Et il les trouve en moins de trois secondes. Il n’a, par contre, aucun filtre. S’il tombait sur une information incorrecte, ou même légèrement accommodée, il prendrait tout pour argent comptant. David, à son âge, devait se rendre à la bibliothèque municipale pour chercher, dans les livres, l’information qu’il voulait. Et il fallait chercher longtemps avant de tomber sur le livre le plus adéquat. À moins de chercher dans l’Encyclopédie Universelle, mais les réponses étaient vraiment très succinctes. David avait donc appris à réfléchir, à mémoriser. Alban, c’était tout le contraire. Une question ? Internet pourrait répondre. Et c’était encore plus vrai depuis l’avènement, il y a seulement quelques mois de ChatGpt, et des intelligences artificielles. Avec certaines, il suffisait de poser la question, verbalement, pour avoir une réponse immédiate. En arrivant à son bureau, le lendemain, David jeta immédiatement un œil vers le calendrier mural. Pour confirmer ce qu’il pensait. Dans quelques jours, Alban serait de nouveau près de lui, pour deux semaines complètes. Il redoutait un peu ce moment, mais, au fond de lui, il l’attendait impatiemment. Et, en prévision de ces deux semaines, il programma des rendez-vous sur différents chantiers. Dans son lycée professionnel, Alban apprenait la théorie du métier, les bases indispensables. David avait pour mission première de lui montrer la réalité du monde du travail. On a beau avoir tout prévu, tout imaginé, il y a très souvent un souci, un grain de sable qui venait perturber le bon déroulement du projet. Et c’était son rôle à lui, et à Alban plus tard, de résoudre ces petits soucis avant qu’ils ne deviennent un vrai problème. En pensée, David s’imagina déjà sur les différents chantiers qu’il avait prévu de visiter, avec Alban à ses côtés. Puis, très vite, il se vit, seul avec le jeune homme dans la voiture qui les emmenait sur place. Il dut faire un effort surhumain pour chasser cette vision, qui, malgré lui, le faisait bander. Sa jeune secrétaire passa juste à ce moment-là pour lui faire signer quelques documents. Il prit le parapheur pour apposer son grigri au bas de chaque page qu’elle lui présentait. David jetait juste un œil sur le document avant de le signer. Il avait totalement confiance en sa secrétaire. Mais, au moment où elle allait partir, elle lui demanda, avec un petit air coquin.
« C’est moi qui te mets dans cet état-là ? »
Elle désignait son entrejambe qui n’avait cessé de grossir. David rougit légèrement et, ne trouvant pas de réponse adéquate, il lui lança simplement un petit sourire. Elle savait qu’il était marié et père de famille. Et heureux dans son couple. Elle-même était également en couple, pas encore mariée, mais presque. Elle n’attendait évidemment pas de réponse précise à sa question. Elle retourna s’asseoir à son bureau, visiblement troublée par ce petit sourire. Sans pouvoir l’expliquer exactement, elle avait remarqué un changement notable dans l’attitude de son chef. Elle l’avait aperçu parfois rêveur, comme s’il était ailleurs. Ce grand ténébreux la fascinait depuis deux ans qu’elle était entrée dans son équipe. David s’était replongé dans le travail pour effacer ces images qui trottaient dans sa tête. Surtout celle d’Alban, accroupi devant lui, qui le suçait comme si sa vie en dépendait. Il se sentait coupable de l’avoir laisser faire. C’était lui, l’adulte, c’était lui qui savait ce qui était bien. Et surtout ce qui était mal. Malgré tout, il n’arrivait pas à se convaincre lui-même que c’était si mal que ça. Il n’avait rien demandé, il ne l’avait pas forcé à le faire. Alban avait agi de sa propre initiative. Lui, David, n’avait fait que subir. Pour autant, il ne se voyait pas en victime. Enfin, pas vraiment. Oui, c’était bel et bien une agression sexuelle qu’il avait subie. Mais personne ne l’avait forcé à accepter. Il n’était ni ligoté, ni sous l’emprise d’une quelconque drogue. Il était largement en mesure de se défendre, lui, l’adulte, devant ce jeune homme bien décidé. Il n’avait pas su réagir lorsque Alban avait posé ses doigts sur son sexe. Il l’avait laissé faire. Et il bandait, rien qu’au souvenir de ce premier contact. Il avait beau tourner le problème dans tous les sens, il était coupable d’avoir laissé faire. Et même, il ne regrettait pas du tout l’initiative du jeune homme. C’était la suite logique aux caresses. Et après ? David ferma les yeux, prit une très profonde inspiration pour chasser toutes ces images et il put enfin se remettre au travail.
David est un excellent professionnel, sa patronne et tous ses collègues vous diraient exactement la même chose. Jamais de retard sur ses chantiers, jamais de conflit, ni même le moindre souci. Il y veillait du début jusqu’à la fin, très pointilleux sur les détails. Ce qui faisait de lui le meilleur chef d’équipe de sa société. Tous les chantiers qu’il devait suivre se trouvaient à moins de 100 kilomètres de la ville. Il était donc rentré tous les soirs, retrouvant sa femme et ses enfants. Il vivait le parfait amour avec Evelyne. Même ses enfants étaient des petits anges. Enfin presque. Son fils commençait à vouloir s’affirmer, le début de la puberté. Rien que de très normal à 12 ans. Il avait toujours été fidèle à celle qu’il avait choisie pour la vie. Jusqu’à … Alban avait changé énormément de choses en lui. Et David savait pertinemment que cela n’en resterait pas à de simples caresses. Même s’il ne se voyait pas du tout en pareille situation. Tromper sa femme ne l’avait jamais effleuré. L’idée même était impensable. Mais tout ça, c’était avant. Avant Alban. Avant les douches. Avant la fellation que lui avait offerte le jeune homme. Sa toute première. Et malgré tous les remords qu’il pouvait avoir, David n’arrivait pas à ressentir le moindre regret pour tout ce qui s’était passé entre Alban et lui. Pire. S’il pouvait revenir en arrière, il referait exactement la même chose, il se laisserait caresser comme un adolescent. David ne savait pas encore jusqu’où son aventure allait l’amener. C’était le brouillard total. Mais il lui était impossible de faire marche arrière. Quitte à tout perdre, il se devait d’aller jusqu’jusqu’au bout de son histoire.