Depuis le matin, j’avais compris que maman faisait tout son possible pour que cela finisse ainsi. C’était elle qui avait vraiment réussi son pari. Je tendais mes bras vers mon grand frère. Il vint s’y blottir, comme quand nous étions enfants et que j’avais un gros chagrin. La situation était un peu inversée mais il devait savoir que j’avais compris, et que surtout je ne lui reprochais rien. Je lui soufflais à l’oreille.
« Alors, c’était bien ? »
Il marqua un petit temps d’arrêt avant de répondre par plusieurs hochements de la tête. Oui, lui aussi, sa nuit avait dû être mémorable. On s’est rapproché de nos chambres. De la mienne sortait un bruit de respiration continue. Il hocha une nouvelle fois la tête pour me dire que lui aussi avait compris que papa avait passé la nuit avec moi. On s’est embrassé tendrement. Tout le monde avait très bien dormi cette nuit-là. Papa avait regagné sa chambre au petit jour. J’ai su un peu plus tard que maman lui avait tout raconté de sa nuit passée avec Jérôme. Il lui raconta la sienne avec Ingrid et moi. La seule différence, c’est qu’il n’était pas certain qu’elle se soit rendu compte du changement de partenaire. Une autre fois, peut-être. Le dimanche matin, j’accompagnais papa à la boulangerie, celle du centre-ville. Devant nous, deux femmes discutaient. La plus âgée parlait à la plus jeune, qui pourrait être sa fille, qui, elle, l’écoutait presque religieusement. Elle se retourna à un moment pour saluer un client qui sortait et j’eus la bonne surprise de reconnaître Marguerite. Maggy. La maitresse d’école de mon fils. Et c’était bien sa mère avec elle. Maggy me présenta à elle, et je leur présentais mon papa. Il salua les deux femmes, gardant pourtant un regard très intéressé sur les formes appétissantes de Bernadette. Je lui souhaitais toutes mes condoléances pour le malheur qui l’avait frappée, lui expliquant que je ne l’avais appris que lors de mon rendez-vous avec Maggy. Elles repartirent, une fois servies, et, pendant que papa passait sa commande, je les accompagnais dehors. Je lui assurais que maman avait promis de passer la voir. Elle aussi venait seulement d’apprendre le décès du patriarche.
Bernadette me confirma qu’elle habitait toujours à la même adresse. Celle que maman connaissait. Elles s’éloignèrent au moment où papa arriva. Il avait entendu la fin de la conversation et il me demanda qui était cette femme. Je lui expliquais tout, en marchant, et je compris qu’il était vraiment intéressé par Bernadette. Peut-être que maman pourrait l’inviter chez eux pour faire plus amplement connaissance. Je lui en touchais un mot dès en arrivant. Papa n’aurait sans doute rien demandé. Je vis une petite lueur perverse dans le regard de maman. Elle avait rencontré Bernadette lorsque Jérôme allait au catéchisme. C’était elle qui l’enseignait. Pour ma part, c’était un curé très gentil qui me l’avait enseigné. Chaque fois qu’elles se voyaient, Bernadette essayait de convertir maman à ses règles plus intégristes que catholiques. Maman avait résisté et c’était un peu la raison pour laquelle elles ne se voyaient plus depuis longtemps. Le patriarche, qu’elle avait rencontré une ou deux fois, avait même eu des gestes à la limite de la décence. Il se voyait sans doute presque comme un gourou. Maman avait complètement oublié cet épisode, jusqu’à aujourd’hui.
Le reste de la matinée se passa super bien. Le repas aussi. Les enfants allèrent jouer dehors et je les surveillais un instant pendant que les autres débarrassaient la table. Quand je rentrais à nouveau dans la maison, Jérôme était dans la salle à manger, maman penchée au-dessus de la table pour attraper les assiettes. Il se colla à elle, par derrière, et, voyant qu’ils étaient seuls, il reprit ses seins à pleines mains. Maman se débattit un peu, pour la forme, mais elle était ravie. En tournant la tête de l’autre côté, je vis Ingrid, devant l’évier, qui lavait la vaisselle. Les mains dans l’eau, elle pouvait difficilement se défendre lorsque papa arriva derrière elle pour, lui aussi, saisir ses seins à pleines mains. Elle savait évidemment que c’était mon père, pas son mari. Qu’elle devait se défendre, ne pas se laisser faire. Pas comme avec Roger, mon tonton, qui l’avait déjà baisée ainsi, chez elle, alors qu’ils étaient seuls. Elle devait inévitablement sentir la grosse queue de Maître Tigre qui s’était calée entre ses fesses. Elle arrêta totalement de tenter de se libérer lorsque papa lui murmura à l’oreille.
« Dis-moi que tu as passé une nuit mémorable. »
C’était ces mêmes mots qu’il avait prononcés en la quittant. Au réveil, elle avait remercié Jérôme qui, lui, n’avait pas vraiment compris. Depuis, elle avait un doute que son beau-père venait de lever. C’était certainement lui qui l’avait faite jouir une grande partie de la nuit. Elle sentait son membre impressionnant entre ses fesses et, s’ils avaient été seuls, elle aurait … Oh mon dieu. Des pensées obscènes lui montaient au cerveau et il aurait pu soulever sa robe et la baiser intensément, là, devant l’évier. Et elle se serait abandonnée totalement à lui. Mais que faisait donc Jérôme, son mari ? Lui, il avait osé relever la robe et descendait sa culotte lorsque Lisa cria « Mamie, Mamie » en s’approchant de la maison. Maman a juste eu le temps de rabaisser sa robe avant que la petite ne débarque en courant dans la maison. Exactement pareil dans la cuisine, papa s’était éloigné précipitamment de sa belle-fille. Je me demande encore aujourd’hui ce qui se serait passé si j’étais restée près des enfants. Rien n’aurait pu arrêter les pulsions des deux couples. La fin l’après-midi se passa tranquillement, sans aucun accroc. Papa a simplement évoqué notre rencontre du matin à la boulangerie et il n’a pas pu cacher son intérêt envers Bernadette. Maman l’a compris aussitôt et elle lui a promis d’aller la voir, puis de l’inviter à venir chez eux. Je suis rentrée chez moi peu de temps après le départ de Jérôme et de sa famille. Tout le monde semblait être très satisfait du week-end que nous venions de vivre. Moi, la première. J’avais toujours mes mercredis après-midi de libres. Je décidais donc de retourner voir Maggy, sans la prévenir au préalable.