Elle regagna sa place, près de Bastien. Il était un peu plus âgé qu’elle, 20 ans sûrement. Étudiant, il avait passé son BAFA pour animer des camps de vacances ou bien des centres aérés, dans les communes avoisinantes. Il vivait à Rennes, et cette mission était la première pour lui. Le bus arriva finalement à destination, un tout petit peu avant midi. Pour la plupart des enfants, c’était une découverte de ce nouveau site. Seule Clara et Jorick étaient déjà présents l’année dernière. Jorick est un garnement, dans la même classe que Clara et Flora. C’était ce garçon qui jouait à envoyer le ballon trop haut pour Aline, dans la piscine à Loudéac. Exprès pour la faire sauter en l’air et voir sa volumineuse poitrine rebondir lorsqu’elle retombait sur ses pieds. Lui aussi avait profité de la poitrine de Sabrina, moyennant finances. Pas assez souvent pour lui, il n’avait pas les moyens illimités de son pote, Adrien. Descente des bagages, réception des chambres, tout était parfaitement organisé et l’on put rapidement passer à table. Monsieur Alexandre était déjà arrivé, avec Solange, et ils avaient préparé ce qui devait l’être. Michèle, la cuisinière, avait prévu un repas léger, sachant qu’une sieste allait suivre le premier repas. Jocelyn, son mari, s’occupait surtout de la maintenance, hors saison, et il devrait aussi seconder Bastien. Ou bien l’inverse ? Armand, le chauffeur du bus, restait évidemment le mois entier avec le groupe. Il avait sa chambre dans le côté résidentiel de la bastide, les enfants et leurs accompagnateurs séjournaient dans une grande bâtisse, les chambres des filles étaient évidemment séparées de celles des garçons. Seuls Jocelyn et sa femme, Michèle, rentraient chez eux chaque jour. Pour ce premier repas, chacun prenait ses marques, pour cette première fois. Clara et Jorick étaient les deux seuls à être déjà venus dans ce centre de vacances. Flora avait évidemment suivi Clara de très près et elle s’était assise à sa gauche. Les deux filles discutaient entre elles, sans se préoccuper de qui venait s’asseoir à leur table. C’est donc ainsi que Jorick se retrouva assis près d’elle. Parmi toutes les jeunes filles présentes, Flora était certainement la plus jolie. Et il était évident, pour un œil averti, qu’elle était facile à aborder. Pas comme la plupart des autres filles, réservées et froides. Cela se voyait juste dans leur façon de se vêtir, vêtements amples, longs, sans fioriture aucune.
Flora détonnait dans ce paysage avec son sourire mutin, sa longue chevelure rousse et ce mini-short qui laissait ses cuisses apparentes. Clara n’était pas non plus en reste, jupe courte, corsage ouvert découvrant une partie de son soutien-gorge. Mais Jorick la connaissait déjà et il savait qu’il n’avait aucune chance avec elle. Il avait compris qu’elle était dominatrice et lui, ce qu’il recherchait, c’était une jeune oie blanche qu’il pourrait dévorer. Dès le début du repas, le ton était donné. Mme Du Rhéau avait prononcé le bénédicité, une prière pour remercier Dieu du repas que l’on allait partager. Puis, elle demanda à chacun et chacune de réciter le « Notre Père ». Tout le monde connaissait la prière, même Flora qui suivait les cours de Marguerite depuis peu de temps. Pourtant, elle sembla surprise en entendant Jorick, près d’elle, qui a ânonnait n’importe quoi. Cela eut tendance à la faire sourire. Jorick avait marqué un point avec elle et il voulut profiter de cette situation. Dès qu’il fut assis, il posa carrément sa main sur la cuisse de Flora. Il commença à la caresser impunément. Seule réaction de Flora, elle fit signe à Clara de ce qui se passait sous la table. La réaction fut immédiate, Clara attrapa son verre et le vida au visage du jeune impatient. En colère, il se leva brutalement en repoussant sa chaise derrière lui. Il ne put s’empêcher de crier.
« Putain. Mais t’es conne ! »
Personne n’avait vu exactement ce qui était arrivé. Marguerite Du Rhéau se leva et interpella le jeune garçon.
« Jorick. Tu viens au centre de la pièce et tu vas réciter le « Notre Père », à voix haute et de façon intelligible. Maintenant. »
Cet ordre ne supportait aucune possibilité de répondre. Il devait obéir. Il le savait. Alors, il se plaça comme demandé et il récita la prière. De retour à la table, il changea de place avec l’un de ses copains, assis en face de lui. Il avait compris la leçon. Ici, tout comme à l’école, Clara était protégée par les adultes. Et Flora semblait être sous la protection de Clara elle-même. Donc, chasse gardée. Il s’intéressa alors plutôt à Michèle, la cuisinière, qui arrivait avec le plat principal, une salade périgourdine. Sa spécialité. C’était une femme au fort caractère, un corps bien enveloppé mais pas disgracieux, aux yeux du jeune garçon. Son impressionnante poitrine en avant, elle attirait tous les regards des mâles présents, quand elle entrait dans une pièce. Là, dans cette salle à manger, seul Armand semblait un peu s’intéresser à cette partie de son anatomie. Elle avait également un cul majestueux et, lorsqu’elle fut de dos à lui, il ne se gêna pas pour mater le gros popotin. Monsieur Alexandre n’eut aucun regard pour elle. Il faut dire qu’il la connaissait depuis longtemps et que sa plastique n’était pas ce qui l’attirait le plus. Bastien, le mono, avait tendance à baisser les yeux lorsqu’elle était trop proche de lui. Et Jocelyn, son mari, semblait l’ignorer totalement. Tous les enfants étaient encore trop jeunes pour s’intéresser aux formes voluptueuses de la cuisinière. Tous ? Sauf un. Jorick ne quittait pas des yeux cette femme qui aurait facilement pu être sa mère. Avec ses deux comparses, tout près de lui, il se moqua gentiment de cette poitrine exubérante qui, pourtant, l’attirait irrésistiblement. Vu qu’il était présent l’année passée, il savait que, très souvent, des enfants allaient aider à préparer la cuisine. C’était très souvent des filles. Il ne savait pas comment elles étaient choisies, ni si elles s’étaient portées volontaires pour aider en cuisine. Ce jour, Jorick avait choisi sa nouvelle proie.