SABINA (07/12)

Elle était directrice d’un établissement scolaire et, pour elle, ce n’était que ragots et légende urbaine. Elle voulait des preuves de ce que nous affirmions. Un grand silence, puis un conciliabule entre les participants débuta. Une chaise bougea, un homme se leva pour s’approcher de nous. Il entra enfin dans la clarté et on put voir son visage, c’était Lukas, l’homme avec qui on avait discuté dans le bar. Il nous guida jusqu’à la sortie et ensuite à notre voiture. Il fallait les laisser délibérer entre eux. Il s’excusa également de la mise en scène, nécessaire pour garantir leur anonymat et pour laisser à ce groupe sa liberté d’agir dans l’ombre. Il confirma qu’une enquête allait suivre mais que cela prendrait du temps. Je lui rappelais tout de même qu’une jeune fille était en grand danger et dans l’impossibilité de se défendre toute seule. Nous sommes rentrées sans être rassurées sur l’avenir de la petite Sabina. Justement, elle m’appela tôt le lendemain matin, sachant que j’étais toute proche de chez elle. Sa petite sœur de 3 ans avait été malade toute la nuit et, ce matin, le médecin avait préconisé une hospitalisation d’urgence. La maman voulait rester près d’elle mais il fallait payer pour ça. Je lui promis que je passais dès que possible. Vingt minutes plus tard, je sonnais chez eux. Deux billets de 50 euros suffisaient pour que la maman accompagne sa petite puce à l’hôpital. Les autres enfants avaient été laissés à la garde d’une voisine. La maman me demanda de veiller sur sa fille, Sabina, de l’emmener à mon hôtel, ou du moins, là où je logeais.

Malgré les protestations de la demoiselle qui s’estimait suffisamment grande pour se garder toute seule, j’accédais à la demande de sa maman. Elle viendrait passer quelques jours avec moi chez Armance. Quelques jours et autant de nuits. Je crus remarquer un coup d’œil bizarre en évoquant les deux ou trois nuits que nous passerions ensemble. C’est sûr, je devais me faire des illusions. Tout étant réglé, j’accompagnais Sabina jusqu’à son école, prenant bien soin de montrer à son professeur principal que j’étais présente. Je confirmais également que je viendrais la chercher à la fin des cours. Il osa lui poser la main sur l’épaule en la faisant entrer dans la classe. Ce geste, semble-t-il anodin, avait un tout autre sens avec ce pervers. Il voulait afficher qu’elle lui appartenait. Par échange de SMS avec Sabina, je mettais au point un stratagème pour le confondre définitivement. Sabina était un peu réticente mais je la rassurais, lui réaffirmant que je serais tout près. Il avait suffi d’une expression inopportune pour que Sabina soit priée de rester, le soir après la classe. Une fois tous les élèves sortis, elle dut s’avancer jusqu’au bureau du professeur. Il réitéra les explications concernant l’expression qu’elle avait utilisée à tort. J’étais derrière la porte, téléphone en main, en train de filmer la scène.

J’ai parfaitement vu le moment où la main du professeur remontait sous la jupe de la jeune élève. Je voulais réagir rapidement mais je devais patienter un peu. Sabina demanda clairement à son professeur d’ôter sa main mais il continua jusqu’à ses fesses qu’il commença à peloter. Sabina se débattait vigoureusement pour échapper aux caresses inconvenantes mais les menaces du professeur la calmèrent. Obligée de se soumettre, elle s’avança vers les genoux du professeur pour s’allonger dessus, à sa demande expresse. Tranquillement, il releva la jupe sur son dos pour découvrir la culotte et les cuisses de Sabina. C’est ce moment précis que je choisis pour intervenir. Je rentrais en trombe dans la classe, toujours en filmant la scène. J’aidais Sabina à se relever en poussant d’un coup de pied sur la chaise. Déséquilibré, le professeur chuta lourdement sur le sol. Le temps qu’il réagisse, nous étions parties. Sabina restait estomaquée de mon aplomb, de la violence que j’avais mise pour la délivrer de l’emprise de ce pervers. Elle me regardait comme son sauveur, avec pourtant une touche de crainte, rapport à la violence que j’avais manifestée. J’envoyais immédiatement la vidéo à Armance pour qu’elle l’envoie à Lukas. J’espérais que cette preuve indiscutable ferait basculer la balance de notre côté. Comme convenu, nous sommes rentrées chez Armance mais j’ai pris le temps de m’arrêter dans une brasserie du centre-ville pour offrir une glace à la jeune victime. Chez Armance, elle s’installa sur la table de la cuisine pour faire ses devoirs. Je l’ai aidée un peu mais c’était déjà une bonne élève qui n’avait pas besoin de moi. Je pense surtout que c’est ma présence tout près d’elle qui la rassurait.

Armance arriva tardivement et on dîna simplement. Sabina insista pour laver la vaisselle, le repas terminé. Puis elle vint nous rejoindre sur le canapé pour une soirée télé. Comme elle retournait à l’école le lendemain, elle monta se coucher vers 22 heures. Je lui montrais sa chambre, et je lui précisais que je dormais dans la chambre voisine. Je rejoignis Armance pour une longue séance de câlins sur le canapé. Sur le ton de la confidence, Armance me confia que Lukas ne lui était pas du tout indifférent. De plus, c’était le même prénom que son mari, décédé tragiquement. Elle avait envie de tenter l’aventure avec lui, à condition qu’il soit d’accord, mais de façon exclusive. Il serait le seul et cela était sa décision. Fini les coups d’un soir. Perdue dans ses réflexions, je suis restée un peu sur ma faim, question plaisir, mais je ne lui en veux pas du tout. Je montais me coucher sans bruit pour ne pas réveiller Sabina. Effectivement, elle dormait bien mais, couchée dans mon lit. Si j’avais changé de chambre, je suis pratiquement certaine que je l’aurais trouvée près de moi, au réveil. Ou bien, elle aurait pu prendre ça pour un rejet de ma part, ce qui était totalement faux. Je m’allongeais donc près d’elle sans la réveiller, faisant bien attention à ne pas la toucher. Je lui tournais le dos et je commençais à m’endormir quand elle se lova contre moi.

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