Elle est montée derrière le chauffeur et elle a très vite compris qu’il cherchait à me toucher, chaque fois qu’il changeait de vitesse. Elle nous a dit, avec conviction.
« Ne vous gênez pas pour moi. Je vois bien ce qu’il y a entre vous. »
Je me tournais vers elle pour lui demander.
« Et cela ne te choque pas ? »
» Non, du moment que vous y trouvez du plaisir l’un comme l’autre. »
J’étais tournée vers elle et Tonton Roger en a profité pour caresser mes fesses, accessibles, vue ma position. Mary-Lou était une voyeuse, avant tout, et elle était ravie d’assister à ce qu’il me faisait. Elle nous indiqua un endroit discret où il pouvait stationner en toute tranquillité. Comme nous en avions pris l’habitude lorsque nous étions seuls, je passais derrière et Tonton Roger venait me lécher entre les cuisses. Jusqu’à me faire jouir. Mais aujourd’hui, j’avais une spectatrice assidue. Je voyais son visage au-dessus de ma tête lorsque l’orgasme arriva. Elle aussi était presque en transe. Lorsque Tonton Roger lui proposa de changer de place avec moi, c’est tout juste si elle a hésité. J’avais pris sa place et, sa tête appuyée sur mes cuisses, elle aussi a joui intensément sous la caresse buccale. Nous avons dû repartir pour qu’elle arrive à l’heure mais il y eut d’autres fois. Plein d’autres. Ce fut au printemps que, toutes les deux accroupies, nous lui avons offert sa première fellation à deux bouches. Comme moi, Mary-Lou adorait donner du plaisir à un homme de cette façon. Et elle y a pris goût, au collège également. Nous étions les deux salopes qui suçaient les garçons qui nous le demandaient. Pas tous. Mais presque. Tonton m’avait acheté un téléphone à carte prépayée et il m’envoyait un SMS chaque fois qu’il venait me voir. Mary-Lou, elle aussi, attendait impatiemment ses SMS.
J’étais plutôt une bonne élève et mes notes étaient correctes, sans pour autant être exceptionnelles. Je me maintenais dans le top 5 de la classe. Ce qui était loin d’être le cas pour mon amie. J’essayais de l’aider comme je pouvais mais il lui fallait travailler deux fois plus dur que moi pour ingérer toutes les informations. C’est surtout en mathématiques qu’elle avait beaucoup de retard et ses notes s’en ressentaient. C’est tout juste si j’ai été surprise de la voir sucer habillement notre jeune professeur de maths. J’étais sortie parmi les premiers de la classe et je l’attendais près de la porte. Quand tout le monde fut sorti, je m’inquiétais un peu de ne pas la voir arriver. Je jetais un œil par la porte pas vraiment fermée et c’est là que je l’ai vue, à genoux devant le professeur qui avait bien du mal à contenir la fougue de sa jeune élève. Elle tourna la tête vers moi et je lui fis signe d’aller plus doucement, et plus profondément. Elle changea aussitôt sa façon de faire pour le plus grand bonheur de notre professeur. Comme tout le monde, il avait certainement entendu parler de notre réputation et il jeta un regard inquiet vers moi. Je posais mon doigt verticalement sur mes lèvres, afin qu’il ne dise rien, et je refermais la porte que je gardais telle un cerbère. Personne n’aurait pu les surprendre en si mauvaise situation.
Les notes de mon amie remontèrent ostensiblement pour le plus grand plaisir de ses parents. Et moi, je me faisais la gardienne de leur secret. J’avais toutes les queues que je désirais et je n’ai jamais été tentée de goûter à celle de mon professeur. Quelques semaines plus tard, un certain remue-ménage dans la salle de classe me fit comprendre qu’ils étaient passés à une étape supérieure. C’est avec un large sourire de gagnante du Loto qu’elle sortit ce jour-là. Pour la première fois, elle était devant moi et elle venait de perdre sa virginité. La mienne a dû attendre un peu plus longtemps. Tonton avait tout organisé pour que cela se passe chez lui mais sa femme est revenue plus tôt que prévu de son travail. J’avais réussi à m’éclipser sans qu’elle ne me voie. Mon premier, celui de l’on n’oublie jamais, il se nommait Claude. Je ne me souviens que de son prénom et aussi que la première fois, ça n’a pas été transcendant. Mais je me suis bien vite consolée dans les bras d’un autre et le défilé des prétendants a commencé. Plus tard, au lycée, Mary-Lou et moi, nous étions les reines de la fête. Aucune soirée entre étudiants ne se passaient sans que l’une ou l’autre de nous ne soit présente. C’était LA condition sine qua non pour qu’une fête soit mémorable.
Les garçons étaient toujours très attentionnés auprès de nous. À cette époque, il m’est arrivé de coucher avec trois garçons différents dans la même soirée. Toujours l’un après l’autre. J’en quittais un pour en rejoindre un autre. C’était ma façon, notre façon, de vivre pleinement notre jeunesse. Nous avons poursuivi nos études ensemble, en BTS Comptabilité. Toujours ensemble et complices. Je revoyais beaucoup moins mon tonton à cette époque. Il était en plein divorce et il avait même perdu son travail. Ce qui n’était pas fait pour arranger ses finances. Mary-Lou et moi avons obtenu notre diplôme haut la main. Elle en a été la première surprise. Elle a décidé de mettre fin à ses études pour entrer dans le monde du travail, tandis que je rentrais à la fac. Nous nous revoyions moins souvent mais il lui arrivait très souvent de m’inviter à des soirées d’étudiants qui n’avaient pas oublié nos numéros de téléphone. C’est au cours de l’une de ces soirées que mon destin bascula. Je revis Jordan, le genre mauvais garçon mais tout de même très gentil dans l’intimité. Il ne me regardait pratiquement pas et j’ai dû faire des pieds et des mains pour qu’enfin il me regarde. J’étais très éméchée lorsque nous avons fait l’amour, sans protection aucune. Et je suis tombée enceinte de lui. Lorsque j’ai voulu lui annoncer la bonne nouvelle, il venait de se faire arrêter par la police pour des cambriolages dans des villas huppées. Je ne suis pas allée le voir en prison, j’attendais sa sortie. Je n’étais pas de sa famille et je n’avais aucune envie de dévoiler mon secret à sa famille.