Retour de bâton ! (23/23) (Bien fait pour lui !)

Elle est intelligente et je pense qu’elle a bien compris qu’il y avait une relation toute particulière entre Marie-Rose et moi. Dylan était ravi de pouvoir passer du temps avec sa petite sœur. Et avec Mary-Lou qui le couvait déjà, comme elle couvait sa propre fille. Dylan nous a rappelé que mon ventre portait sa nouvelle petite sœur. Il vint poser sa main sur mon ventre, la petite Cécile en fit autant. Sous le regard ému de Mary-Lou. Elle aussi aimerait sans doute revivre ce moment capital dans la vie d’une femme. Donner la vie à un petit être. Elle était évidemment très heureuse avec sa petite fille, mais elle vivait seule, sans hommes. Toute sa vie était orientée sur le bonheur de sa fille. Elle ne parlait jamais de ce manque affectif pour elle-même. Elle avait fait une croix dessus, sûrement trop déçue par les hommes qu’elle avait pu rencontrer. Elle est repartie juste après le repas. Je l’ai accompagnée jusqu’à sa voiture, Dylan avait préparer son sac tout seul et il en était très fier. Et c’est lui seul qui devait le porter dans la voiture. Les deux enfants installés à l’arrière, je saluais Mary-Lou et je lui donnais rendez-vous pour le dimanche.

Le lendemain, lever de bonne heure. Nous devions aider ma mère pour le ménage, avant de rejoindre Gonzague et Maggy. Un des amis de Gonzague était propriétaire d’un dépôt-vente de meubles et bazar. Il était chargé par certains clients de vider les maisons de personnes décédées. Il rachetait parfois des meubles à bas prix pour les revendre ensuite. Et il exposait des meubles que des clients souhaitaient vendre eux-mêmes. Ceux-là payaient mensuellement un loyer au prorata de l’espace utilisé dans le hangar où ils étaient mis à la vente. Gonzague avait fait appel à lui pour lui fournir fauteuils et canapés, pour le week-end. Jean-Christophe, JC pour ses amis, était déjà arrivé et il déchargeait les meubles avec un autre homme. Gonzague lui disait simplement où placer les différents meubles. Tout le monde fit une pause à notre arrivée. Gonzague nous présenta son ami, JC. Celui qui l’accompagnait pour le déchargement des meubles se nommait Jean-Baptiste, JB pour les intimes ajouta-t-il. Maggy arriva au même moment. Elle connaissait déjà JC, mais pas son ami. Nous avons laissé les hommes reprendre leur travail. Maggy et moi, nous avions une surprise à préparer, ensemble. Nous en avions longuement parlé au téléphone et elle avait des idées intéressantes concernant la réalisation des costumes. Norbert, le restaurateur chez qui nous avions déjeuné, arriva peu après. C’est lui, en tant que traiteur, qui fournissait la collation pour la soirée. Son équipe arriva juste après lui et c’est Marie-Rose qui les guida jusqu’à la cuisine pour y déposer les plats. Norbert resta à discuter avec Maggy et moi. Quand elle lui apprit que nous n’avions rien de prévu pour le repas du midi, il prit son téléphone et commanda un repas pour six personnes, trois hommes et trois femmes. Plus lui, évidemment. Il resta avec nous jusqu’au café. C’est Gonzague lui-même qui se chargeait de cette fonction. En grand connaisseur, il avait acheté une machine à café très chère et il se faisait livrer directement un mélange qu’il avait concocté, au fil des années. Je peux dire que le résultat était époustouflant.

Avant de laisser repartir JC et JB, je décidais de parler en privé à Gonzague. J’étais la seule à connaître le type de soirées que nous organisions. Marie-Rose avait assisté à deux soirées différentes, Gonzague et Maggy, aucune. Je ne connaissais que les invités que j’avais choisis. Pas ceux de Gonzague. Toutes les soirées auxquelles j’avais participé s’étaient toujours bien passées. Mais il y avait toujours un risque que certains participants, à cause de l’alcool ou de la jalousie, deviennent violents. Je proposais donc à Gonzague d’engager ses deux hommes pour le service d’ordre, sachant qu’il y avait très peu de risque. De plus, ils pourraient aider à certaines tâches qui demandaient un peu plus de forces. Gonzague trouva l’idée géniale et il se reprocha lui-même de ne pas y avoir pensé avant. Les deux hommes acceptèrent, sachant que nous serions toutes présentes. Je les raccompagnais jusqu’à leur camion utilitaire et, avant qu’ils ne partent, je les conseillais sur la tenue qu’ils devraient choisir. Pantalon moulant, débardeur noir. Un masque, comme ceux des catcheurs, serait un petit plus. Il était un peu tard pour trouver ce genre d’article, JB proposa de le remplacer par une cagoule comme celles utilisées par les motards. Je validais ce choix et je leur proposais d’être présents dès 20 heures. Pour finir la mise en place et accueillir les premiers invités. Je leur rappelais que la confidentialité était de mise. Ils allaient voir certaines choses, différentes personnes et, certainement, quelques-unes qu’ils connaissaient. Des personnalités de la ville, de la région. Et qu’ils devraient rester discrets sur tout ce qu’ils allaient voir.

Gonzague passa une partie de l’après-midi dans son bureau, il avait des appels à passer, des confirmations à obtenir. Maggy avait vu les photos d’Aurore et de sa sœur jumelle. Elle avait aussitôt pensé à comment elle aimerait les voir habillées. Elle m’avait fait part de son idée et c’est ensemble que nous avons préparé l’élément essentiel des deux déguisements. Maggy, en tant que maitresse d’école, était très manuelle. Les jumelles étaient plutôt de la taille de Maggy, c’est donc sur elle que nous avons effectué les essais. Maggy aime beaucoup lire, elle est passionnée par la littérature, la mythologie. Et c’est justement aux sylphides qu’elle avait pensé en voyant les deux jeunes femmes. Elles porteraient donc un simple déshabillé blanc, rien dessous. Et nous avons passé l’après-midi à fabriquer les ailes qu’elles devraient porter dans le dos. Comme deux magnifiques fées. Le résultat était époustouflant. C’était une ossature légère, en fil de fer, sur laquelle était collée un tissu, genre moustiquaire.  Nous étions prêtes à recevoir les premiers invités. Marie-Rose était excitée. Elle avait déjà vécu deux soirées identiques et elle était pressée de vivre cette nouvelle expérience. Pour Maggy, c’était une première. Et elle était co-organisatrice, c’était un challenge. Et un premier pas dans un monde inconnu. Gonzague était exactement dans le même cas que sa petite sœur. Mais il ne montrait pas sa fébrilité. Il avait tout organisé, ou presque. Il savait que tout se passerait parfaitement, grâce à mon expérience de telles soirées.

Nos deux « Gros-Bras » étaient déjà là quand arrivèrent les premiers invités. Szofia, accompagnée de ces deux mignons, avait eu la gentillesse de passer prendre Aurore et sa jumelle. Ce furent les premiers à arriver.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *