Alice était devenue enragée. Elle souleva les jambes jusqu’au niveau de sa poitrine. Si bien qu’elle avait désormais accès à toute son intimité, anus compris. Ce fut la première fois, encore, que quelque chose pénétrait ce petit trou, plus habitué à évacuer. La langue de la jeune femme formait un petit sexe qui allait et venait dans son fondement. C’était véritablement décadent, mais tellement bon que Catherine n’eut pas la force de lui dire d’arrêter. Elle fut soudain emportée par un tsunami qui la laissa sans voix, sans force. Quand elle reprit conscience, elle était seule dans la cabine. Mais elle avait gardé ses mains sous les genoux, qui les maintenaient relevés très haut. Elle se rajusta avant de sortir. Alice était toujours là, devant le miroir, retouchant son maquillage. Catherine se replaça derrière elle. Elle voulait lui demander pardon de l’avoir forcée. Mais, devant le sourire complice de la jeune femme, elle comprit qu’elle venait de la faire renaître, elle aussi. Catherine était si proche d’elle qu’elle ne put s’empêcher de poser ses mains sur les hanches de la jeune femme. Les mains glissèrent sur le ventre. Remontèrent jusqu’à la poitrine. Catherine devenait folle, jamais elle n’avait eu envie de caresser une femme, une fille. Mis à part lorsque les deux étaient ensemble ? Cela revenait à dire que c’était sa propre fille dont elle avait envie. Vu que c’était impossible, immoral, elle se contentait de la meilleure amie de celle-ci. Alice se laissait peloter complaisamment. Mais elle devait rejoindre son mari à la table avec ses amis. Elle eut une petite moue dépitée lorsqu’elle dut ôter les mains de Catherine de sa poitrine. Elle se tourna face à elle pour lui demander.
« Cet après-midi, tu seras chez toi ? Je pourrais venir te voir ? Disons, vers 15 heures 30 ? »
Machinalement, telle un robot, Catherine répondit par l’affirmative à chacune des questions. Elle resta sans bouger lorsque la jeune femme sortit des toilettes. Elle n’avait cessé de regarder son petit cul qui chaloupait de droite à gauche. Une seule interrogation restait en suspens. Que voulait-elle ? Quel était le but de sa visite ? Après toutes ces années. Et Catherine se demanda soudain comment elle, elle allait réagir. Elle avait succombé à ses pulsions ici, dans les toilettes. Pourrait-elle recommencer chez elle, dans son intimité ? La question restera sans réponse, jusqu’à ce que … Elle retourna à sa caisse. Les habitudes, les gestes et les sourires répétés à longueur de journée depuis des années, sont un merveilleux remède contre l’anxiété d’une question sans réponse. Ou bien savait-elle déjà que le combat était perdu d’avance ? Dans ce nouveau face à face, avec la jeune femme, comment pourrait-elle résister aux envies naissantes, sachant que personne ne pouvait les surprendre ? Assise confortablement derrière sa caisse, elle regardait très souvent la pendule, placée en face, sur le mur. Et le temps lui parut interminable jusqu’à la fermeture du restaurant. Elle ramassa son tiroir-caisse qu’elle ramena chez elle pour faire sa comptabilité. Mais elle avait la tête ailleurs. Elle fit simplement le compte de la recette du midi, qu’elle reporta dans le tableau approprié. Quinze heures sonnaient à l’horloge du clocher. Catherine était nerveuse. Anxieuse. Incapable de rester assise. Et si elle ne venait pas ? Si elle avait changé d’avis ? Un contretemps était toujours possible. Comment devrait-elle réagir, en pareille situation ? Catherine faisait les cent pas chez elle, allant de la porte d’entrée jusqu’à la fenêtre de devant, pour voir si une voiture arrivait. Elle se reprochait immédiatement son attitude de jeune adolescente et elle retournait au salon. Tout juste assise, elle se relevait, étant certaine d’avoir entendu un bruit dehors. Une portière de voiture ? Elle était retournée dans son salon lorsque la sonnerie retentit. Assourdissante. Elle fixa automatiquement le téléphone, attendant la seconde sonnerie. Qui ne venait pas. Elle se rappela alors que c’était la sonnette de la porte d’entrée qu’elle venait d’entendre. Une dernière fois, elle se dirigea vers la porte qu’elle ouvrit sur une Alice rayonnante.
Ce fut comme si le soleil entrait dans sa maison, et dans son cœur. Elle déposa, par habitude, une bise sur chacune de ses joues avant de la laisser entrer. Elle l’aida ensuite à ôter son manteau qu’elle accrocha à la patère. Elle la guida jusqu’au salon où elles prirent place sur le canapé, côte à côte. Mis à part les banalités d’usage, Catherine ne savait pas comment aborder le sujet qui l’intéressait le plus. Ce qu’elles avaient fait dans les toilettes. Catherine était très consciente que c’était elle qui avait tout initié mais Alice ne s’était jamais défendue, cela voulait dire qu’elle était parfaitement consentante. Elle commença par demander à son invitée la raison de sa disparition, il y a presque six ans. Alice lui expliqua que son mariage avait été arrangé très rapidement entre ses parents et son mari. Elle lui raconta ce qu’elle avait parfois entendu, dans des conversations. Certaines personnes assimilaient ce mariage à une vente cachée. La fille contre les dettes des parents. Il est vrai que son mari détenait les créances de ses parents auprès de divers créditeurs. Alice lui assura qu’il n’en était rien. Évidemment, ce n’était pas un mariage d’amour, la différence d’âge, de milieu social, étant trop importante. Ses parents lui avaient simplement exposés les faits, elle avait réfléchi de son côté avant d’accepter finalement la proposition. Évidemment, c’est son mari qui a réglé les dettes, sur ses deniers personnels. Mais il ne pouvait pas épouser Alice tant que les parents étaient insolvables. Et tant qu’une procédure était en cours dans son étude. Voilà pourquoi elle avait disparu pratiquement du jour au lendemain. Les mois qui suivirent ce mariage, elle resta le plus souvent enfermée chez elle. Chez lui. Il était d’une nature plutôt méfiante et soupçonneuse. Et elle comprit qu’il était jaloux. Elle fit donc en sorte de se comporter comme une épouse modèle. Le couple sortait très peu, au début de leur union. Petit à petit, il finit par accepter des invitations chez certains notables de la ville. C’était très bien pour son étude, et pour sa satisfaction personnelle. Alice faisait alors très attention aux hommes qui l’approchaient au cours de ces soirées.