Vincent put constater que c’était bien un ensemble coordonné qu’elle portait. Nadège tourna sur elle-même, doucement, tout en vérifiant sur l’écran ce qu’elle montrait à son interlocuteur. Il put apprécier le galbe de ses cuisses, la rondeur de ses fesses. Retour face caméra, elle reprit place sur son siège, en surveillant bien de ne jamais montrer son visage. La conversation continua ainsi, Nadège toujours en sous-vêtements, et Vincent qui admirait ses formes voluptueuses. Nadège pouvait deviner, dans ses yeux, tout l’intérêt qu’il portait à sa personne. Elle s’était fixé des limites, elle venait de les atteindre, ou presque, en dévoilant son corps par écran interposé. Vincent, lui, n’avait jamais caché son visage. En vidéo, Nadège avait pu constater que c’était véritablement lui sur la photo de son profil. Il était encore jeune, mais certainement un peu plus âgé qu’elle, ou Cédric. Aux alentours des 35 ans, à son avis. C’était en plus un très bel homme, musclé et élancé. On devinait aisément qu’il prenait grand soin de lui, de son corps. C’est justement au cours de cette conversation que Nadège lui dévoila ce qu’elle avait prévu pour le week-end suivant. Ensemble, ils mirent au point quelques détails, afin que tout soit parfait. Nadège avait une imagination débordante depuis qu’elle s’était abonnée à certains auteurs sur le site des histoires érotiques. Ce qu’elle avait prévu sortait à la fois de son esprit et d’une histoire qu’elle avait lue. C’est pourquoi, avec l’aide de Vincent, il fallait quelques petits aménagements.
Le lendemain, c’était vendredi et donc, le retour de son mari à la maison. Quand il ouvrit la porte, il resta littéralement scotché à la poignée. Nadège l’attendait dans l’entrée, simplement habillée d’un body dentelle, de bas autofixants et une paire de cuissardes. Avec des talons vertigineux. Il referma la porte derrière lui, prêt à se jeter sur elle. Elle l’arrêta d’un geste. Autoritaire. Sa voix, le ton qu’elle employa, fit baisser immédiatement ses envies de viol.
« Pas ce soir. Tu as juste le droit de regarder. On ne touche pas. »
Elle s’approcha de lui pour déposer un tendre baiser sur son nez. Elle resta ainsi toute la soirée. Elle lui avait promis que, le lendemain, il serait largement récompensé de sa patience. De toute façon, il n’avait pas vraiment le choix. C’était bien lui qui avait initié ce changement chez Nadège. Et il n’avait pas eu à s’en plaindre depuis qu’elle avait repris un peu plus d’assurance en elle. Il se réveilla très tôt le lendemain. Il put de nouveau admirer le corps sans aucun défaut de celle qui partageait sa vie, son lit. Il n’osa pas la réveiller, mais il ne pouvait plus rester sans réaction devant ce corps sublime. La seule solution, une bonne douche. Il s’habilla simplement, short et polo, pour sortir de chez lui. Il voulait que cette journée commence de la plus belle des façons pour Nadège. Il se rendit directement à la boulangerie de son quartier. Françoise, la boulangère, était bien là, toujours souriante malgré le malheur qui l’avait frappée récemment. Son mari était décédé, il y a six mois déjà, suite à une longue maladie. Elle avait dû tout gérer elle-même. Les soins de son mari, le magasin et la production des produits. Heureusement que leur ouvrier boulanger avait accepté de rester, pour l’aider à garder sa boutique. Il faut dire que Françoise est une très jolie femme. Ses trois grossesses n’avaient en rien déformé son corps. Elle était vraiment désirable, et désirée par de nombreux clients. Cédric était aussi de ceux-là, même s’il savait que c’était impossible. Jamais il ne pourrait tromper Nadège. C’était véritablement inconcevable pour lui. Alors, il se contentait d’admirer cette splendide femme, surtout sa généreuse poitrine. Il rêvait, parfois, de pouvoir glisser sa tête entre ses deux gros seins. Puis il pensait à Nadège et il revenait sur terre. D’ailleurs, jamais personne n’avait su ce qu’il rêvait de faire, secrètement, avec Françoise. Et jamais la boulangère, pourtant toujours très avenante, ne lui avait laissé le moindre espoir en ce sens. C’était juste un fantasme, une envie.
Mais, quand il la voyait derrière sa caisse enregistreuse, il ne pouvait détacher ses yeux de sa poitrine impressionnante. Elle était presque posée sur le tiroir-caisse, comme une invitation à la toucher, la caresser. Cédric ne se rendait même pas compte à quel point il fixait cette femme, qui restait malgré tout souriante. Ce matin-là, ce fut sans doute la première fois que leurs doigts se touchèrent. Il était tellement obnubilé par ses seins qu’il n’avait pas fait vraiment attention à la monnaie qu’elle lui rendait. Il repartit avec son pain, et quelques viennoiseries, la tête encore dans les étoiles. Et c’est beaucoup plus loin qu’il reprit ses esprits et il se souvint alors de ce premier contact. Il aimait évidemment ses formes merveilleuses. Mais il ne pouvait demander à Nadège de lui ressembler. C’était impossible, inconcevable. Elle avait un corps parfait, pourquoi devrait-elle se faire opérer pour le déformer. Une poitrine aussi imposante devait être très lourde à porter. Encore un fantasme, mais irréalisable. Un joli rêve qui resterait enfoui dans sa mémoire. Toutes ses pensées le ramenaient à Nadège et à ce qu’elle avait prévu de spécial pour lui. Il ne l’avait pas vue depuis deux semaines. Il avait des envies. Et des besoins. Et elle seule pouvait lui donner satisfaction. Il rentra chez lui pour préparer le petit déjeuner de Nadège. Il dut attendre encore une heure avant qu’elle ne se réveille enfin. Fraîche comme rose. Et très touchée par cette gentille attention. Cédric avait repris ce qu’il avait vécu chez lui. L’attitude de son père, envers Béatrice sa mère, avait toujours été détestable. Il avait donc imité son père, au début. Puis, il s’était rendu compte que Nadège n’appréciait pas vraiment. Il tenta de changer, mais les mauvaises habitudes revenaient toujours. Mais depuis que Nadège avait évolué, à sa demande à lui, il avait aussi changé. Il participait beaucoup plus aux tâches ménagères. Et préparer le petit déjeuner de Nadège était une nouveauté, que sa femme apprécia à sa juste valeur. Nadège déjeuna, alla prendre sa douche ensuite et passa le reste de la matinée à la préparation du déjeuner.