J’avais tout de même ressenti quelque chose en la voyant, et c’est ce que je lui ai dit. Elle me sourit gentiment en me disant que ce n’était pas la première fois. Elle avait rencontré beaucoup de parents d’élèves depuis son arrivée, dont certains étaient, eux aussi, des anciens camarades de classe, et aucun ne l’avait reconnue. Je la revoyais, à l’époque, toujours habillée en jupe très longue, l’été comme l’hiver. Tous ses vêtements étaient gris, ou sombres, jamais de couleur, de fantaisie. Son surnom lui venait du fait que ses parents étaient très pieux, fervents catholiques. Elle les accompagnait plusieurs fois par semaine à la messe, surtout la sacro-sainte messe du dimanche matin. J’étais finalement très heureuse de la revoir. Je remarquais qu’elle était beaucoup plus souriante que dans mon souvenir, habillée plus moderne aussi. « La bigote » avait disparu pour laisser la place à une jeune femme très attirante. Elle me parla un peu plus d’elle, de ce qu’elle avait fait après le lycée. Elle était partie étudier à Rennes pour devenir maitresse des écoles, avant d’enchaîner plusieurs postes de non-titulaire dans diverses régions de France. Depuis le décès de son père, le patriarche, elle avait demandé à revenir plus près de sa maman et elle venait d’être titularisée. Je lui dis que j’étais désolée pour son père. Elle me répondit que cela avait été un bien pour toute la famille, tellement il les étouffait de sa présence. Je me suis rappelée qu’elle avait un frère, Gonzague. Elle m’apprit qu’il était resté dans la région et qu’il travaillait ici même. Je remarquais qu’elle ne portait ni bague, ni alliance. Je n’osais pas lui poser des questions plus directes sur sa vie personnelle. C’est pourquoi j’enchainais sur ma vie, à moi. J’étais, c’est vrai, une jeune fille très populaire quand on s’est connue et, quand je me suis retrouvée enceinte, encore jeune, je pensais pouvoir gérer. Je lui parlais ouvertement de ma dépression post-partum, lui expliquant pourquoi ce sont mes parents qui avaient élevé mon fils.
Maintenant qu’il est plus grand, et que je m’assume beaucoup mieux, je lui avais demandé s’il voulait venir vivre avec moi, à Angers. Il n’était pas contre l’idée de vivre avec sa maman, mais il ne souhaitait pas perdre ses amis, ici. Il était très heureux avec mes parents et je n’ai pas insisté pour le récupérer. Elle me dit qu’elle avait remarqué la même chose, jusqu’à l’incident qui avait provoqué ma convocation. Elle avait l’avantage sur moi de connaître mon nom, et celui de mes parents. Elle n’a donc pas été surprise en me voyant devant elle. Ce qui avait été exactement l’inverse pour moi. Elle me rappela que nos mamans avaient été amies, il y a quelques années, chose que j’avais complètement oublié. Personnellement, je n’avais revu aucun de mes camarades de mon époque lycéenne. Ils n’étaient plus que de lointains souvenirs. De très bons même, parfois. Nous avions, je pense, fait le tour de la question, sans pour autant avoir résolu le souci qui m’avait amenée ici, ce soir. Je me levais, prête à repartir. Marguerite m’accompagna jusqu’à la porte de la salle et l’ouvrit. Elle s’apprêtait à me tendre la main pour me dire au revoir mais j’avançais mon visage vers elle pour lui faire la bise. Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé mais nos lèvres se sont retrouvées en contact. Je ne bougeais plus, surprise. Elle non plus ne bougeait plus.
Alors, tranquillement, je sortis ma langue pour forcer l’entrée de sa bouche. Elle se laissa convaincre et je pris possession de sa cavité buccale. Elle restait là, les bras ballants, alors que j’étais bien sûre que c’était elle qui avait bougé la tête pour provoquer ce baiser. Je posais mes mains sur ses hanches pour la serrer encore plus contre moi. Ma poitrine compressée sur la sienne. Sans réaction de sa part, je voulus me reculer, la laisser respirer, reprendre ses esprits. Dès que je tentais de m’éloigner, elle devint beaucoup plus active et sa langue entra dans la danse, s’enroulant comme un serpent autour de la mienne. Notre baiser devint beaucoup plus fougueux, même si elle restait les bras le long de son corps. Je ne gênais pas pour l’explorer à ma guise. Je relevais doucement sa jupe, bien plus courte que celles qu’elle portait, il y a quelques années. J’étais presque arrivée à toucher ses fesses lorsqu’elle s’écarta brutalement de moi. Elle me regarda, encore un peu essoufflée par notre baiser. Elle retourna à son bureau, prit sa veste et son sac à main et revint vers moi. Elle ne put sortir que quelques mots.
« Viens. Suis-moi. J’habite tout près. »
Elle habitait dans une petite maison de fonction, dans l’enceinte de l’école mais un peu en retrait. Elle me guida jusqu’à chez elle et posa son sac à terre, dans l’entrée. Elle resta un moment devant un miroir accroché au mur, au-dessus d’un petit meuble sur lequel elle avait posé ses mains. Je m’approchais d’elle par derrière et j’observais son visage dans le reflet du miroir. Elle semblait perdue, indécise. Je me collais contre ses fesses en posant de nouveau mes mains sur ses hanches. Je remontais jusqu’à ses épaules et je fis descendre sa veste, que je posais sur une chaise toute proche. De retour sur ses hanches, mes mains se glissèrent sous son maillot, directement au contact de sa peau. Je remontais lentement vers sa poitrine, sans la quitter des yeux à travers le miroir. Le maillot suivait évidemment la progression de mes mains et je pus très vite apercevoir son soutien-gorge. Je continuais à soulever son vêtement, docilement elle leva les bras. Je reprenais contact avec son regard et je posais mes doigts sur l’attache de son vêtement, dans son dos. Un simple clignement des yeux m’autorisa à continuer. Attache défaite, mes mains glissèrent sur sa peau, jusqu’aux épaules, que je dégageais. Doucement, sa poitrine m’apparut enfin et mes mains laissèrent tomber son soutif pour prendre enfin possession de ses seins merveilleux. Je profitais pleinement de ce moment intense et magique, lorsqu’on découvre le corps d’une nouvelle partenaire. Je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite mais Marguerite réagit à sa façon à ce pelotage en règle.