FANNY (04/09)

Mais cela n’avait pas duré. Elle ne ressentait aucun plaisir avec lui, et surtout, il l’avait traitée de « frigide ». Ce qu’elle n’était pas, loin de là. Il fallait simplement la prendre comme il le fallait, lui faire sentir qu’elle était exceptionnelle. L’aimer, tout simplement. Et non pas l’utiliser, ce qu’il ne faisait pas très bien. Elle vivait seule depuis trop longtemps, obligée de repousser les avances de certains collègues, les cuistots surtout. Toujours la main leste pour lui peloter les fesses, ou bien la poitrine quand ils réussissaient à la coincer là où elle ne pouvait plus se défendre. Elle connaissait tous leurs pièges désormais, et elle savait éviter les embuscades.  Aussi, quand elle a dû nous servir, dans le salon privé, elle a ressenti une envie irrépressible de nous rejoindre, de partager avec nous des moments intimes. Envie de se donner, de s’offrir. Donner, et recevoir. Ce qu’elle ne savait pas (pas encore) tandis que Roland lui suçait les tétons, c’est qu’une jeune femme, une collègue, l’avait suivie jusqu’au second étage. Elle avait remarqué son attitude, différente. D’habitude, elle repartait très vite après son service. Ce soir, elle faisait traîner les choses en longueur, comme si elle attendait que tout le monde soit parti pour faire une bêtise. Et rejoindre un client dans sa chambre en était une, qui risquait de lui coûter sa place. C’est pourquoi je lui avais demandé d’être prudente en venant nous rejoindre. Cela lui coûtera des désagréments mais nous en reparlerons plus tard.

Nous sommes restées toute la nuit avec Roland. Il a pu faire l’amour aux deux jeunes filles, l’une après l’autre. Je me contentais de regarder, ou bien celle qui était disponible venait vers moi pour un tendre câlin. Édith aimait beaucoup les câlins. Et j’étais comblée de pouvoir la faire jouir à volonté. J’ai raccompagné Fanny chez elle au lever du jour. Roland dormait à poings fermés quand nous l’avons laissé. Quand je demandais son adresse à Édith pour la raccompagner, elle insista pour rester avec moi. Comment pouvais-je lui refuser cela ? Vous me connaissez bien maintenant pour savoir que je ne rate aucune occasion quand il s’agit de rendre service à une jeune fille en détresse. Lol. Détresse sentimentale, bien évidemment. Sophie m’attendait à l’appart. Elle ne montra aucune surprise en voyant Édith. Qui elle-même ne fut nullement surprise devant Sophie. Mieux. Elles se sont regardées, se sont comprises. Et se sont embrassées tout naturellement, comme si cela allait de soi. On a rejoint ma chambre et nous avons fait l’amour presque toute la journée, se cajolant les unes, les autres. Je n’ai que très rarement connu un tel moment de bonheur. De pur bonheur.

Il ne nous restait plus qu’une société à recevoir, celle avec qui on faisait notre plus important chiffre d’affaires. On se devait de les soigner si on voulait obtenir gain de cause. J’avais déjà eu affaire avec eux il y a deux ans et, vu le chiffre d’affaire, ils venaient à deux, de Paris. La dernière fois, je leur avais réservé une suite dans un grand hôtel de Nice. Cette fois, nous essayerons de faire mieux encore. Le rendez-vous n’était que dans trois semaines mais j’avais déjà réservé une villa, avec piscine, pour une semaine. Je demandais à Édith si elle pouvait poser un ou deux jours de congé pour venir faire le service. Les plateaux seraient livrés par le traiteur, directement. Elle avait aussitôt accepté. J’avais bien reçu la confirmation que ce serait Luc et Hafid qui viendraient à ce rendez-vous. Je les connaissais déjà un peu et je savais d’avance comment cela finirait. Je n’avais pas oublié les regards qui me déshabillaient littéralement. À cette époque, j’étais pour eux la fille d’un de leurs gros clients et, de ce fait, intouchable, malgré leurs envies. Ils ne connaissaient pas encore Fanny. Je suis allée seule les chercher à leur descente de l’avion. Fanny nous attendait à la villa. C’est avec satisfaction que j’ai retrouvé leurs regards avides sur mon corps bronzé. Nous n’étions qu’en Octobre mais l’arrière-saison était suffisamment chaude pour nous permettre d’aller à la plage. Ou bronzette sur ma terrasse, nue. Je pense aussi que, en bons commerciaux, ils espéraient me manger toute crue, moi seule contre eux deux réunis, autour de la table des négociations.

Durant le parcours, je leur expliquais que j’avais préféré réserver une villa plutôt qu’une suite dans un hôtel. Une jeune fille serait à leur service, et je serais aussi disponible le temps de leur séjour. L’idée leur plut immédiatement. Quand je leur parlais de la piscine, leur regard s’illumina. Je savais qu’à ce moment précis, j’avais marqué des points qui me seraient bien utiles pendant la négociation. Pareil quand je franchis le portail électrique et la haie qui cachait la villa de la route. Édith se précipita pour prendre les bagages et souhaiter la bienvenue aux arrivants. Bons princes, ils prirent eux-mêmes les valises, qu’il suffisait de rouler. Dernier choc en entrant, et non des moindres, quand ils aperçurent enfin Fanny qui les accueillait avec une coupe de champagne. Ils restèrent au salon tandis qu’Édith distribuait les bagages dans les chambres. Je leur présentais ma chère collaboratrice, appuyant sur le fait que nous serions deux, nous aussi. Ils se regardèrent tous les deux, convaincus que, de toute façon, ils auraient le dernier mot. Mais leurs regards se portaient sans cesse sur la poitrine protubérante de Fanny. Comme aimantés. Je savais que je devais jouer cet avantage, Fanny aussi. D’ailleurs, sa tenue vestimentaire le prouvait. Leggings et talons hauts pour bien mettre en valeur son cul, ses fesses, et un top moulant pour le haut. Blanc, le top. Là où elle savait jouer de ses formes, c’est qu’elle ne portait pas de soutif. On voyait parfaitement ses mamelons dessinés sous le tissu tendu. Même moi qui la connaissais pourtant bien, j’avais envie de me jeter sur ses seins.

Après avoir discuté un peu autour d’un rafraîchissement, les négociations purent commencer. Les deux commerciaux étaient depuis des années habitués à négocier, ou renégocier, des contrats et étaient devenus de vrais loups, il était pratiquement impossible de les prendre en défaut. Leur discours était bien huilé et, quand l’un se taisait, l’autre reprenait la parole, monopolisant les échanges. Qui devenaient en fait des monologues. Au bout d’une heure trente de « discussion », je proposais une pause. Je n’avais pas oublié que Luc était fumeur et qu’il avait besoin de sa dose de nicotine.

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