Il en parlait avec tellement de convictions que jamais Nadège ne s’est posé la question de savoir si c’était vrai, ou pas. Elle le croyait, sans aucun doute possible. Mais elle faillit tout arrêter quand un soir, pour la saluer, il l’appela « petite chienne ». C’était la première fois qu’il tentait de la rabaisser à un simple animal, à un simple objet. Deux jours durant, elle ne répondit plus à ses messages. Mais elle se rendit compte, finalement, que cette première insulte avait eu un effet spécial sur elle. Dans son esprit. Oui, il avait raison. Vincent ne la connaissait pas véritablement mais il avait réussi à cerner sa personnalité. Elle n’était plus la jeune fille que Cédric avait rencontrée, il y a quelques années. Elle avait changé. Et même elle s’était transformée en créant elle-même ce profil, avec une photo très explicite. Oui, elle était devenue plus chienne que chatte. Elle l’avait voulu, ou du moins, Cédric, son mari la voulait ainsi. Quand elle rentra chez elle, ce soir-là, elle alla directement dans la salle de bain. Après une longue douche, elle sortit son téléphone portable et entreprit de faire une vidéo, en selfie, de son corps, dans le miroir. Elle fit très attention que l’on ne voit jamais son visage, mais elle dévoilait tout le reste. Sans aucune pudeur. Et surtout sans crainte. Elle téléchargea la vidéo sur son ordinateur portable et elle la revisionna plusieurs fois, afin d’être certaine que personne ne pouvait la reconnaître. Ensuite, elle se connecta à cette messagerie instantanée et elle envoya la vidéo à son nouvel ami. Avait-il un sixième sens, ou bien attendait-il un message de sa part ? Toujours est-il que moins de deux minutes après, Vincent lui répondit. Il envoya tout d’abord un cœur ❤ pour dire à quel point il adorait cette vidéo. Avant d’entamer une véritable conversation avec Nadège. Il commença par un :
« Bonjour, petite chienne. »
Elle faillit fermer son ordinateur mais elle ressentit une envie de savoir, ainsi qu’un léger picotement au niveau de son ventre. Inutile de nier l’évidence, elle venait d’envoyer une vidéo très explicite. Elle finit par lui répondre.
« Bonjour Maître. »
C’était la première fois qu’elle le nommait ainsi. Vincent la félicita pour son initiative. Il n’avait jamais rien demandé, mais il avait obtenu plus qu’il ne l’espérait au début de leurs échanges. Il lui fit énormément d’éloges sur son corps qu’il jugeait parfait. Au cours de cette discussion, il lui demanda plusieurs fois d’allumer la webcam de son ordinateur. Avec toujours un « Non » sans équivoque. Puis, il lui proposa de faire un test de visioconférence, avec un outil en libre accès. Elle devait aller sur un site et lancer une visio, avec le nom qu’elle souhaitait. Elle serait évidemment seule sur cette visio, tant qu’elle n’invitait personne à la rejoindre. Mais cela lui permettait de vérifier par elle-même ce que ses interlocuteurs pourraient voir. Si elle invitait quelqu’un. Nadège avait déjà assisté à des visioconférences, dans le cadre de son travail. Elle connaissait l’outil proposé par Vincent. Elle lança donc une nouvelle fenêtre de son navigateur Internet pour vérifier ce que Vincent lui avait dit. Effectivement, vu qu’elle était seule sur la visio, elle se voyait chez elle. Elle put donc régler l’inclinaison de l’écran pour que son visage n’apparaisse jamais à l’écran. Elle bougea un peu, fit semblant de pianoter sur son clavier. Son visage restait hors du champ de la webcam. Rassurée, elle revint discuter avec Vincent. Elle confirma ce qu’il lui avait dit. Qu’elle pouvait gérer elle-même ce que les autres pouvaient voir. Il lui demanda alors si elle voulait bien lui donner accès à cette visio. Elle hésita quelques secondes. Elle savait que cela pouvait arriver. Un jour. Pourquoi pas ce soir ? Elle avait fait les tests et ils étaient concluants. Elle gardait la possibilité de couper à tout moment, si cela devenait trop personnel à son goût.
Vincent avait gagné. Elle lui confia le nom de la visio qu’elle avait lancé. Il apparut très vite devant sa propre caméra. Il la salua, comme s’il la rencontrait pour la première fois. C’était vrai, visuellement. Il lui fit de nouveau des compliments sur ce qu’il voyait de son corps. Regrettant tout de même de ne pas en voir autant que sur la vidéo qu’elle lui avait envoyée. Il savait être très persuasif et, à force, il finit par la convaincre qu’elle pouvait bien ouvrir son corsage. Il en avait déjà vu bien plus. Elle commença par les deux boutons du haut, dévoilant ainsi la naissance de sa poitrine. Puis, ses mains disparurent de l’écran. Elle défit les boutons du bas, sortant le corsage coincé sous la ceinture de sa jupe. Il aperçut de nouveau ses mains lorsqu’elles arrivèrent au dernier bouton. Celui qui maintenait encore son vêtement bien en place. Elle fit un peu durer le suspense. Avant de défaire ce dernier bouton. Elle écrivit à son ami.
« Content ? »
Le vêtement cachait encore la plus grande partie de son buste. Il pouvait simplement deviner qu’elle n’avait que son soutien-gorge sous le corsage. De couleur foncée, noir ou violet très sombre. Il lui en fit la remarque. Nadège bougea les épaules et le vêtement s’écarta très légèrement. Vincent en voyait un peu plus. Vincent comprenait fort bien qu’elle ne donnerait que ce qu’elle avait envie de donner. Pas plus. Il avait déjà obtenu beaucoup et il lui en était reconnaissant. La conversation continua. Mais c’était surtout lui qui avait des choses à dire. À écrire. Nadège lisait, et réagissait parfois, demandant des précisions. Elle était toujours en phase d’apprentissage. Au bout d’un long moment d’échanges, Nadège laissa finalement son corsage glisser de ses épaules. Elle était devant Vincent, juste avec son soutien-gorge. Il ne fit aucune remarque, laissant doucement Nadège venir à lui. Sans réaction de sa part, elle finit par lui demander comment il trouvait sa tenue. Ou plutôt son manque de tenue. Il réagit aussitôt avec une émoticône « éclat de rire » 😃. Juste après, il commenta.
« Très joli. Surtout si le bas est assorti à ce que je découvre. »
Nadège hésita un instant, elle dégrafa sa jupe et se leva immédiatement.