Et c’est ça qui me faisait vibrer le plus. Carole aussi semblait un peu inquiète. Il se pourrait qu’elle rencontre là-bas des personnes qui viennent parfois dans le magasin où elle travaille. Je posais une main sur son genou, sur sa cuisse, pour la rassurer. La discrétion était forcément de mise sans ce genre de soirées. Anatole, le procureur, s’il l’était vraiment, avait certainement plus besoin que n’importe qui que tout cela reste caché. Pour me convaincre de venir, même si c’était pour une autre raison que j’avais accepté, il m’avait assuré que des hommes influents du département et de la région seraient présents. Politiques et patrons de grandes entreprises. Nous sommes arrivés à l’heure exacte qui m’avait été donnée. Marc rattacha son collier au bout de la laisse que je tenais et il marcha fièrement, aux côtés de son épouse, vers l’entrée de la demeure. Marie-Rose était près de moi. Je voyais bien, à travers mon masque, qu’elle aussi, était un peu nerveuse. Ce fut Anatole lui-même qui vint nous accueillir. Il tapa dans ses mains joyeusement lorsque j’ôtais les manteaux du couple. Puis, celui de Marie-Rose, qui se chargea d’ôter le mien. Il en avait des étoiles dans les yeux, le « pauvre » monsieur. Il était comme un enfant gâté qui admirait les jouets qu’on venait de lui offrir, impatient qu’il était de jouer avec. Il nous guida à travers la maison, jusqu’à la terrasse extérieure, au milieu de laquelle trônait une piscine. Nous avons auparavant traversé deux salons où des couples étaient déjà présents. De jeunes serveuses faisaient le service. Elles étaient toutes majeures, j’en étais certaine. Cet homme était prudent et il n’aurait évidemment pas pris le risque d’être impliqué dans une affaire de mœurs avec des mineures. Ces serveuses ne portaient sur elles qu’un string, qui dévoilait tous leurs charmes. D’autres jeunes filles faisaient le service autour de la piscine. Et il y avait deux serveurs également. Presque nus, comme les jeunes filles. Leurs corps étaient musclés, huilés, et ils brillaient sous la lumière vacillante de torches odorantes. Les parfums qui s’en échappaient devaient certainement avoir des pouvoirs aphrodisiaques car j’étais moi-même emportée par une douce langueur. Anatole restait très près de moi. Il avait posé sa main sur la hanche de Marie-Rose, comme s’il se l’était appropriée, ou du moins réservée pour le début de la soirée. Je savais que je serais, moi aussi, entre ses pattes, à un moment ou à un autre, au cours de la nuit. Je m’y étais préparée. Marie-Rose aussi le savait, avant de venir. Elle espérait simplement ne pas passer la soirée avec lui. Et il y avait beaucoup de personnes qui la regardaient avec envie. Hommes et femmes. Nous avons fait le tour de la piscine avant de prendre place, lui et moi, dans de confortables fauteuils. Marc et Carole prirent place derrière moi. Je tenais toujours la laisse entre mes doigts et tous pouvaient voir qu’ils m’étaient totalement soumis. Marie-Rose s’installa à mes pieds, entre Anatole et moi. Il ne pouvait s’empêcher de caresser ses seins. Mais aussi les fesses de Carole, qui étaient à sa portée. De là où nous étions, nous pouvions voir arriver tous les nouveaux venus.
Un homme seul se dirigea vers nous, pour saluer le maitre des lieux. Il était masqué, impossible de le reconnaître. Mais il avait une telle prestance, un tel charisme que je devinais en lui un homme de pouvoir. Il n’avait visiblement pas besoin de hausser la voix pour être obéi immédiatement. Il était tout de même impressionné par ma présence. Et celle des soumis qui m’accompagnaient. Encore une fois, j’avais la certitude qu’il ne quitterait pas cette soirée sans m’avoir honorée. Cela, je pouvais le lire dans ses yeux bleus, cachés sous le masque. D’autres couples arrivèrent. L’homme étant souvent plus âgée que la femme qui l’accompagnait. Puis une femme, que je reconnus immédiatement. Accompagnée de ses deux mignons, Alain et Alex, Szofia avait accepté l’invitation quand elle avait appris que je serais également présente. Espérait-elle revoir Maître Tigre ? Probable. Elle reconnut Marc et Carole, qui étaient déjà venus aux soirées de la Comtesse d’Orgemont. Et Marie-Rose, que j’avais emmené la dernière fois. Les deux mignons étaient, eux aussi, très heureux de me revoir. Eux n’avaient pas été prévenus que je serais présente à cette soirée. Que j’en étais même l’invitée d’honneur. Anatole avait très bien fait les choses. On peut dire qu’il savait recevoir. Beaucoup de monde était déjà arrivé. En général, on n’arrive pas en retard à ce genre de soirées. Sauf si l’on souhaite réellement se faire remarquer. Et, justement, un nouveau couple arriva alors que la fête battait son plein. Plusieurs couples copulaient sur des matelas, disposés ici et là. Certains jouaient dans la piscine, entièrement dévêtus. Tout ça sous l’œil goguenard du maitre de la maison. Le couple qui venait d’arriver m’intriguait un peu.
Un homme. Une femme. Mais c’était elle, la Maîtresse. Et lui, le soumis. Les deux étaient masqués, visages impossibles à deviner. Elle, c’était une grande femme, blonde, avec des cheveux longs. Mais je me suis posé la question de savoir si c’était ses vrais cheveux ou bien une perruque. Pour le peu que je voyais de son visage, elle me paraissait familière. Mais j’étais bien certaine de n’avoir jamais rencontré cette femme blonde. De l’homme, je ne pouvais pas en dire beaucoup plus. Il avait souvent la tête baissée. Torse nu, il ne portait qu’un cycliste, bien moulant. Ses muscles étaient saillants, ça donnait forcément envie de toucher, de tester la dureté de ses muscles. Son sexe semblait prêt à vouloir exploser le vêtement qui le cachait. Là encore, j’avais énormément envie de m’approcher pour tâter la « marchandise ». Car il était bien là pour ça, pour être utilisé, sexuellement. Pour servir de sex-toy, de jouet. Son corps pourtant me paraissait familier, tout comme celui de la femme qui le dominait. J’avais rencontré beaucoup d’hommes, depuis ma séparation avec Stéphane.