Norbert était apprécié en tant que restaurateur, et traiteur depuis quelques années. Il connaissait pratiquement tous ses clients, sauf ceux de passage, évidemment. Mais tous les habitués l’appréciaient réellement. Pour sa cuisine et sa bonne humeur ultra contagieuse. On venait parfois de très loin pour manger chez lui et tous repartaient avec un grand sourire. C’était sa marque de fabrique à lui, la bonne humeur, autant que la bonne chère. Les notables de la ville venaient régulièrement déjeuner chez lui. Le notaire, par exemple, venait trois fois par semaine, toujours accompagné de son épouse. Une très belle femme qui savait mettre son corps en valeur. Toujours de profonds décolletés où Norbert aurait volontiers plongé. Il en avait envie, elle devait certainement le savoir et elle en jouait extrêmement bien. Son mari était bien évidemment complice et heureux de voir comment tous les hommes l’enviaient. C’était son petit plaisir à lui. À eux deux, car elle était ravie de s’exhiber presque devant des mâles qui ne pourraient jamais la toucher. C’était devenu un jeu pour ce couple, un jeu dangereux, mais calculé. À propos de la soirée au Castel, Catherine changea d’avis seulement quelques jours avant la date prévue. Elle en fit part à Norbert qui s’en trouva ravi, mais il ne connut pas la véritable raison de ce revirement de situation. Il était heureux de sa décision et il ne chercha pas quelle pouvait en être la cause. J’ai eu la chance, et le privilège, de récolter les confidences de Catherine. Et c’est avec son accord que je vous livre sa version. Catherine se trouvait derrière sa caisse tous les jours. Elle aussi connaissait la plupart des clients, surtout les hommes car c’était principalement eux qui venaient régler la note du repas. Elle passait les cartes bleues les unes après les autres, en prenant soin de bien lire le nom de son propriétaire. Les femmes qui accompagnaient ces messieurs, elle ne les connaissait pas vraiment, et elle ne faisait pas du tout attention à elles. Le notaire venait régulièrement manger chez eux, toujours accompagné par une très jolie femme. La sienne, certainement. D’autres venaient sans doute aussi avec leurs femmes, mais aussi leurs collaboratrices, leurs secrétaires peut-être. Cela n’avait aucune espèce d’importance à ses yeux, du moment que les repas étaient réglés. Ce jour-là, le notaire était venu accompagné. Son épouse, bien sûr, mais avec un autre couple. La femme était beaucoup plus jeune que l’homme. Il se tourna un instant vers elle pour la saluer et elle reconnut Maître Branchet, huissier de justice. Catherine s’occupa d’un client et elle ne regarda plus la table. Une voix féminine la sortit de sa rêverie. Une voix qui semblait venir d’un autre temps.
« Bonjour Madame. Vous allez bien, depuis tout ce temps ? »
Catherine leva les yeux sur elle et elle reconnut presque immédiatement Alice, l’amie de sa fille, qu’elle n’avait plus revue depuis six longues années. Elle avait changé, bien sûr. Elle était devenue plus mûre, plus femme, mais elle gardait encore son visage légèrement poupin. Un visage de petite fille qu’on avait forcément envie de prendre entre ses mains. Catherine lui répondit une vague réponse, sans vraiment la regarder. Elle était déjà ailleurs, se remémorant les moments passés près de la porte de la chambre de sa fille, quand elles y étaient toutes les deux. C’est tout juste si Catherine la vit disparaître vers les toilettes. Elle se leva, telle un robot. Elle demanda à la serveuse la plus proche de la remplacer quelques instants à la caisse. Quand elle entra dans la partie des toilettes réservée aux femmes, Alice était bien là, se refaisant une beauté dans le grand miroir. Elle lui sourit en la voyant s’approcher mais elle continua ce qu’elle faisait. Catherine n’était plus la même, elle n’était plus elle-même. Comme si un esprit maléfique avait pris possession de son corps, de son âme. Elle était placée juste derrière Alice lorsqu’elle l’obligea à poser ce qu’elle tenait entre les mains. Puis, avec énormément de conviction, elle entraîna la jeune femme jusqu’à la cabine pour handicapé. Alice ne comprenait toujours pas ce qui se passait. Même lorsque Catherine ferma le verrou. Les deux femmes se retrouvèrent face à face, Catherine fixait la plus jeune, sans rien dire. Puis, tout doucement, elle commença à appuyer sur les épaules de la jeune femme. Elle résista un peu, alors Catherine se fit plus pressante. Plus décidée que jamais. Maintenant qu’elle était à genou devant elle, Catherine retrouva sa voix.
« J’ai su ce que tu faisais avec Estelle, ma fille. Je vous ai vues, toutes les deux. Vous étiez bien trop occupées pour vous rendre compte que j’étais entrée dans la chambre. »
Alice était atterrée, elle pensait qu’elles avaient toujours été très discrètes. Elle se rappela comment tout avait commencé avec Estelle. Et c’est comme dans un brouillard qu’elle capta les mots de Catherine.
« Je veux connaître ces mêmes plaisirs. Maintenant. »
Le dernier mot avait été lancé avec insistance. Une telle force qui suffit à faire frémir la jeune femme. Catherine souleva le bas de sa robe en faisant un pas en avant. Elle rabaissa son vêtement par-dessus la tête de la jeune femme. Qui se retrouva face à l’intimité de la mère de son amie. Elle n’avait plus fait cela depuis des années, depuis qu’elle était devenue Madame Blanchet. Mais son envie, ses envies, étaient toujours bien présentes en elle, enfouies au plus profond de sa mémoire. Ses mains se rappelèrent ce qu’elles devaient faire. Posées derrière les mollets de la femme dominatrice, elles remontèrent très haut, jusqu’à la limite du collant qu’elle portait. Alice fit descendre ce collant jusqu’aux genoux et ses lèvres se posèrent sur les cuisses de Catherine. Par de petits bisous, elle arriva rapidement jusqu’à la culotte. Les deux mains caressaient les fesses tandis qu’elle embrassait le devant de la culotte. Puis, elles agrippèrent le tissu qui rejoignit les genoux de la femme. La bouche entra alors en action sur la vulve et le clitoris de Catherine et plus rien ne compta plus pour elle. Que ce moment divin. Ses jambes avaient du mal à la maintenir debout, elle dut s’asseoir sur le siège des toilettes.