Mirabelle (27/37)

Elle ne s’attarda pas très longtemps avant de se redresser et jouer à nouveau avec mes gros seins. De toutes les personnes que j’avais vues récemment, seuls Gilles et Robert n’avait pas touché ma poitrine. Et Océane, côté femme. Quand elle estima qu’il était temps, elle finit par me mettre le soutien-gorge. Melody passa la tête à ce moment-là à travers le rideau.

« Elle est belle, ma fille, non ? Tu ne dis rien, Solange ?  »

La cabine se trouva très petite lorsque nous fûmes trois à l’intérieur. Melody prit place sur le banc de bois, Solange près d’elle. J’étais face à elles deux, qui admiraient mes seins. Je savais maintenant l’effet que pouvait provoquer la vue de mes seins sur n’importe qui. Malicieusement, je baissais une des bretelles, puis l’autre. D’un coup, je dévoilais de nouveau ma grosse poitrine devant leurs yeux ébahis. Elles se sont regardées l’une et l’autre, avant de plonger sur l’offrande. Je fermais les yeux moi-même après avoir posé mes mains sur leurs nuques, les invitant ainsi à me téter le temps qu’il leur plairait. Et elles ne se sont pas gênées pour sucer et lécher comme des voraces. Je n’étais nullement surprise par Solange, je savais que c’était ce qu’elle désirait le plus, à ce moment précis. Mais je ne pensais pas que Melody oserait aussi facilement. C’est ma mère, après tout. Et, même si je l’avais invitée à le faire, elle aurait pu hésiter, ne serait-ce que quelques secondes. J’étais certaine désormais qu’elles se connaissaient. Melody l’avait appelée par son prénom. Et leurs regards complices me revenaient en mémoire. C’est donc ce jour-là que j’ai eu la certitude que Melody aimait autant les hommes que les femmes. Et qu’elle devait avoir des aventures en dehors de son mariage. Avec des femmes, c’était certain. Avec des hommes, pourquoi pas ? Robert me semblait alors une option. En tout état de cause, c’était SA vie, je n’avais rien à y redire. Melody est ma mère et elle le restera à jamais. J’étais encore jeune et inexpérimentée. Mais j’avais la conviction que l’amour serait toujours le plus fort. Si deux personnes s’aiment réellement, qu’elles soient du même sexe ou pas, du même âge ou non, l’Amour résistera à toutes les incertitudes, à tous les dangers. Et, s’il s’avère que les sentiments s’érodent avec le temps, c’est que l’un, ou l’autre, ou les deux partenaires, ne s’aimaient pas autant qu’ils le croyaient.

La séance de léchage dut se terminer lorsqu’une des vendeuses appela Solange. Melody m’aida à me rhabiller entièrement. Avant de sortir de la cabine, elle me fit promettre de n’en parler à personne. Que Solange était la gérante de cette boutique et que donc, je pourrais y revenir quand je le souhaiterais. Je serais toujours bien reçue par son amie. Une fois sorties de la cabine, Melody reposa les sous-vêtements que j’avais choisis pour moi et arriva à la caisse. C’est Solange qui remplaça la vendeuse pour le paiement. Ou bien plutôt le cadeau. Avec un sourire carnassier, elle prit mon menton entre le pouce et l’index, m’invitant à revenir la voir dès que j’en aurais besoin. Je préférais penser qu’elle parlait d’un besoin de garde-robe, plutôt qu’un besoin de caresses. Je lui promis que je reviendrais, même si j’étais seule. Un grand sourire illumina son visage. Pour moi, vu de mes 14 ans, elle était plus âgée que Melody. Peut-être un peu plus de 45 ans. Un visage poupin, des rondeurs ici et là. Mais une belle femme dans l’ensemble. Une poitrine moins imposante que la mienne, mais légèrement plus grosse que celle de Melody. J’avais souvent aidé Melody, à la maison, pour les tâches ménagères. La vaisselle, le ménage et le linge à laver. Pour sa lingerie, elle s’en occupait généralement toute seule, lavage à la main obligé. Mais j’avais eu l’occasion, à de rares reprises, de laver ses sous-vêtements affriolants. Et je savais désormais d’où ils provenaient. Je suppose que Gilles avait certainement dû lui en acheter, ailleurs, dans d’autres villes, d’autres pays. En sortant de la galerie marchande, nos sacs à la main, j’avais tout de même l’impression d’être tombée dans un piège, tendu par Melody elle-même. Mais, arrivées à la voiture, elle m’expliqua qu’elle avait réellement reçu un appel de Gilles. Il lui annonçait qu’il était resté bloqué à Lisbonne, par une grève des dockers du port. Impossible pour lui de rentrer à vide, sans fret. Et vu que je partais le lendemain soir, pour le week-end chez Viviane, elle resterait donc seule avec Flora. Chose qui n’était jamais arrivée auparavant. C’était, il est vrai, le premier week-end que je passerais loin de ma famille.

Arrivées à la maison, nous avons rangé nos achats respectifs. Melody a reçu un appel, qui l’a dérangée. Je ne sais pas de qui provenait la voix, mais elle semblait obligée de répondre à des questions personnelles. Elle finit par dire, un peu agacée, qu’elle n’avait pas de comptes à rendre, en ce qui concernait son emploi du temps, un jour de repos. Elle sortit dans le jardin pour se calmer. S’occuper de ses fleurs avait le pouvoir de la calmer, en général. Nous avons dîné toutes les deux, pratiquement sans un mot. Je pensais déjà à ce week-end que j’allais passer loin de ma famille, pas si loin que cela. J’ignorais évidemment à quoi pensait Melody dans le même temps. Plus tard, dans la nuit, il m’a semblé l’entendre pleurer. Je me levais discrètement pour aller jusqu’à la porte de sa chambre. J’avais, hélas, bien entendu. Je pensais être responsable de sa tristesse, aussi ai-je osé frapper à sa porte. Elle a retenu ses larmes en me disant d’entrer. Je l’ai rejointe dans son lit pour la serrer dans mes bras. Elle était visiblement très émue. Je ne voyais plus son visage mais je supposais qu’elle pleurait encore un peu. Mais de bonheur, cette fois, d’avoir une fille aussi empathique. Elle a réussi à se calmer finalement et je suis restée près d’elle toute la nuit. Elle s’est levée très tôt pour aller travailler.

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