Martine (08/23)

Voilà une demande que j’acceptais avec un grand plaisir. En rentrant chez moi, je tombais nez à nez avec Denise qui venait de finir les quelques heures de ménage chez un retraité « plein de fric ». Ce sont ses propres mots. Il était très gentil et plutôt attentionné, rien à voir avec son autre travail chez une vieille femme acariâtre.

Il aimait lui faire de petits cadeaux et, justement, la semaine dernière, elle avait choisi elle-même sur un catalogue de vente par correspondance, un ensemble culotte soutien-gorge qu’il tenait à lui offrir. Il venait de recevoir le colis ce jour-là et elle avait essayé, et adopter, sa nouvelle tenue. Vous vous doutez bien qu’il demanda à la voir dans cette tenue.

Elle avait finalement accepté, à condition qu’il ne la touche pas. Elle lui avait donc présenté sa nouvelle tenue et avait « défilé » devant lui comme un modèle de magazine. Elle ouvrit son corsage pour me laisser apercevoir son nouveau soutien-gorge, croyant que je doutais de ses dires. Nous avons bien sûr encore parlé de mon nouveau statut de jeune femme. Avant de nous quitter, elle m’invita à une soirée organisée par Fabienne, une autre amie de l’année dernière.

Fabienne était fille unique, c’était d’ailleurs la seule parmi mes anciennes copines. Toutes les autres avaient au moins un frère ou une sœur. Ses parents étaient plutôt aisés, sans être immensément riches. Ils étaient propriétaires de la supérette et du petit bar attenant. Son père, Fernand, s’occupait principalement de la supérette, Gisèle, sa maman, tenait le bar. Son mari la remplaçait le soir, quand le magasin était fermé.

Gisèle, qui avait fait des études universitaires, organisait, une fois par semaine, le mercredi le plus souvent, une soirée « Lecture » dans son bar qui était de fait fermé aux autres clients. Se réunissait chez elle tout le gratin de notre petite commune. Parfois, comme ce mercredi-là, un auteur était invité à venir faire la lecture de son dernier roman. Suivait une séance de dédicaces pour les personnes qui achetaient son livre, en vente dans la supérette évidemment.

Mes parents n’étaient pas trop d’accord habituellement pour que je sorte le soir, en milieu de semaine. Là, c’était les vacances et j’étais invitée chez Fabienne. Cela changeait tout. Elle avait toujours été une très bonne élève, la seule en réelle compétition avec moi pour les places d’honneur. Sauf les deux dernières années où elle s’était un peu laisser aller. Sa mère était déçue qu’elle ne puisse poursuivre ses études mais, en contrepartie, elle était devenue la reine de son nouveau collège.

Elle avait une véritable cour à ses pieds et c’est justement ses groupies qui étaient invitées ce soir-là. J’aperçus une lueur de déception lorsqu’elle me vit arriver. Mais elle changea d’attitude quand Denise leur dévoila que j’étais une jeune femme désormais.

Toutes m’assaillirent de questions, certaines très personnelles. Et j’y répondais du mieux possible. Seule Fabienne ne demandait rien mais je la voyais très intéressée par les questions des autres filles et surtout par mes réponses. Cela correspondait évidemment à ses propres interrogations. À cette époque, il était difficile d’obtenir de vraies réponses sur certains sujets.

Je vis que Fabienne se concertait avec deux filles, qui aussitôt après me posèrent des questions pertinentes. Mes réponses le furent tout autant, du moins par rapport à mes toutes nouvelles connaissances. Fabienne semblait satisfaite d’avoir obtenu des réponses, elle l’était un peu moins car c’était moi, encore, qui avait la vedette pour ce début de soirée. Mais elle avait prévu une surprise de taille pour cette nuit-là. Deux surprises, à vrai dire.

La première était de visionner ensemble, avec ses groupies, un film qui faisait couler beaucoup d’encre à cette époque. Le film « Emmanuelle » venait de sortir en vhs et ses parents en avaient gardé un exemplaire chez eux. La seconde surprise était de les faire boire jusqu’au coma, qu’elles puissent connaître leur première cuite.

Ma présence avait dérangé légèrement ses plans initiaux mais elle avait trouvé une parade, un moyen de reprendre l’avantage sur moi. Je l’ai bien vue discuter avec les mêmes filles que tout à l’heure mais je n’ai pas compris ce qu’elles se disaient. Fabienne sortit les bouteilles d’alcool, les deux filles amenèrent les verres pour chacune d’entre nous. Je fus servie la première, et resservie aussitôt que mon verre était vide.

Je n’ai pas compris immédiatement qu’elles souhaitaient que je sois la première à perdre mes moyens. Après deux ou trois verres bien remplis, je n’avais plus toute ma tête mais j’étais parfaitement bien, euphorique. Et très rigolote, d’après ce que l’on m’en a dit bien plus tard. J’étais pompette bien avant les autres. Et le film débuta enfin.

L’histoire était quelque peu banale mais les scènes érotiques se succédaient les unes aux autres. Imbibée d’alcool comme je l’étais, je n’ai nullement réagi quand les deux filles ont commencé à caresser mes seins, puis à relever mon maillot. J’étais en soutien-gorge devant les amies de Fabienne qui tentaient de reproduire sur moi, ce qu’elles voyaient à l’écran.

L’alcool aidant, j’avais écarté mes cuisses et des mains curieuses s’immiscèrent sous ma jupe. Sans m’en rendre vraiment compte, j’étais maintenant presque nue. Seule ma culotte protégeait encore mon intimité. J’étais bien, j’étais heureuse. J’étais encore une fois la source de toutes leurs attentions et je commençais à mouiller énormément.

Je voyais parfois des images du film et je m’identifiais à l’héroïne. J’étais caressée, utilisée comme une poupée de chair et j’avais chaud, très chaud entre mes cuisses. Le dernier rempart tomba enfin et j’étais désormais entièrement à leur merci.

Tout aurait pu se passer normalement, des jeunes filles qui vivent leur première expérience saphique. Mais c’était sans compter sur la perversité de Fabienne qui voyait là une chance inespérée de se venger de moi, de toutes les humiliations subies par le fait que j’étais meilleure qu’elle, parfois.

J’étais caressée, pelotée et j’adorais tout ce qu’elles me faisaient, même si, encore une fois, on aurait pu dire que c’était un viol. Fabienne revint avec sa brosse à cheveux et eût envie de me dépuceler avec. Elle voulait faire de moi une vraie femme, et reprendre l’ascendant sur ses « amies ». Quelques-unes se révoltèrent, un peu, puis le silence. L’heure du grand sacrifice était arrivée. C’est à ce moment précis que les parents pénétrèrent dans la villa, coupant court à l’exécution programmée. J’assistais à la scène en tant que spectatrice, toujours embuée par les vapeurs alcooliques.

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