Romuald (04/18)

« Je sais ce qui s’est passé entre vous, mais je sais aussi que c’est fini ».

Je lui confirmais immédiatement qu’elle avait raison à 100 %. Jamais je ne pourrais m’immiscer au sein d’un couple, sauf si c’était pour leur bien à tous les deux. Je rajoutais que j’étais ouverte à toute proposition, si un jour un plan à trois pouvait les intéresser lui et elle. Elle stoppa tout net, me fixa droit dans les yeux, comme si j’avais dit une énormité. Son regard dur semblait intransigeant, puis doucement, il se transforma en une espèce de sourire coquin que je voyais pour la première fois sur son visage. Je compris qu’elle avait enregistré l’information et que cette idée trottait désormais dans sa tête. Contre toute attente, elle prit ma main qu’elle serra tout contre sa poitrine.

Puis, très vite, elle se retourna vers les autres et c’est main dans la main que nous avons rejoint la famille. Elle me laissa tout près de Joël pour aller retrouver son chéri. Il me proposa un verre de soupe angevine, un apéritif de notre région, que j’acceptais volontiers. Quand il me le tendit d’une main, son autre main ne put s’empêcher de se poser sur ma hanche, puis sur mes fesses. Et moi, je me laissais faire, comme une poupée, heureuse de le retrouver en pleine forme. Je tournais le dos aux autres donc je ne pouvais pas savoir si quelqu’un nous avait vus. Pas grave si c’était sa femme, Ludivine aussi était au courant, mais ça, ses parents ne le savaient pas encore.

Léandre était, je pense, trop occupé avec sa petite chérie et d’ailleurs, il m’avait juste adressé la parole pour me dire bonjour. Depuis, rien d’autre. Que craignait-il puisque Johanna était déjà au courant ? Et c’était même lui qui le lui avait dévoilé. Quelques semaines après qu’ils soient ensemble, il était venu me la présenter, chez moi. Ce que j’ignore, par contre, c’est s’il lui a fait cette révélation de notre relation avant ou après leur visite chez moi. Comme je leur ai dit ce jour-là, j’étais vraiment très heureuse qu’ils se soient rencontrés et que je leur souhaitais tout le bonheur du monde. Donc, seule Léa aurait pu être choquée si elle avait vu la main de son propre père sur mes fesses. Quelle aurait été sa réaction ? Je me posais la question en regagnant ma place à la table

J’étais assise face à Ludivine qui, parfois, venait caresser mes mollets avec son pied, sa grande sœur à sa gauche et Johanna à sa droite. À ses côtés, en bout de table, Léandre qui m’ignorait toujours autant. Face à lui, son père, qui officiait encore avec le barbecue et, à mes côtés, Christiane, qui se levait fréquemment quand il manquait quelque chose sur la table. L’ambiance était agréable, festive. Dès qu’elle reprenait sa place à la table, ma cheffe ne pouvait s’empêcher de poser sa main sur ma cuisse et elle la laissait tant que c’était possible. Par ces petits gestes, je comprenais que j’étais désirée par Christiane, Joël, c’était avec ses yeux doux qu’il s’exprimait et Ludivine continuait à caresser mes mollets.

Nous parlions de choses et d’autres, des trucs futiles et sans grande importance. Le beau temps était au rendez-vous et c’était tout ce qui comptait. C’est Johanna qui, la première, aborda un sujet plus sérieux puisqu’il s’agissait de son avenir. Elle était toujours à la recherche d’un emploi saisonnier, pour les vacances. Christiane regretta mais elle n’avait pas de poste à pourvoir. Joël assura qu’il demanderait de son côté à quelques personnes influentes. Je savais, pour en avoir entendu parler lors d’une réunion de la future organisation, qu’un service recherchait toujours des vacataires pour cette période et que je pourrais lui donner le contact directement.

Elle me remercia et nota sur un papier, l’adresse mail de la personne à contacter. Elle s’adressa directement à moi ensuite pour me demander ce que je comptais faire, dans un avenir proche. Je lui confiais, à elle et à tous, que j’allais malheureusement quitter le service de Christiane pour rejoindre le service RH de la nouvelle organisation. Je quittais ma cheffe à regret mais je devais profiter de cette opportunité. Mais je précisais que j’avais déjà trouvé une remplaçante pour occuper mon poste. Nous devions, d’ailleurs, la recevoir dès le mardi suivant. Ce n’est qu’à partir de cet instant-là que Léandre commença à me regarder d’une façon plus amicale.

Christiane se leva pour aller chercher le dessert mais c’était aussi pour cacher à tous la grande émotion qui l’étreignait. Puis, quand tout le monde eut fini, les filles se levèrent pour débarrasser la table, moi également, tandis que les hommes restaient attablés. Léa me demanda de l’aider à ramasser le sac de charbon de bois dans le garage. On le porta à deux, bien que j’aurais pu le faire toute seule, et elle encore plus facilement. Une fois rangé, elle me plaqua contre un établi et les yeux dans les yeux, elle me dit.

« Je sais ce que tu as fait avec ma sœur. Tout ce que je veux, c’est son bonheur et j’espère que toi aussi. Si jamais tu lui fais du mal, ou si tu lui causes du tort, tu auras affaire à moi. Et, crois-moi, tu ne veux pas savoir de quoi je suis capable ».

Joignant le geste à la parole, elle fit semblant de me gifler, sans que j’essaye de me défendre. Elle poursuivit son geste et plaqua sa main entre mes cuisses. Comme seule réaction, j’écartais les cuisses plus largement. Cela la fit sourire et elle commença à me masser doucement.

« Je vois que tu es très réactive. Finalement, on fera sans doute quelque chose de toi ».

Sa main avait disparu sous ma minijupe et elle s’apprêtait à me doigter véritablement lorsqu’elle me laissa soudain sur ma faim. Elle m’a libérée de son étreinte, m’a guidée vers la sortie en me donnant une petite claque sur les fesses. Johanna et Ludivine étaient déjà en maillot, prêtes à plonger dans la piscine. Léandre était lui aussi prêt, à côté de sa petite chérie.

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