Malika (04/18)

Toujours est-il que je ne les ai jamais revus dans notre quartier. Cela faisait presque quatre mois que Malika vivait avec moi. J’étais allé dans une friperie du quartier pour trouver des vêtements pour elle, et pour moi. J’avais trouvé une jolie robe bleue, avec des motifs fleuris, pas trop courte. Il me semblait qu’elle devait être à sa taille. Un chapeau à larges rebords, fleuri lui aussi, et une paire de lunettes de soleil avec de grands verres marron, légèrement dégradé. Une tenue parfaite, et loin de tout ce qu’elle portait auparavant. Quand je lui ai donné le sac, contenant tout ça, elle a commencé par pleurer, avant de venir se jeter dans mes bras. Je sentais sa forte poitrine contre mon torse et son cœur qui battait la chamade. Elle s’est déshabillée devant moi avant de passer sa nouvelle robe. Les mensurations étaient justes, cette robe lui allait à merveille. Ni trop serrée, ni trop lâche. Avec le chapeau et les lunettes de soleil, elle était méconnaissable. C’est justement en voyant ce résultat que je lui ai proposé de venir faire les courses avec moi, dans un hypermarché, pas forcément trop proche de chez nous. Elle accepta avec joie. Mais elle resta très prudente en sortant de l’appartement, de l’immeuble. Personne ne nous a vus. Depuis que j’avais changé de voiture, il était plus simple pour moi de sortir à l’arrière de l’immeuble, c’était plus près du garage où était garée ma voiture.

Malika a eu une première surprise en découvrant ce nouveau véhicule. Je lui ai ouvert la porte et je l’ai installée, comme une princesse. Elle était vraiment complètement changée. Gaie comme un pinson. Elle regardait partout autour d’elle, comme si elle découvrait un monde qu’elle n’avait jamais vu. Nous marchions dans la galerie marchande immense, main dans la main, comme deux jeunes gens amoureux. Puis, soudainement, je l’ai sentie se contracter. Elle serrait ma main si fortement que j’en avais presque mal. Devant nous, à quelques mètres, un homme approchait, un chariot rempli de courses devant lui. Il était manifestement musulman, cela se devinait à son teint. C’était un grand gaillard, fier. Et il semblait très autoritaire. C’était ce qui ressortait lorsqu’on le voyait pour la première fois. Il s’approchait doucement, sans vraiment nous regarder. Il salua au passage une connaissance, et continua son chemin. Il n’avait pas reconnu sa propre fille. Car, j’en ai eu confirmation juste après, c’était bien son père qui venait de nous croiser. Quand j’ai senti qu’elle se relâchait un peu, je me suis penché vers elle et j’ai posé mes lèvres sur les siennes. Complètement libérée, elle m’a rendu mon baiser, intensément. C’était évidemment notre premier baiser en public. Et elle se lâchait totalement. Un coup d’œil vers cet homme qui s’était malgré tout retourné. Un geste de sa main me fit comprendre qu’il avait compris que ce ne pouvait pas être sa fille, qui s’affichait ainsi en public. Plus tard, dans les rayons de ce même magasin, elle a rencontré d’autres femmes qu’elle connaissait, et qui la connaissaient aussi. Mais personne ne l’avait vraiment reconnue.

Par prudence, tout de même, nous avons préféré une petite supérette de quartier pour les sorties suivantes. Malika se sentait presque libérée de l’emprise de ce père maléfique. Dès les premiers jours, après que je lui donné son nouveau téléphone et confirmé que personne ne pouvait remonter les appels, elle avait tenté de contacter sa mère. Ce jour-là, son père avait pris le téléphone et essaya de la convaincre de revenir. Qu’il avait compris ses erreurs, même s’il se sentait déshonoré de ne pouvoir acquitter sa promesse. Malika comprit aisément qu’il parlait du mariage arrangé et qu’elle serait de toute façon mariée de force. Elle choisit d’appeler à d’autres moments de la journée et elle réussit enfin à parler avec sa mère. Celle-ci l’écouta, fut tout de même ravie de savoir que tout allait bien pour elle. Mais elle la supplia de revenir à la maison. Tout le monde se liguait contre elle, même sa mère. Quelques jours après, elle contacta une de ses meilleures amies, dont elle n’avait pas oublié le numéro de téléphone. Après seulement quelques phrases, elle lui demanda de pouvoir la rencontrer, pour se retrouver comme avant. Sentant le piège, Malika lui avait répondu que ce n’était pas possible immédiatement, qu’elle avait quitté la métropole lyonnaise et qu’elle vivait désormais près de Marseille. Bizarrement, cela mit fin à leur conversation. Malika avait compris qu’elle devait oublier son ancienne vie. Le soir même de notre première sortie en ville, nous étions tous les deux assis devant une série télévisée. Le thriller était plutôt prenant mais Malika n’était pas du tout intéressée. Elle se rapprocha de moi. Sa main se faufila entre mes cuisses.

J’étais tellement pris par le suspens que c’était à peine si je réagissais. Je portais un pantalon de jogging, ce soir-là, pour être à l’aise à la maison. Elle a facilement glissé sa main sous le tissu. Dans mon caleçon. Ma seule réaction fut d’écarter les cuisses et de m’enfoncer dans le dossier du canapé. Elle fit alors ce que je n’aurais jamais imaginé. Elle se pencha légèrement en avant pour engloutir mon sexe entre ses lèvres. J’ignorais même qu’elle savait ce qu’était une fellation. Mais pourtant, elle se débrouillait très bien, pour une novice. Moi qui l’avais toujours considérée comme une jeune fille très sage, je comprenais qu’elle avait aussi quelques secrets enfouis. Et ce n’était pas pour me déplaire le moins du monde. Elle avait une technique bien rodée et elle avala tout ce que j’avais en réserve. Ce petit intermède m’avait fait perdre le fil du suspens et je découvrais qui était l’assassin, sans savoir comment le Capitaine Florent l’avait découvert, elle. Malika était totalement libre de faire ce qu’elle voulait, jamais je ne l’ai obligée à quoi que ce soit. Ce genre de petits intermèdes se renouvela donc uniquement lorsqu’elle le souhaitait. Un soir, elle s’agenouilla devant moi, devant le canapé, et elle m’offrit le meilleur de ce qu’elle pouvait accomplir. J’étais ravi, bien sûr, et j’attendais impatiemment la prochaine fois. C’était pareil dans le lit.

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