Clara, Maîtresse diabolique (04/28)

La prendre à son service, au moment du départ de son employée de maison, avait été une décision évidente pour lui. Pour aider la famille de Luana du mieux possible. Et pour la garder assez proche de lui. Il n’avait regretté cette décision qu’au moment où les vols avaient commencé. Il avait douté d’elle, à cause de sa condition modeste. Mais il savait pourtant qu’elle était une sainte, enfin presque. Il se reprochait maintenant d’avoir douté de sa sincérité, elle qui lui avait tout donné, sans rien demander en échange. Les semaines et les mois s’écoulèrent paisiblement. Jusqu’à mi-juillet. C’est en préparant ses vacances, près du bassin d’Arcachon, que Marc dut se résoudre à se séparer d’elle, un mois complet. Il n’en avait jamais parlé avant et il devait annoncer à la jeune femme qu’elle serait libre, durant tout le mois d’Août. C’est dans son bureau qu’il lui annonça simplement cette nouvelle. Luana pensa immédiatement à la perte de salaire. Lorsque Marc se souvint de la discussion avec Mme Du Rhéau. Il l’appela aussitôt, en présence de son employée. Marguerite Du Rhéau était justement dans l’embarras. Les deux jeunes filles, qui avaient été choisies pour le mois, venaient de se désister. Pour une autre mission, mieux rémunérée. Mme Du Rhéau avait trouvé une personne pour l’aider, il lui manquait encore une femme, ou jeune femme, pour compléter son encadrement. Le reste de l’équipe était au complet. Elle fut donc ravie d’apprendre que Luana serait d’accord pour les accompagner, son équipe et elle. Elle avait déjà pu se rendre compte combien cette jeune fille était sage et dévouée. Et son grand ami, le père Doisneau, ne tarissait pas d’éloges sur sa jeune protégée.

Marguerite Du Rhéau passa justement en fin d’après-midi pour faire signer les documents à Luana. Contrat que Marc avait lu, à la demande de son employée, avant qu’elle ne le signe. Elle servit le thé pour eux trois. C’était la première fois qu’elle était invitée à partager un moment avec Marc et l’une de ses invitées. Il faut dire que cela la concernait directement, puisqu’ils parlèrent exclusivement de la mission future de Luana. L’équipe, tout d’abord. Marguerite serait présente avec son époux et sa servante, Solange. Un couple, qui habitait très près de la grande demeure, venait compléter le personnel. Michèle était chargée de la cuisine principalement. Jocelyn, son mari, ferait équipe avec un jeune homme, Bastien, pour surveiller les garçons et maintenir l’ordre. Luana serait aidée par Charline, une amie de Marguerite, veuve et inconsolable, pour qui le grand air du sud-ouest ferait le plus grand bien. Les enfants seraient au nombre d’une vingtaine, autant de filles que de garçons. Luana n’avait jamais connu de vacances. Même si elle devait travailler, cette mission ressemblait pourtant à de véritables vacances pour elle. Loin de sa famille, oui, mais un peu plus libre tout de même. Et Marguerite semblait être une femme très bien, très distinguée. Et surtout, une fervente pratiquante. Les deux semaines qui suivirent ne furent que préparatifs pour les uns, comme pour les autres. Parmi tout ce remue-ménage ambiant, Luana remarqua une évidente complicité entre le père et son fils. Il rentrait plus tôt de son travail à la mairie et il venait dans la chambre de son fils directement en arrivant. Luana n’avait pas noté que Sabrina était également présente, dans cette même chambre. Elle s’occupait surtout de Natty et le reste ne l’importait peu. Si elle avait été un peu plus curieuse, elle aurait pu voir que Sabrina aimait être prise en photo par Adrien. Que Marc assistait parfois aux séances. Adrien venait parfois auprès de son modèle, pour lui indiquer la pose qu’elle devait prendre. Jusqu’au jour où Marc entra en scène. Il regardait patiemment, mais l’envie de toucher était trop forte. Il s’approcha de Sabrina, elle n’avait aucune crainte dans les yeux, déjà soumise. Il caressa ses seins pour les faire pointer. Le visage de la jeune fille rayonnait, les photos n’en étaient que plus sublimes.

Le jour du grand départ arriva très rapidement. Marc et sa famille étaient partis dès le vendredi après-midi. Luana était déjà sur la place de la mairie lorsque le bus, qui devait les emmener dans le Gers, arriva. Marguerite Du Rhéau se présenta juste après cela. Monsieur Alexandre, son mari, conduisait la grosse berline allemande. C’est Marguerite qui fit les présentations. Il y avait donc son époux et Solange. Luana sentit immédiatement le regard froid de cette femme. Elles ne seraient pas amies, c’était certain. Bastien arriva ensuite. Puis, ce fut le flot des véhicules des parents qui amenaient leur progéniture. Certaines familles venaient à pied, si elles n’habitaient pas trop loin. C’était justement le cas pour Clara, toujours accompagnée de Flora. C’est Marguerite qui les accueillit avant de les faire monter dans le bus. Elles prirent évidemment une place tout au fond du bus. Luana ignorait encore qu’elle allait passer un mois entier à la merci de ces deux coquines. Charline arriva la dernière. Elle n’était pas vraiment habituée à se lever d’aussi bonne heure. Luana remarqua pourtant qu’elle avait pris le temps de se maquiller. Le père Doisneau arriva juste avant le départ pour ce long périple. Il souhaita de bonnes vacances aux enfants, et beaucoup de courage pour l’encadrement. Marguerite en tête, évidemment. Monsieur Alexandre partit devant, avec sa voiture. Bizarrement, Solange voyageait avec le mari de sa patronne. Il sembla évident à Luana qu’il y avait quelque chose de spécial entre eux. Marguerite et Charline prirent place à l’avant du bus, Bastien et Luana se dirigèrent vers le centre du véhicule. Ce n’est qu’à ce moment-là que Luana aperçut Clara, assise au fond du car. La petite la fixait intensément, semblant la prévenir de tout ce qu’elle avait envie de lui faire. Il était l’heure du départ et il y eut quelques larmes sur les joues de certaines jeunes filles. C’était certainement la première fois qu’elles étaient séparées de leur famille. C’était également la première fois pour Luana mais, pour elle, c’était une découverte, une véritable aventure.

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