Une nouvelle vie commence (08/17)

De plus, cela la rassurait un peu qu’il ne se retrouve pas abandonné dans une ville qu’il ne connaissait pas encore très bien. De leur relation entre eux deux, je n’en ai rien su, mais je suppose qu’elle continuait et continuera lorsqu’il retournera chez elle, les week-ends. La cohabitation s’était très bien passée dès le début, sans aucune équivoque. Il avait sa chambre, j’avais la mienne. Il travaillait dur, le soir après ses cours, pour être au niveau des meilleurs de sa classe. Il faisait aussi beaucoup de sport, en dehors de son école et dans l’appartement. Quand je le voyais faire ses exercices de musculation, je venais parfois le rejoindre. Pour cela, j’étais en leggings plutôt moulant et brassière. C’est ainsi qu’un soir, on sonna à ma porte. J’allais ouvrir, un peu essoufflée par l’effort que je venais de fournir, et je me retrouvais face à Ludivine, la fille de Christiane, la plus jeune. Je ne l’avais plus revue depuis le mois de Juillet. Elle posa un petit baiser sur ma joue en pénétrant dans l’appartement mais, dès que la porte fut refermée, ce fut un vrai baiser passionné que nous avons échangé. Elle s’est écartée de moi lorsqu’elle a entendu les respirations de Romuald. Je la guidais jusqu’à lui pour les présenter l’un à l’autre. Mais, en les voyant côte à côte, je me suis rappelée qu’ils s’étaient déjà croisés chez moi, en Juin.
Je proposais un thé à Ludivine qui préféra me laisser continuer mes exercices avec Romuald. Elle était très intéressée et elle se joignit à nous assez rapidement. Sa tenue n’était pas très adaptée pour certains des exercices et, quand elle se penchait en avant, je pouvais apercevoir sa lingerie. Je ne me gênais pas pour l’admirer. Romuald aussi l’avait vue et les exercices qu’il proposait la mettait très souvent en situation d’exhibitionnisme. Pour notre plaisir à l’un et l’autre. Ludivine, innocemment, ne semblait pas s’en rendre compte. Au bout d’un moment, elle se trouvait penchée en avant, les mains sur ses chevilles. Elle tourna alors la tête vers moi pour apercevoir mon regard fixé sous sa minijupe. Dans cette même position, elle a bien dû s’apercevoir que Romuald profitait lui aussi du même spectacle. Nous avons bu une boisson désaltérante, juste après, et ils ont pu faire un peu plus connaissance. Face à face. Lol. Ludivine n’avait pas encore repris ses cours à la fac, mais elle s’entrainait seule, en dehors de la patinoire, pour récupérer sa forme physique. Elle indiqua à Romuald sur quel terrain elle allait courir, je précisais que ce n’était pas très loin de chez moi et que des rugbymen s’y entraînaient parfois. Un souvenir qui fit frissonner la jeune beauté. Romuald se proposa de venir la rejoindre, parfois, et Ludivine accepta. C’était beaucoup plus agréable de faire du sport en groupe. De plus, vu la formation que suivait Romuald, il pouvait la guider, l’aider dans ses exercices de musculation et pour les étirements, en fin de séance. Elle était gaie comme un pinson lorsqu’elle est repartie, une bonne heure plus tard.
Je n’ai pas su immédiatement qu’ils s’étaient revus, mais elle est revenue un autre soir, habillée d’une façon plus adaptée pour suivre l’entraînement que Romuald lui avait proposé. C’est comme ça que j’ai appris qu’ils se retrouvaient fréquemment sur le stade. Et donc, chez moi pour les exercices de musculation. Je ne les accompagnais pas toujours pendant leurs exercices. Ce que Ludivine me reprocha un soir. Un peu vexée de sa remarque, je me joignais à eux, sans me changer au préalable. Je savais précisément ce que je faisais et je m’exhibais volontairement devant eux. En me retournant soudainement, je les vis qui souriaient. À la fin de la séance, je les laissais seuls pour aller prendre une douche bien méritée. En sortant de la douche, je pensais que Ludivine était partie, puisque je ne la voyais plus. Ce n’est que beaucoup plus tard que je les ai vus sortir de la chambre d’ami. C’était involontaire de la part de les avoir présentés l’un à l’autre, mais le hasard faisant bien les choses, ils s’étaient trouvés des affinités et ils se voient régulièrement maintenant. Je pense pouvoir affirmer qu’ils sont ensemble. Et l’avenir me le confirmera. Mais j’avais d’autres soucis en tête en roulant vers mon rendez-vous avec la maitresse d’école de mon fils. Pourquoi s’était-il battu ? Et quelles en seraient les conséquences ?
Je n’étais pas très fière en pénétrant dans l’enceinte de l’école. Je demandais mon chemin au concierge, à l’entrée et il m’indiqua la direction de la salle de classe où j’étais attendue. Madame Desaintbrice, son nom était inscrit sur la porte, m’attendait, assise derrière son bureau. J’ai eu une petite hésitation en la voyant. C’est une très belle femme qui a sensiblement mon âge, même si elle paraissait un peu plus âgée. Elle m’a prié de m’asseoir face à elle et l’entretien a pu débuter. C’était la première fois que mon fils se montrait violent, et elle cherchait à en connaître la raison, afin que cela ne se reproduise pas, à l’avenir. Elle précisa, juste après, qu’il n’y avait rien de grave et que cela permettait de nous rencontrer. À nouveau. Je la regardais, étonnée, car j’étais bien certaine de ne l’avoir jamais rencontrée. Je savais que justement, elle venait de prendre ses fonctions dans cette école et je ne voyais absolument pas où j’avais pu la rencontrer auparavant. Elle me laissa mijoter un petit moment en me souriant. Puis, elle ajouta.
« Marguerite. C’est mon prénom. Cela t’aide un peu ? »
J’étais d’autant plus perplexe que j’étais bien sûre de n’avoir jamais connu de Marguerite.
« Bon, j’arrête de t’embêter. Au lycée, on m’appelait surtout « la bigote ».  »
Au moment où elle a prononcé le surnom dont certains l’avaient affublée, à l’époque, tout me revenait en mémoire et je comprenais mon sentiment de déjà-vu en pénétrant dans cette salle de classe. C’est vrai que c’était une camarade de classe mais nous n’avions jamais été vraiment amies. Nous vivions dans deux mondes différents. J’étais déjà très entourée, surtout par les garçons de mon âge, elle était toujours seule, ou presque. J’étais très populaire, elle était presqu’invisible. Je lui demandais pardon de ne pas l’avoir reconnue aussitôt.

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