Première soirée au « CASTEL » (04/26)

La discussion entre les deux femmes ne pouvait présager de ce qui se passerait juste après. C’est son amie qui lui remit sa jupe, qui l’ajusta. Elle laissait volontairement traîner ses mains sur les fesses d’Armelle. Vu qu’elle se laissait faire, la couturière devint plus directe et, lorsqu’elle glissa sa tête sous la jupe d’Armelle, celle-ci avait déjà cessé de combattre ses envies pour laisser libre cours à ses pulsions. Les deux femmes se revoyaient épisodiquement, mais régulièrement depuis cette première fois. Et là, ce soir, entre les mains de Szofia, Armelle retrouvait la passion des amours entre femmes. Même si beaucoup d’autres personnes pouvaient les voir, les regarder faire, elle ne voyait que Szofia et ses mains expertes. Norbert, le restaurateur, et traiteur, se leva pour venir voir de plus près. Il avait évidemment été très impressionné par la vue de Szofia avec ses deux mignons. Et là, il voyait pour de vrai deux femmes ensemble. Il se rapprocha, toujours suivi de sa femme, légèrement effacée derrière lui. Mais elle aussi semblait très intéressée par ce qui se passait sous ses yeux. Catherine gardait le plus souvent les yeux baissés. Mais elle ne quittait pas les mains de Szofia sur le corps de la femme soumise à ses désirs. Toute sa vie avait été d’une platitude incroyable. Mariée très jeune, elle n’avait connu qu’un seul homme, son mari. Lui n’en était pas à sa première fois au cours de la nuit de noce. Elle n’avait jamais douté de sa fidélité, ni lui de la sienne. Ils formaient un couple uni et comblé. Réussite professionnelle et familiale, avec deux beaux enfants, adultes et volant de leurs propres ailes, désormais. Leur grand fils, de vingt-quatre ans, était déjà marié et il attendait un heureux événement pour le printemps prochain. Leur fille, vingt-deux ans, préférait continuer ses études, apprendre. Et profiter de la vie. Norbert, son papa, la considérait comme une enfant, qu’elle n’était plus depuis longtemps. Catherine le savait mais elle n’avait jamais pu en parler à son mari. Catherine, tout comme Norbert, avait toujours été très heureuse dans son couple. Une relation simple mais basée sur le respect l’un de l’autre. Elle n’avait jamais eu de doute en ce qui concerne sa fidélité, même si certaines serveuses semblaient un peu trop aguichantes à son goût. Elle-même n’avait jamais regardé un autre homme. Jamais. Et une femme encore moins.

Elle savait toutefois que cela pouvait arriver, deux femmes ensemble. Ou bien deux hommes. Elle avait souvent reçu dans son restaurant des couples homosexuels, hommes ou femmes. Elle avait été très embêtée, un jour où elle avait pénétré dans la chambre de sa fille sans frapper à la porte au préalable. Elle savait que sa fille était en train de faire des révisions avec une camarade de classe. Elle les avait surprises en plein ébat amoureux. Sa fille chérie, allongée sur son lit, cuisses largement écartées. L’autre jeune fille était pratiquement nue, elle ne portait plus que sa petite culotte. Mais elle était plongée entre les cuisses de sa fille qui soupirait de plaisir. Catherine n’avait jamais eu un tel comportement pendant sa jeunesse, son adolescence. Jamais elle n’avait imaginé cette même situation. Les deux jeunes filles étaient tellement bien occupées qu’elles ne sont pas rendues compte de sa présence. Elle a quitté la chambre sans bruit. Mais elle est restée un bon moment, tout près de cette même porte, à écouter les gémissements de sa fille. Et sûrement de l’autre fille aussi. Elle en avait été plutôt retournée. Elle n’avait pas osé poser sa propre main entre ses cuisses. Elle ne pouvait pas fait ça. Mais, le soir, avec son mari, elle avait guidé sa tête vers son sexe. Cela faisait très longtemps qu’il n’avait plus tenté de la lécher ici. D’habitude, c’était surtout quelques caresses, de petits bisous sur ses tétons et il la prenait en missionnaire. Là, elle avait envie de plus, et il a su la faire grimper aux rideaux avant de la pénétrer très profondément. Elle avait joui intensément cette fois-ci et chaque fois que sa fille Estelle recevait la visite d’Alice, sa copine. Catherine faisait semblant de n’être pas au courant de ce qu’elles faisaient ensemble mais, dès que la porte de la chambre était refermée, elle n’était pas très loin à écouter les gémissements de l’une ou l’autre. Et jouissance extrême, le soir avec son mari qui n’a jamais su vraiment pourquoi ce retour d’affection. Il en était ravi et il ne cherchait pas à en savoir davantage. Cela dura presque deux ans, sans vraiment d’interruption, hormis les vacances scolaires. Et, un jour, Alice avait disparu totalement de la circulation.

Catherine n’osa pas demander pourquoi on ne la voyait plus. Estelle venait d’avoir son baccalauréat et elle se préparait à entrer à l’université, à Rennes. Quand les parents avaient été certains que c’était bien à Rennes qu’elle poursuivrait son cursus, ils avaient acheté un appartement dans la périphérie de la grande ville, mais pas trop loin de l’université. Estelle ne revenait plus tous les week-ends, et le train -train quotidien s’installa de nouveau dans le couple. Jusqu’à ce que … Un jour, Norbert, son mari, revint tout excité. Il avait été invité par Gonzague à participer à une soirée libertine. Et il n’était pas question pour lui d’y aller sans son épouse. Il lui expliqua longuement qu’ils ne seraient évidemment pas obligés de participer aux jeux sexuels. Mais il était intéressant de voir comment se passait une telle soirée. Au début, Catherine n’était pas du tout intéressée, et elle le fit savoir à Norbert. Il essaya très longtemps de la convaincre de l’accompagner, en vain. Au final, elle accepta qu’il y aille seul, sans elle. Elle resta ferme sur sa position et Norbert se demandait s’il allait s’y rendre. Il n’avait jamais trompé sa femme, même si certaines jeunes filles, qui travaillaient pour lui, avaient tenté de le séduire. Il n’était pas volage, tout simplement. Il savait se contenter de ce que la vie lui donnait, sans en vouloir beaucoup plus. Il était heureux avec sa femme et ses deux enfants. Son commerce fonctionnait plutôt bien. Alors, pourquoi risquer de tout perdre pour quelques instants de plaisir ?

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