LUANA (06/12)

Elle dut s’approcher, se baisser même, pour sortir l’emballage que contenait ledit tiroir. Elle n’en croyait pas ses yeux. Elle dut même essuyer les larmes qui coulaient pour mieux apprécier ce que Monsieur le Maire lui offrait. C’était une de ses parures que l’on voit parfois dans les défilés de Victoria’s Secrets, dans certains films aussi. Jamais elle n’aurait imaginé en voir un de si près, de pouvoir le toucher. De pouvoir l’essayer. Elle restait inerte devant la beauté de cet ensemble. C’est Marc qui se leva et dégrafa son soutien-gorge avant de lui passer le nouveau. Ses mains étaient douces, ses caresses subtiles. Luana était dans un autre monde et elle ne réagit même pas lorsqu’il baissa sa culotte entièrement pour lui faire essayer l’autre partie de l’ensemble. Elle n’avait pas de miroir pour pouvoir s’admirer elle-même mais le regard de fou de Monsieur le Maire était suffisamment explicite. Elle était belle et désirable, et elle en avait la preuve dans les yeux de son amant. Elle était toujours vierge, physiquement parlant. Son hymen était toujours intact. Mais dans sa tête, elle avait fait avec lui tout ce qu’une femme fait avec son mari, son partenaire. Elle savait qu’elle commettait un péché, et même plusieurs. Mais elle irait se confesser et demander pardon à Dieu pour ses fautes. C’était pour eux deux, le dernier rendez-vous dans le bureau du Maire, à la mairie. Le lendemain, elle commençait son travail chez lui et les rendez-vous suivants auraient lieu dans son bureau personnel, chez lui. C’est ce qu’il lui annonça, tandis qu’elle se changeait de nouveau, remettant la culotte et le soutien-gorge que Marc venait de lui offrir précédemment. Ce qu’elle portait en arrivant, elle le remit dans son sac. Avant de partir, elle se serra longuement contre le corps de son bienfaiteur, de son mentor. De son amant, car il était évident pour elle que leur relation évoluerait dans cette direction. C’était une évidence pour elle.

Elle arriva dès sept heures du matin chez le Maire. C’est lui-même qui vint lui ouvrir. Elle rencontra sa femme et les enfants, juste après. Elle eut droit à quelques rappels au niveau des horaires pour les repas, surtout le petit déjeuner des enfants et le repas de midi. Pour le soir, c’était plutôt Madame qui gérait le repas. Elle fit donc la connaissance de Adrien, dix ans, et Natty, huit ans. Elle leur servit le petit déjeuner habituel, sous les yeux attentifs de Madame. Monsieur le Maire était déjà dans son bureau. Une fois les enfants habillés, elle accompagna la plus jeune jusqu’à son école. Adrien les guida lui-même, malgré le léger détour que cela lui imposait. De retour à la maison, Madame était partie et Marc l’appela dans son bureau. De façon très paternelle, il lui demanda si tout se passait bien pour elle, si elle n’avait pas trop de craintes de se retrouver livrée à elle-même une bonne partie de la journée. Elle lui répondit franchement que, avec le travail qu’elle aurait à accomplir, elle n’avait aucune crainte de s’ennuyer. Et, comme prévu, tout se passa merveilleusement bien pour Luana et les enfants. Natty était la plus heureuse, elle était fière d’avoir une si gentille jeune femme pour s’occuper d’elle, après l’école. Elle l’avait même aidée pour faire ses devoirs. C’était juste apprendre une récitation par cœur mais jamais Darina ne l’avait aidée. Adrien aussi était satisfait par sa présence. Il commençait à s’intéresser aux femmes, aux jeunes filles principalement. Il regardait souvent les amies de sa mère qui venaient lui rendre visite. En bon garçon, il venait les saluer et il se proposait à leur servir un rafraîchissement, ou bien une boisson chaude, suivant la météo. Toutes étaient charmées par ce gentil garçon et aucune ne voyait les regards appuyés qu’il posait sur leurs formes. Leurs poitrines, surtout. Sa mère n’avait pas une poitrine très développée, pour le peu qu’il pouvait en voir, mais d’autres femmes étaient plutôt bien gâtées par Dame Nature. Certaines, même, aimaient s’exhiber, se montrer un peu.

Jamais aucune ne s’est rendue compte de l’intérêt du jeune garçon pour leurs formes. Et il en profitait largement. Il était jeune, et innocent. Les femmes le prenaient pour un enfant qu’il n’était plus vraiment. Mais il jouait les ingénus, chaque fois qu’elles posaient une question un peu trop précise. Ce qu’il voulait faire plus tard ? Docteur ou chirurgien, pour soigner et guérir les personnes malades. Quand on lui parlait de ses hobbies, il répondait qu’il était louveteau, chez les Scouts de France, et qu’il aimait participer à des campagnes d’aide aux défavorisés. La vente de tickets de tombola, de calendriers, toujours pour la bonne cause. Il se montrait exalté en parlant de ces missions et aucune femme ne remarquait ses regards très intéressés sur leurs seins. Il parlait rarement de sa passion toute nouvelle pour la photographie. Il avait eu un très bel appareil photo par ses grands-parents et il commençait à l’utiliser. Chez lui, principalement, mais aussi en extérieur, la campagne bretonne regorge de coins splendides. En parlant avec ces dames très chics, il rêvait de capturer leur image dans son appareil, faire des gros plans sur les anatomies différentes, mais toutes très captivantes. Il était tout naturellement inscrit dans un club de photographes amateurs et avait commencé à apprendre le développement argentique, en noir et blanc. Il avait étudié récemment le portrait, en photographie, et comme modèle, il aurait bien osé demander à Luana.

Celle-ci avait pris ses marques rapidement dans son nouveau travail. Dès le lendemain après-midi, après avoir déposé Natty à son école, elle s’était rendue dans son ancienne société, que dirigeait Rachid, pour lui annoncer qu’elle avait trouvé un nouvel emploi et qu’il pouvait désormais la rayer des listes sur les plannings. Elle avait attendu spécialement ce jour, à cette heure précise, car elle savait que d’autres femmes seraient présentes. Elle ignorait quelle serait la réaction de Rachid. Geneviève et Chantal étaient justement devant la porte en train de fumer. Elles la saluèrent à son arrivée. Quand elle leur expliqua la raison de sa venue, elles furent très heureuses pour elle. Chantal, la première, comprit pourquoi elle avait attendu précisément ce moment. Elle était déléguée syndicale et elle se proposa tout naturellement d’entrer avec elle dans le bureau de Rachid pour lui annoncer la bonne nouvelle. Pour Luana, la bonne nouvelle, pas pour Rachid. Il avait son sourire carnassier lorsqu’il la vit passer la porte de son bureau. Sourire bien vite éteint en voyant Chantal qui entrait juste derrière la jeune femme.

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