Et pan ! (06/17)

Il devait savoir si c’était réciproque, c’était le plus important à ses yeux. Il resta un peu plus longtemps à discuter avec l’entraîneur, à propos du prochain match de championnat. Ils n’étaient plus très nombreux lorsque David se rendit sous la douche, juste à côté de son protégé. Lui, il se lavait toujours, mais très lentement. David parlait avec un autre joueur, à sa gauche, de la météo qui était au beau fixe pour la saison. Comment souvent, on parlait de l’été indien. Mais c’était tout simplement le nôtre. Lol. (Joe Dassin, pour les connaisseurs). Tout en parlant avec lui, David gardait un œil vers Alban qui ne s’intéressait pas du tout à leur conversation. Il restait obstinément tourné vers la paroi de faïence et David devina pourquoi. Il bandait très fort. De toutes ses années passées dans le club, durant les séances de douche, jamais David n’avait vu un de ses partenaires bander sous la douche. Ce qui était logique, tous étaient hétéros convaincus. Et certains étaient mariés, tout comme lui. Alors, bander sous la douche n’était pas courant ici. Très vite, ils se retrouvèrent seuls, tous les deux, dans la salle commune. Au moment où le dernier joueur quittait le vestiaire, le gardien du stade entra pour constater qu’il restait encore du monde. Il demanda à David de refermer les lumières en quittant les vestiaires et de le prévenir de son départ, à l’entrée du stade.

Ils étaient seuls, désormais, sous la douche qui ne coulait plus sur le corps d’Alban. Il s’est tourné un peu brusquement et son sexe bandé est venu frôler celui de David. Qui réagit aussitôt. C’est Alban qui prit lui-même l’initiative de poser sa main sur la queue de son maître de stage. Une queue qui gonflait toujours sous les caresses du jeune homme. David n’avait rien pu faire, il n’avait pas envie que cela cesse. Il laissa donc Alban caresser son sexe, amoureusement. Alban leva enfin les yeux, remplis de larmes, vers David. Il était heureux, cela était indéniable. Ils restèrent ainsi de longues minutes à se regarder, les yeux dans les yeux. Mais Alban continuait sa caresse, imperturbable. C’est évidemment lui qui craqua le premier. Avec un petit gémissement d’animal blessé, il s’accroupit rapidement devant David, en écartant ses genoux pour rester très près de lui. Sa bouche se retrouva tout naturellement face à la queue qu’il manipulait. Ce furent ensuite ses lèvres qui vinrent s’emparer du gland turgescent. David poussa un profond soupir en sentant sa queue, bien au chaud dans la bouche de son stagiaire.

C’était une première, pour l’un comme pour l’autre. Alban en avait rêvé depuis qu’il avait rencontré David. C’était, pour lui, sa toute première expérience en matière de sexe. Il avait déjà vu des vidéos porno, des femmes qui suçaient des queues toujours impressionnantes. Il n’avait jamais imaginé, à ce moment-là, que ce serait lui, un jour, qui le ferait pour de vrai. Avec un homme. Comme (presque) tous les garçons de son âge, il avait déjà eu des copines. Bisous, parfois très appuyés, caresses. Surtout la poitrine de sa jeune compagne. Il n’y avait trouvé qu’un peu de plaisir, pas l’extase que ses camarades décrivaient. Bien sûr, il leur mentait en prétextant que lui aussi avait joui. Cela n’arrivait que lorsque la jeune fille acceptait de caresser sa queue. Ce qui n’arrivait pas très souvent. Alban n’était pas gay, pas plus que David. C’était simplement deux âmes qui s’étaient trouvées, et qui souhaitaient expérimenter cette nouvelle vie. L’homosexualité, qu’elle soit masculine ou féminine, n’est pas une maladie qui s’attrape, comme la grippe ou la rougeole. Ce n’est pas non plus génétique. Ce n’est qu’une préférence qui nait dans l’esprit de chacun. Des personnes aiment le chocolat, certaines personnes détestent ça. Pareil pour le fromage, ou tout autre chose. Alban reproduisait méthodiquement ce qu’il avait pu voir dans les films qu’il avait regardés. Et il se débrouillait plutôt pas mal. Il leva les yeux pour admirer le visage extatique de David. C’était la première fellation de sa vie. Il en avait rêvé, un peu, mais il n’avait jamais osé demander ce genre de choses à Evelyne. Il la respectait trop pour l’avilir ainsi. Ni fellation, ni sodomie. Elle n’avait jamais demandé plus et ils étaient très heureux comme ça. Sans être véritablement dominatrice, si elle avait désiré plus que cette pratique « vanille », elle aurait sûrement osé le demander, David en était certain. David n’avait connu qu’une seule femme, si on excepte Anita. Même si elle était une fille facile, à l’époque, il n’avait couché avec elle que pour acquérir un minimum d’expérience, avant de faire l’amour avec Evelyne, la femme de sa vie.

David, l’adulte, responsable et chef d’équipe, était redevenu un adolescent qui recevait sa première gâterie. Il fut même incapable de prévenir son partenaire de son éjaculation impromptue. Il lâcha la sauce en tenant la tête du jeune homme qui, malgré lui, avala toute la semence. Il savait évidemment à quoi il s’exposait, il n’en était pas surpris. Et la ténacité avec laquelle David avait tenu sa tête au moment suprême lui promettait d’autres fois, en d’autres lieux. Ils regagnèrent le vestiaire pour se sécher, se changer. L’un comme l’autre, ils étaient plutôt perturbés par ce qui venait d’arriver. Chacun des deux hommes savait que, de toute façon, c’était inéluctable, que cela devait arriver un jour, fatalement. Mais le plus perturbé des deux, c’était bien David, pour qui cette situation était toute nouvelle. Il quitta le bâtiment après avoir tout éteint et il prévint le gardien de son départ. David rentra chez lui, un peu honteux. Alban reprit son vélo pour retourner chez lui. Seul, mais des images plein la tête. C’était principalement le visage extatique de David qui lui revenait en mémoire et il savait, à ce moment-là, qu’il avait eu totalement raison de prendre l’initiative. Sans lui, rien de tout cela ne serait arrivé. Alban est un garçon, né sous l’ère numérique. Comme les autres de son âge, et les plus jeunes aussi, il prend simplement son téléphone pour aller chercher, sur Internet, les informations dont il a besoin.