C’était déjà plus ou moins la fin de leur histoire, à toutes les deux. Ingrid avait fini par rencontrer un homme, en qui elle avait confiance. Et surtout qui lui promettait de l’aimer toute sa vie. Elle retrouva les sensations oubliées depuis déjà longtemps. Faire l’amour avec un homme, ou avec une femme, c’est totalement différent. Les deux peuvent être intenses, mais jamais l’un ne pourra remplacer l’autre. Ingrid se décida à quitter Yolande, pour se donner toutes les chances, juste au moment où Nathalie lui fit sa révélation. Yolande aurait pu prendre cela pour une menace, mais ce n’était pas le cas. Nathalie était mariée, Yolande le savait puisqu’elle voyait aussi parfois le papa. Elle pensait que ce couple était indestructible mais elle comprit qu’il n’en était rien. Nathalie se posait trop de questions. Comment deux femmes pouvaient-elles faire l’amour ? Quels plaisirs pouvaient-elles ressentir ? Yolande n’avait qu’un seul moyen de lui répondre. Par un doux baiser sur la bouche. Dès le premier contact, Nathalie ouvrit la bouche et laissa la langue adverse venir investir son palais.
Très rapidement, les mains de Yolande découvrirent le corps de sa complice, plus jeune et totalement inexpérimentée. Une des mains put se glisser sous sa robe, entre ses cuisses. Dans sa culotte. L’autre main avait habilement défait les boutons de la robe et avait baissé la bretelle du soutien-gorge. Il suffisait à sa bouche gourmande de se pencher légèrement pour aspirer l’un de ses tétons. Ivre de plaisir, Nathalie connut son premier véritable orgasme entre les bras de Yolande. Une experte en la matière. Beaucoup plus tard, Nathalie raconta à son amie ses débuts dans la vie. Elle avait rencontré Laurent, son mari, sur les bancs de l’école. Au lycée. Il avait été son premier homme. Et le seul. Lorsqu’elle est tombée enceinte, il l’avait aussitôt demandée en mariage. Elle pensait que sa vie était parfaite, jusqu’à ce premier coup de tonnerre. Dans les bras de Yolande. Elle ne pouvait pas. Il lui était impossible de renoncer à ce qu’elle venait de vivre. Et impossible également de quitter son mari, qu’elle aimait par-dessus tout. La seule solution, c’était la double vie, le mensonge permanent. Chaque fois qu’elle venait chercher son fils, elle se promettait de résister à la tentation. Mais, dès que Yolande posait une main sur elle, même innocemment, elle craquait aussitôt et elle se donnait à elle, corps et âme. Elle s’en voulait toujours énormément, en rentrant chez elle. Elle se fustigeait, se traitait de mère indigne et de femme adultère. Mais, chaque fois qu’elle se retrouvait seule avec Yolande, la magie opérait et elle devenait une autre. Elle s’en voulait terriblement et elle était même prête, parfois, à tout avouer à son mari. Jusqu’au jour où elle le trouva dans les bras de Yolande !
Il avait fini son travail plus tôt, ce jour-là, et il avait décidé d’aller chercher leur fils chez la nourrice. Il lui avait, bien évidemment, laissé un texto sur son portable mais elle n’avait pas pris le temps de le lire. Tous les jours, elle sortait précipitamment de son travail pour aller chercher son enfant. Elle ne se posait même plus la question, si c’était pour le récupérer plus vite, ou bien pour passer un peu de temps avec Yolande. C’était sûrement un peu des deux. Quand elle a vu les mains de Laurent sur la taille de Yolande, elle en avait frémi. Elle se voyait elle, à sa place, osant enfin faire le premier pas vers son amante. Ce n’était certainement pas la première fois entre Laurent et Yolande car elle le laissa l’attirer contre lui. Une fois collés-serrés, il l’embrassa tendrement tandis que ses mains prenaient possession de son corps, de ses seins. Yolande n’avait jamais caché à Nathalie qu’elle avait, parfois, des aventures avec les pères des enfants qu’elle devait garder. Mais Nathalie était loin d’imaginer que son propre mari était de ces amants. Elle faillit intervenir en trombe lorsqu’il souleva la jupe de Yolande. Il allait la tromper ! Là. Devant elle. Mais, très vite, elle se ravisa. Au final, il faisait exactement ce que, Elle, faisait, depuis des mois. Tromper son mari est une chose. Mais, s’il vous trompe lui aussi, cela devient un juste retour des choses. Elle repartit donc le cœur libéré. Elle put tranquillement aller faire les courses au supermarché, sans son fils. Elle était toute heureuse de savoir que, ce qu’elle faisait avec Yolande n’avait plus aucune importance, puisque Laurent lui-même la trompait dans son dos. Il ignorait certainement qu’elle en faisait autant. Et surtout avec la même femme.
Dès la semaine suivante, Nathalie reprit sa vie en main. Sans aucun complexe, elle embrassa Yolande sur la bouche dès en arrivant. Et, tant pis si quelqu’un les voyait. C’était d’ailleurs en surprenant l’assistante maternelle dans les bras d’une autre femme que tout avait commencé entre elles. Yolande m’avoua qu’elle voyait toujours Nathalie. Et Laurent aussi. Parfois. Elle me confia même ce que Nathalie avait ressenti. Depuis qu’elle s’était libérée de son mensonge, son couple était bien plus serein qu’avant. Nathalie savait pour Yolande et son mari. Mais elle n’en parla pas tout de suite avec sa maitresse. Elle était trop heureuse de sa nouvelle vie. Quand elle décida finalement d’en parler avec Yolande, c’était pour la remercier d’avoir sauvé son couple. Nathalie savait pertinemment que Yolande avait d’autres femmes. D’autres hommes aussi, certainement. Elle n’était pas jalouse, du moment qu’elle pouvait elle-même passer un peu de temps entre les bras chaleureux de Yolande. J’avais écouté ses confidences avec beaucoup d’attention. Et même de l’intérêt. Je voulus finir sur une pointe d’humour en proposant à Yolande de me présenter son amie, Nathalie. De Nous présenter, à Malika et à moi-même. Ce qui n’était qu’une blague, pour moi, Yolande y repensa longtemps après. Plusieurs semaines après notre premier trio, il y en a eu beaucoup d’autres ensuite, nous avons été invités à dîner chez Yolande. Nathalie était présente, avec son fils. Nylann et lui se connaissaient un peu. J’ignorais encore comment. Les deux enfants jouaient ensemble tandis que nous faisions connaissance les uns avec les autres.