Je prenais le temps de lui expliquer que Marie-Rose allait vivre avec moi, chez moi, tout le temps qu’elle voudrait. Que cela ne changeait absolument rien entre lui et moi. Il était mon fils, mon chéri. Le seul, le plus important. Mais il faudra qu’il fasse une petite place à l’enfant à naître. Mon fils est intelligent. Mes parents l’ont bien élevé. Il comprend vite. Il est vrai que, de nos jours, avec Internet, les réseaux sociaux et la télévision, le couple, tel que l’ont connu nos parents, a changé profondément. Homme et femme, principalement oui, mais aussi hommes entre eux, et femmes entre elles. Libertinage, échangisme, triolisme et candaulisme, Dylan était encore trop jeune pour comprendre tous ces mots, mais il savait que ça pouvait exister. Dans son empressement pour venir se serrer dans mes bras, il fit baisser légèrement le haut de ma robe, dégageant partiellement l’un de mes seins. Il le regardait attentivement. Il étudiait mon anatomie, juste cette partie de mon corps. Je baissais le tissu pour dégager entièrement mon sein. Il m’avait déjà vue, seins nus. Ce n’était pas une surprise. Je fermais les yeux lorsque sa petite main se posa sur mon sein. Il n’était nullement question d’inceste, mais j’apprenais à mon fils ce qu’était le corps d’une femme, afin qu’il le respecte. Pas comme ces « tarés », élevés par les sites pornos auxquels ils n’auraient jamais dû avoir accès. Je ne retournais au salon que lorsque j’entendis la télévision et les nouvelles du soir. Maître Tigre avait fini.
Je m’asseyais près de lui et il posa sa main sur mon épaule, par-dessus ma tête. Il devait me parler. De Tonton Roger. Cela faisait déjà plusieurs semaines qu’il avait appris le chantage dont j’avais été victime, et de tout ce qui a suivi. Et c’est de la bouche même de Tonton Roger qu’il avait appris qu’il avait été trompé, par sa femme et son beau-frère, qui avaient une relation intime. Il avait pris le temps de digérer ces informations et il avait décidé d’aller s’expliquer avec lui. Cela faisait plus de six mois qu’il n’avait plus de nouvelles de lui. Il est donc allé le voir chez lui. Comme il craignait que sa colère prenne le dessus, il avait décidé que l’ex-femme de Roger serait présente. Cela la regardait aussi au premier plan, même si elle savait déjà que son mari l’avait trompée à de nombreuses reprises. C’est d’ailleurs la cause principale du divorce. Papa est donc passé prendre Armelle chez elle avant d’aller voir Roger. Quand ils sont arrivés, ils sont tombés devant un homme amaigri, par la maladie. C’est en discutant un peu avec lui qu’ils ont appris qu’il avait contracté le Covid. La version longue de la maladie, celle qui causait des dégâts à long terme. Il avait perdu beaucoup de forces pour lutter contre le virus. Il était toujours suivi, médicalement, par un médecin. Devant son état lamentable, papa faillit oublier la raison principale de sa venue. Il avait pardonné à son épouse, ma mère, mais il ne pouvait en être autant pour Roger. Il devait savoir, tout le monde devait savoir quel homme abject il avait pu être. Et il devrait s’excuser devant les victimes de ses actes infâmes. Roger était assis dans son fauteuil, Armelle et papa, côte à côte sur le canapé. Alors, papa se lança, disant à Roger qu’il savait tout de la relation intime qu’il avait poursuivie avec sa propre sœur, même après son mariage. Que c’était la raison principale pour laquelle il était venu vivre en Bretagne. Parce qu’elle y vivait. Et que c’était dans l’espoir de revivre cette relation qu’il était venu s’installer près de Laval, à moins de trente kilomètres de sa sœur incestueuse.
Armelle était complètement abasourdie en entendant ces révélations. Et Roger ne se défendait même pas, confirmant ainsi ce que disait mon père. Elle savait évidemment la relation particulière que son mari entretenait avec sa sœur. Une relation très fusionnelle. Elle avait donc facilement accepté le déménagement vers la Bretagne. Mais elle avait trouvé un travail, des amies, qu’elle avait dû quitter pour venir à Laval. Elle en connaissait la raison principale et elle trouvait cela inacceptable. Un homme, un vrai, ne devrait jamais se comporter ainsi avec une femme. Avec SA femme. Elle avait envie de se venger, de lui faire autant de mal qu’il avait pu lui faire. Elle avait toujours été fidèle à son mari, même après qu’elle fut convaincue qu’il la trompait. Mais là, les révélations étaient au-dessus de tout ce qu’elle pouvait supporter. Papa, assis près d’elle, avait compris la rage qui montait en elle. Elle était prête à exploser. Ou à fondre en larmes. Habituellement, Armelle n’était pas vindicative. C’était une personne calme et dévouée à sa famille. Mais ce qu’elle venait d’apprendre dépassait les limites de ce qu’elle pouvait supporter. Elle allait se lever, pour invectiver celui qui l’avait trompée toutes ces années. Mais papa avait eu une autre idée. Devant son beau-frère, il proposa à Armelle, la femme trompée et humiliée, de faire l’amour avec lui, qui devait également se venger de l’affront. Armelle fut tout d’abord choquée par cette proposition indécente. Elle n’était pas ce genre de femmes. Mais, en voyant le regard suppliant de Roger, qui lui, ne voulait surtout pas assister à ça, elle commença à réfléchir plus précisément à cette proposition.
Oui, Roger devait être puni, et même humilié si possible. Elle ne voyait pas vraiment comment elle pourrait y parvenir et la proposition de mon père était finalement un bon moyen pour la venger. Et, second avantage, elle aurait sans doute un vrai moment de plaisir. Cela faisait très longtemps qu’un homme ne l’avait plus touchée. Depuis que Romuald était avec Ludivine, il n’était venu la voir que deux fois, et sa copine était avec lui. Il ne l’avait donc plus touchée, comme il le faisait auparavant. Elle était très heureuse que son petit dernier ait trouvé le bonheur.