Martine, la suite (10/18)

D’autres fois, elle invitait une de ses amies, habituée du cercle de lecture, à prendre la place de narrateur. Et ce soir-là, c’était Denise, invitée par Fabienne, qui devait prendre la parole. Et je serais moi aussi présente, sur invitation de Denise. Que je retrouvais justement à l’endroit où on s’était quittée il y a seulement quelques heures. Gisèle, et surtout Fabienne, furent très surprises de me voir débarquer comme ça. Fernand aussi était là et à la fois surpris et inquiet de ma présence. Surpris car c’était la première fois et inquiet à cause des regards d’envie qu’il m’adressait au cours de la soirée alors que sa femme et sa fille étaient présentes. Je retrouvais d’autres personnes bien connues dans le village, le notaire et sa femme, la boulangère venue seule car son époux se levait tôt le matin. La femme du boucher aussi était venue seule. Je vis Mr Jonathan lorsqu’il arriva qui m’adressa un sourire complice. J’étais tout de même un peu intimidée par cette assemblée, ils semblaient tous me connaître. Un des notables de la commune arriva à son tour, seul. Je l’avais déjà croisé un matin, alors que je rendais visite à Mr Renaudin. Et, comme par hasard, celui-ci arriva juste après, accompagné de son épouse. Il m’a immédiatement pris sous son aile, son bras gauche sur mon épaule, et nous nous sommes assis, moi entre eux deux. L’avantage, pour Gisèle, de programmer ces rendez-vous culturels dans son bar, c’était que, évidemment, les participants souhaitaient consommer, soit du café, soit un petit verre de vin. Consommations qui n’étaient pas gratuites, évidemment. Pour plus de facilité, elle notait sur un cahier qui consommait quoi pour se faire payer ultérieurement. J’étais donc assise sur une banquette, entre mon mentor et son épouse.

À peine en place, je sentis deux mains remonter inexorablement ma jupe. Heureusement que la table, devant nous, cachait ce qu’ils faisaient. Je fus rapidement dénudée jusqu’à la taille et le ballet de leurs doigts sur mon intimité commença. La lumière baissa d’intensité dans la salle, seule restait éclairée la place du narrateur de la soirée, Denise. Mon mentor attrapa ma main pour la glisser dans son pantalon, il avait ouvert sa braguette. Je commençais donc à le branler gentiment. Éliette également glissa mon autre main sous sa robe. Je n’écoutais plus la voix douce de mon amie qui lisait admirablement bien ce texte de Châteaubriant. La lumière redevint plus intense au bout d’une heure, à peu près. Cela permit à Gisèle et Fernand de servir les consommations demandées. Nous avions repris une pose plus adéquate, même si ma jupe restait relevée. Je vis clairement que Mr Jonathan regardait dans notre direction, comme s’il savait ce qui se passait sous la table. Le notable également me fixait droit dans les yeux, j’avais l’impression d’être sa future proie. C’est Fernand qui vint servir notre table et, bien évidemment, il remarqua ma tenue. Il y était habitué, sauf que c’était lui, normalement, qui profitait de mon corps. Le notaire se leva pour venir saluer mon ancien directeur. Sa femme, elle, nous salua de sa place, sans se lever. Tout comme le notable précédemment, elle me fixa intensément, avant de se retourner vers le devant de la scène. J’avais sentis son regard perçant sur moi, sur mes formes, principalement sur mes seins. Était-ce de l’envie, ou du dégoût ? Je n’ai pas pu le déterminer. La lumière baissa d’intensité de nouveau et Denise reprit sa lecture. Moi, je n’écoutais déjà plus, la tête plongée entre les cuisses de mon mentor, tandis que sa femme s’occupait de mon petit cul. Même dans cette semi pénombre, je voyais les yeux de Mr Jonathan qui brillaient dans le noir, fixés sur moi. La lumière redevint normale pour débuter le débat à propos du récit que nous venions d’écouter. Chacun, ou presque, y allait de son avis. Je connaissais parfaitement ce texte, pour l’avoir étudié avec mon mentor.

Le notable, Mr Nourry pour le nommer, fit une remarque qui était contraire à l’esprit de l’auteur. Je voulais réagir mais je n’osais pas contredire ce Monsieur, une personnalité dans notre village. C’est pourtant Mr Renaudin qui m’incita à intervenir pour expliquer ma pensée, et celle de l’auteur. Mon avis fut très apprécié de tous, sauf de Mr Nourry bien sûr. Gisèle aussi était ennuyée que mon intervention soit autant appréciée. Je ramenais encore ma science, rabaissant sa propre fille qui n’avait rien à dire sur le sujet. Cela signifiait surtout pour elle que je serais sûrement amenée à revenir à ces soirées. Mr Jonathan, qui est lui aussi un grand érudit, se leva et me félicita pour mon jugement tellement approprié. La fin de la soirée approchait et tout le monde se leva. Certaines personnes, la boulangère et la bouchère, vinrent me voir personnellement pour me demander de revenir souvent à ces soirées lecture. Un avis tout neuf pouvait éclairer leur propre jugement. Mr Nourry discutait avec Mr Renaudin, ils me regardaient tous les deux. J’en étais un peu impressionnée. Mr Jonathan vint me féliciter encore une fois, de beaucoup plus près, cette fois-ci. Il s’éloigna quand Mr Renaudin revint vers moi. J’appris plus tard que les deux hommes ne s’appréciaient pas du tout. Mr Renaudin sortit dehors en ma compagnie. Il me demanda de passer le voir le lendemain, après mon travail à la supérette. J’acceptais lorsque sa femme arriva et ils rentrèrent chez eux. J’attendais Denise qui faisait l’objet de beaucoup de compliments sur sa diction. Elle aussi fut invitée à revenir souvent. Personne n’osait le dire mais la suffisance de Gisèle en énervait plus d’une. Au moment de quitter Denise, elle posa un tendre baiser tout près de ma bouche en me disant « Merci ». Je pensais bêtement que c’était pour ma présence ce soir, mais je compris lorsqu’elle glissa une main indiscrète dans mon manteau, sur mon sein. C’était la première fois que Mr Jonathan la déshabillait, la touchait et même la caressait. Tout ce qu’elle n’avait jamais accepté quand elle était seule avec lui. Mais surtout, c’était de lui avoir offert ma poitrine à dévorer, après l’avoir admirée. Elle n’oubliait pas que la queue de son patron avait glissé sur sa fente, lui procurant des sensations inouïes.

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