Mariage moderne (07/27)

Avec un fouet à la main, ou bien une cravache, elle aurait pu ressembler à ce genre de Maîtresses que l’on peut trouver dans les soirées Démonia. Elle n’avait pas acheté ces accessoires, qu’elle trouvait superflu, mais, pour le reste de la tenue, on pouvait s’y méprendre. Elle avait donc la tenue qu’il fallait. Mais aussi l’attitude que son mari attendait d’elle. Quand il l’aperçut ainsi, son sang ne fit qu’un tour et il voulut aussitôt se jeter sur elle. Nadège avait bien compris les règles de domination et de soumission. Elle le repoussa une première fois. Il revint à la charge et elle le repoussa encore. C’était elle, la Maîtresse, qui déciderait quand lui, il pourrait enfin la toucher. Il la désirait, c’était une évidence. La bosse que faisait son pantalon ne laissait aucun doute. Elle le laissa donc se dévêtir, et pénétrer au salon. Un seau à Champagne, rempli de glaçons et d’une bonne bouteille, les attendait. Elle leur servit deux coupes, ils trinquèrent à son retour. Deux semaines, c’était long. Elle le fit patienter par des mouvements souples et langoureux. Cédric, assis dans son fauteuil habituel, elle s’approcha de lui, très près. Très très très près. Elle finit par plaquer le visage de son mari entre ses cuisses écartées. Il en rêvait depuis qu’il avait aperçu ce string minimaliste qui ne cachait vraiment pas grand-chose. Elle le laissa la lécher, doucement, au rythme qu’Elle avait choisi. Elle dirigeait toujours les débats, elle debout et lui assis. Elle le dominait par sa seule volonté de ne pas aller trop vite. Inutile de lâcher l’étalon tout de suite, il fallait qu’il piaffe d’impatience. Elle savait que, dès qu’elle lâcherait la bride, il partirait au grand galop pour l’emmener, avec lui, dans de nouveaux paradis artificiels. Et c’est exactement ce qui arriva lorsque, lentement, elle laissa glisser son long déshabillé de ses épaules. Elle prit les mains fébriles de Cédric pour qu’il caresse ses seins, ses fesses. Tout ce corps qu’elle offrait en pâture à ses plus bas instincts. Il ne se fit pas prier pour utiliser ses mains, sa bouche, et plus tard sa queue, pour faire vibrer ce corps qu’il adorait plus que tout. Elle put jouir de nouveau plusieurs fois avant que la semence n’emplisse encore une fois sa cavité anale. Il aimait son cul, il en rêvait lorsqu’il était loin d’elle. Elle resta inerte de longues minutes après les orgasmes successifs qu’elle venait de subir. Cédric, tranquillement, attrapa son téléphone portable et prit quelques photos de ce cul si accueillant.

Ils firent de nouveau l’amour, plus tard, de façon plus conventionnelle. Mais toujours avec la même passion, les mêmes envies de satisfaire le partenaire. Ce week-end de retrouvailles, ils le passèrent pratiquement entièrement dans leur chambre. Mais aussi dans le salon. Dans la salle de bains. Leurs amis, ou la famille, tentèrent de les joindre par téléphone, personne n’eût de réponse avant le lundi matin. Cédric repartit pour son chantier, encore deux semaines à attendre pour retrouver une Nadège transformée. Car elle avait compris. C’était à elle de lui donner envie. Encore plus que d’habitude. L’envie, ils l’avaient, l’un comme l’autre, mais c’était son rôle à elle d’insuffler de la fantaisie dans leurs séances de sexe pour qu’il revienne vers elle, et qu’il y reste. Elle continua à se former, seule malheureusement. À force de recherches, elle tomba sur un site Internet qui publiait les aventures, vraies ou fausses, de différents auteurs. Des hommes mais aussi des femmes. Certains récits paraissaient vraiment comme ayant été vécus par l’auteur. Et c’est justement en lisant l’une de ses histoires qu’il lui vint une idée saugrenue. Elle y pensa toute la journée, (presque),  et c’est en rentrant chez elle, le soir, qu’elle mit son projet en œuvre. Tout d’abord, elle se rendit dans sa salle de bain, ôta tous les éléments qui pouvaient être identifiables et elle prit une photo de son corps, dans le miroir. Elle était nue, bien sûr, mais ses mains et le téléphone cachaient l’essentiel. Elle étudia longtemps la photo avant de se décider à la conserver. Elle savait évidemment de qui il s’agissait mais personne d’autre qu’elle ne pouvait le deviner. Même pas Cédric, son mari.

Pour la seconde phase de son projet, elle se mit à l’ordinateur, créa un nouveau compte, sur une plateforme bien connue, et elle déposa sa première, et unique, photo. Elle savait qu’elle allait attirer des tas de commentaires, venant d’hommes plus ou moins lourds. Elle le savait et elle s’y était préparée. Beaucoup de demandes d’amis lui parvinrent dans l’heure qui suivit. Demandes de contact, de mise en relation. Demandes de se rencontrer, même. Certains « hommes » envoyaient une photo, plus ou moins floue, d’un sexe bandé. Était-ce le leur ? Ou bien un cliché trouvé sur le Net ? Peu lui importait, ce n’était pas ce genre d’individus qu’elle recherchait. Elle n’était même pas certaine qu’elle pourrait trouver réponse à ses questions. Nadège utilisa la messagerie instantanée du site pour converser avec quelques hommes qui, polis au départ, devenaient très rapidement pressant pour une rencontre. Tous voulaient coucher avec elle. C’était bien le but recherché par sa photo de profil. Elle s’apprêtait à abandonner lorsque, vers 22 heures, un nouveau message apparut dans le fil de discussions. Elle tenta tout de même le coup, bien qu’elle ait été déçue de tous ceux qui l’avaient contactée jusqu’à présent. Il s’appelait Vincent. Il prétendait se nommer ainsi. Nadège, elle-même, n’avait pas utilisé son prénom véritable. Il était poli, et sobre. Comme avec d’autres contacts, elle entama une conversation. Elle savait évidemment qu’à un moment donné, il voudrait coucher avec elle. Ce serait dès les premiers mots qu’elle avait décidé de rompre la discussion. Mais, contrairement à ce qu’elle pensait, jamais il ne fut insistant. Jamais une invitation à se rencontrer, voire même plus. Elle avait rencontré un homme charmant, et charmeur à la fois. Un homme ? Sans doute, oui. Mais impossible d’être certaine derrière un écran interposé. L’anonymat est une des bases de ce système de messagerie instantanée. Ils parlèrent longtemps, ils apprenaient à se connaître. À s’apprivoiser. C’est Nadège qui dut mettre fin à leur premier échange.

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