’en sortant de sa chambre. Ils sont restés ainsi un long moment, sans bouger. Imaginant sans doute ce qui pourrait se passer si … Cédric fit un pas de côté pour laisser passer Constance, qui continua son chemin jusqu’à la chambre voisine de la sienne. Elle y retrouva son mari qui dormait profondément, et sa petite fille. Cédric continua lui vers la cuisine mais il ne retourna pas dormir. Le moment qu’il venait de vivre avec Constance était trop merveilleux. Il ne s’était rien passé, pour tout dire, mais énormément de choses auraient pu se produire, qui auraient changé leurs vies à tout jamais. Il aurait pu oser enfin la toucher. Il était presque certain qu’elle attendait un geste de sa part. Il en avait évidemment très envie. Mais il ne voulait pas détruire tout ce qu’il avait construit jusqu’à présent. Elle aussi, voyant qu’il ne bougeait plus, aurait pu prendre sa main pour la poser sur son sein. Cela aurait été un geste fort, acceptant de tromper son mari avec le petit frère de celui-ci.

Dans la maison familiale, avec sa petite fille qui dormait tout près. Et après avoir annoncé à tous qu’elle était de nouveau enceinte. Cédric repensait souvent à cette nuit-là. Sans regretter ce qui s’était passé, ni ce qui aurait pu arriver. Il aimait Nadège. Constance était la femme de son grand frère. Tout en faisant cette introspection sur lui-même, Cédric finit par définir deux choses importantes et même capitales. Un. Il aimait sa femme et il ne voulait surtout pas la quitter. Deux. Quelque chose devait changer, dans leur relation. Mais il était incapable de formuler exactement ce qui devait changer et surtout, comment. Quand on aime une personne à la folie, comme il aimait Nadège, il savait qu’il ne fallait pas la transformer. Elle était ainsi et c’est ainsi qu’il l’aimait. C’était donc lui qui devait changer. Il ne trouva pas la réponse cette nuit-là. Le lendemain, au cours d’une pause, les ouvriers qui travaillaient avec lui reparlèrent d’un film qu’ils avaient vu la veille. Un film bien connu, que Cédric avait déjà vu plusieurs fois, quand il était plus jeune. Le titre du film ? « Les Valseuses ». Avec Gérard Depardieu et Patrick Dewaere. Les rôles féminins principaux étaient tenus par Miou-Miou, Brigitte Fossey et Jeanne Moreau. Et Isabelle Huppert à la fin du film. Cédric les écoutait, la scène qu’ils semblaient avoir préféré, c’était dans le train, avec Brigitte Fossey et son bébé.

Ce n’était pas la scène que lui préférait, mais il n’intervint pas dans leur débat. Il avait simplement retenu sur quelle chaîne avait été diffusé ce film et il se rendit sur cette même station, le soir venu, pour, à son tour, revoir ce film incontournable de Bertrand Blier. Il n’en attendait rien de spécial, juste passer un bon moment avec deux icônes du cinéma français. Il le regarda jusqu’à la fin. Et il ne peut s’endormir ensuite. Il avait trouvé, plus ou moins, ce qu’il cherchait depuis des jours, depuis des mois. C’est en revoyant ce film culte, et en particulier la scène sur les bords de l’Ouche, avec les trois acolytes. Quand Marie-Ange, qui se croyait frigide, explique comment elle a vraiment pris son pied. Pour ceux qui n’ont pas vu ce film, où qui ne se rappelle pas de tout, Marie-Ange devait faire connaître sa première fois à leur nouveau complice, Jacques. Sauf qu’il était encore puceau et qu’il ne prenait aucune initiative. C’est donc elle qui a dû prendre les choses en main. Diriger les ébats. Et ce simple fait a réveillé sa libido, enfermée depuis trop longtemps. Cédric en avait conclu que Nadège, sa femme, devait être plus entreprenante avec lui, voire même directrice. Il fallait qu’elle cesse d’être la petite chose soumise aux désirs de son mari. Il ne savait pas encore il pourrait arriver à la changer, mais il savait ce qui manquait à son couple pour qu’il dure une éternité. Il fallait maintenant convaincre sa femme de jouer le jeu. Et ce ne serait pas le plus facile à accomplir. C’est sur cette dernière constatation qu’il reprit le travail ce jour-là. La semaine était presque terminée et il devait rentrer chez lui pour le week-end. La première soirée avec Nadège, il prétexta être fatigué et il s’endormit profondément. Le lendemain, il n’eût aucun des gestes qu’il avait habituellement lorsqu’il revenait après plus jours d’absence. Elle essayait de se frotter à lui, il esquivait presque toutes ses tentatives.

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