Pleinement rassuré, Alban se laissa dorloter par l’adulte, qui ne ménageait pas ses gestes pour le sécher partout. Ensemble, ils se retrouvèrent allongés, côte à côte, sur le lit. Chacun gardait ses mains le long de son corps. Alban, toujours lui le plus téméraire, osa glisser sa main sur la cuisse de David. Il remonta lentement vers la fourche de ses cuisses. Là, il trouva un sexe qui grossissait rapidement, suivant les caresses reçues. Voyant que David acceptait tout, avec nonchalance, Alban saisit le poignet de David qu’il posa sur son ventre. David comprit évidemment ce qu’il devait faire et il se saisit lui aussi du sexe en voie de développement de son jeune alternant. Leurs gestes étaient doux, et tendres. Aucune précipitation. Ils savaient qu’ils avaient tout le temps. Toute la nuit. L’un comme l’autre, ils avaient fermé les yeux, profitant pleinement de ces instants de plénitude. Le bonheur rayonnait cette chambre. Ils restèrent ainsi très longtemps, sans pouvoir dire combien de temps cela dura. Alban changea de position. À quatre pattes sur le lit, il prit délicatement le sexe de David en bouche. David, surpris, se laissa faire, sans bouger. Sans rien tenter. Puis, il se dit qu’il devait rendre au jeune homme le même hommage. Il réussit à saisir le sexe et à le dorloter, gentiment. Alban apprécia à sa juste valeur ce partage des sensations. Tout finit par s’embrouiller dans le cerveau de David. Il se mit à ramper sous le corps de son élève. Le sexe juste devant sa bouche. Un petit bisou. Puis un second. Et, prenant son élan, comme on se jette à l’eau, David avala entièrement le sexe d’Alban. Première fois pour David. Première fois pour Alban. Moment privilégié s’il en est. David savait exactement ce qu’il devait faire, et comment le faire parfaitement. Depuis plusieurs jours, il recevait avec un bonheur incommensurable les fellations de plus en plus expertes de la part d’Alban. Alors, pour le remercier, et aussi parce qu’il en avait terriblement envie, il lui rendit la caresse buccale.
Il n’avait aucune expérience en la matière, il se rappelait simplement avoir reçu ce vibrant hommage. Il se calqua sur les succions et les aspirations de son élève pour lui rendre la pareille. Il sut exactement ce qui allait arriver lorsque les vibrations se firent sentir dans le sexe qu’il suçait avidement. Il le savait, il l’attendait. Il le désirait profondément. Dès les premières fois, Alban n’avait jamais hésité à avaler tout ce qu’il lui offrait. Et il n’était pas question pour David de faire autrement. Il avait déjà goûté à la semence du jeune homme et il savait que, désormais, il allait pouvoir avaler tout ce qu’il était prêt à lui donner. Alban voulut se retirer, au moment de l’éjaculation. Mais David le maintint solidement au-dessus de lui pour ne rien perdre de ce divin nectar. Les premiers jets atteignirent le fond de sa gorge. Il éjacula à son tour et la jouissance envahit les deux hommes. Jusqu’à leur âme. Alban s’écroula juste après, tellement le plaisir avait été immense. Il rampa comme il le put pour revenir s’allonger le long du corps de son amant. Quelque chose avait changé dans leur relation. En mieux, évidemment. Un pas de géant pour lui. David l’avait sucé, intégralement, jusqu’à avaler. C’était un tournant, un virage qui en présageait bien d’autres. Alban était jeune, et impulsif. Il n’avait pas de plan détaillé en tête pour arriver à ses fins. Il n’avait d’ailleurs aucun but précis, mis à part vivre l’instant présent comme il en avait envie. David, lui, était beaucoup plus adulte, plus responsable. Il réfléchissait avant de prendre une décision. En général. Mais avec Alban près de lui, il redevenait un adolescent en pleine crise de croissance. Ses actions, ses décisions étaient prises dans la précipitation, dans l’impulsion du moment.
David non plus n’avait aucune idée de ce qu’allait devenir cette relation. Il savait avec certitude désormais que ce n’était pas une passade, un feu d’été qui était amené à disparaître. Le feu était en lui, maintenant, profondément ancré. Et rien ni personne ne semblait capable de l’éteindre. La seule alternative possible, c’était de se laisser consumer, jour après jour. Nuit après nuit. C’était un besoin primitif qui prenait la priorité sur toutes les décisions plus réfléchies qu’il pouvait prendre, au quotidien. Il n’était plus, depuis longtemps, dans les actions longuement pensées, après avoir pesé le pour et le contre. Il était passé dans la réaction. Une envie ? Il devait impérativement suivre son instinct. Comme si sa vie en dépendait. Lui qui avait toujours su prendre les bonnes décisions, que ce soit pour lui ou pour sa famille, il était devenu un animal sauvage, réagissant à ses instincts primaires. C’était surtout cette situation qui lui faisait du mal, quand il était seul et qu’il essayait d’imaginer la suite de son aventure. Mais, avec Alban à ses côtés, il n’avait plus aucun doute. Il ne savait pas quand, ni comment, mais il devait rester à ses côtés.
C’est Alban qui bougea le premier. Il se tourna très légèrement et il posa sa tête dans le creux de l’épaule de son voisin. Comme par enchantement, sa main se posa juste après sur le ventre de David. Quelques secondes plus tard, elle glissa inexorablement vers le haut de ses cuisses. Le sexe, au repos, de David réagit immédiatement à cette progression. Il gonflait de plus en plus. Jusqu’à ce que la main l’emprisonne finalement. Alban recommença à branler cette queue qui prenait du volume entre ses doigts fins et agiles. Un léger bruit fit sourire les deux partenaires. Un petit gargouillis sortit du ventre du jeune homme. Un second, plus fort, entraîna une hilarité coquine. Après le troisième bruit, si caractéristique, David intervint, rompant ce moment de tendresse entre eux deux.
« Il me semble que ton ventre crie famine. Et je me rends compte que, moi aussi, j’ai faim. Si on allait manger ? »
Alban se résolut à se lever, comme David, et à s’habiller avant de descendre au restaurant. Dans sa tête, c’était autre chose qu’il aurait avalé avec un immense plaisir.